Alex BC est un jeune elbeuvien fan de jeux vidéos rétros, il joue aussi du piano et obtient 20 au bac en option musique. Il allie ses deux passions, en composant des productions inspirées des bandes-son des jeux vidéos du siècle dernier. Je l’ai rencontré afin qu’il nous instruise sur cette face peu connue de la musique, appelée 8-Bit, et qu’il nous parle de ses projets.

OPEN BAR : Ta musique est Home-made, c’est-à-dire que tu la produis seul dans ta chambre ?

Alex BC : C’est ça, je suis complètement autonome, j’utilise des logiciel, un clavier MIDI… Ces derniers temps j’utilise aussi des instruments acoustiques, mais là je me sers quand même beaucoup plus de VST (Instruments virtuels).

Tu y tiens à tout faire seul, ou une association avec d’autres artistes te plairait ?

Pour l’instant je me sens très bien tout seul, mais je me demande si avec le temps je ne commencerais pas à manquer d’inspiration, et c’est vrai que l’aide d’autres artistes peut apporter un souffle nouveau. Enfin pour le moment il n’y a rien de concret, je participe à des projets collectifs, mais je ne m’associe pas directement avec d’autres.

D’un projet à l’autre, ton style change énormément, c’est un choix d’explorer différents genres musicaux ou bien tu cherches encore ce qui te correspond ?

J’aime bien toucher un peu à tout, pour l’instant j’ai l’impression de tendre surtout vers l’électronique 8-Bits comme sur mon dernier album, mais j’aime bien explorer différents styles qui n’ont pas forcement quelque chose à voir ensemble, lier l’acoustique et l’électronique… Disons que je ne m’attache pas vraiment à un style général, j’essaie de me renouveler et d’explorer quelque chose de différent pour chaque album. Le premier était assez orchestral, plus acoustique, et pour les derniers c’est plus électronique, bidouillé avec des oscillateurs, ce genre de choses.

Tu as choisi de ne pas vendre tes albums, mais de les laisser gratuitement à disposition de ceux qui veulent les télécharger…

Exactement, j’ai mis toutes mes musiques en ligne, téléchargeables gratuitement sur mon compte Soundcloud ou sur mon site. J’ai quand même installé sur mon site un système de donation, pour que ceux qui le veulent puissent me donner de l’argent en l’échange de ma musique, mais ce n’est vraiment pas mon but de devenir riche avec la musique, c’est plus un loisir, et puis pour faire plaisir aux gens. Je suis suffisamment heureux que certains aient envie d’écouter ce que je fais, j’ai pas envie de les faire payer.

Tu as composé un album inspiré de musiques de jeux vidéo c’est ça ?

Oui, c’est inspiré du 8-Bit, c’est-à-dire les vieilles musiques des jeux vidéo des années 80, mais composé avec des sonorités beaucoup plus actuelles.

Le 1er morceau issu de l’album Red Old Recorder, téléchargeable gratuitement.

Tu joues beaucoup aux jeux vidéo ?

Oui évidement, j’y ai énormément joué… Pour t’en citer un, ça va faire un peu cliché, mais bon Mario c’est quand même la base… Après les anciens Tétris, les premiers Pokémon, Zelda… Je joue aussi à des jeux indépendants actuels, qui ont tendance justement à revenir vers des graphismes old-school.

A côté de tes projets personnels, tu as aussi composé la BO d’une série, tu peux nous en dire plus ?

La série s’appelle Vyl, elle est tournée sur Rouen et réalisée par Maxime Grandjean. Il m’envoie les scènes sans son, avec uniquement le thème global de la scène pour que je puisse comprendre un peu ce qui s’y passe, et j’ai carte blanche sur la façon d’installer la musique dans la scène.

Tu as déjà essayé de faire des chansons plus « Pop » ?

Oui j’ai déjà essayé, mais j’essaye justement d’éviter les morceaux « Pop ». C’est plus facile à faire, on trouve plus rapidement des choses qui sonnent bien, mais mon objectif c’est d’arriver à des structures plus complexe, plus intéressantes que ce qu’on entend tout le temps.

Ton dernier album a pour nom Red Old Recorder. Est-ce que tu te vois comme quelqu’un qui fait uniquement de la musique Old-school ?

Pas vraiment, parce qu’à l’époque où la musique 8-Bit était présente naturellement, c’était une nécessité, il n’y avait pas les moyens techniques pour faire autre chose. Moi ma démarche n’est pas la même, je me sers de ce qui se faisait avant mais je n’utilise pas le même matériel, j’essaie que ça sonne plus actuel. C’est assez nostalgique mais ça reste quand même ancré dans les années 2010 grâce aux nouvelles technologies.

On en a déjà un peu parlé, tu te sers donc presque uniquement d’un ordinateur pour produire tes morceaux, selon toi dans le futur tout se fera sur ordinateur ?

Je n’espère pas, parce que malheureusement l’informatique c’est très bien mais ça a tendance à assister beaucoup, et ça pousse à rester sur des choses simples. J’essaye de plus en plus de m’en détacher et de passer à des sonorités acoustiques, beaucoup plus agréables à entendre.

Quel est le meilleur moment pour apprécier ta musique ?

Le meilleur moment, c’est celui auquel j’ai composé chaque morceau. Ils sont tous associés à une certaine période, à chaque fois que je produis quelque chose, je suis dans un environnement, des conditions qui font que je produis ce morceau et pas autre chose. C’est peut-être un peu égoïste, mais ce que je fais, c’est avant tout pour mon propre plaisir. Petit à petit, j’ai eu des retours de proches qui m’ont conseillés de partager ce que je faisais, et je me suis dit pourquoi pas, mais à la base c’est seulement pour moi. Après tant mieux si les gens aiment !

Pour finir, est-ce que tu aurais un morceau à nous faire découvrir ?

Adhesive Wombat, un producteur Australien que j’admire. C’est dur de choisir un seul morceau, il faut écouter toute son œuvre !

Actuellement, Alex continue son travail sur la BO de Vyl, et prépare un nouveau projet, qu’il tient secret pour l’instant. Suivez son site pour plus d’informations !