Ben l’Oncle Soul répond aux dilemmes du célèbre jeu de cours de récré « Tu préfères… ou… ». L’occasion d’en savoir plus sur l’artiste aux trois disques de platine et aux autres récompenses que l’on ne compte plus. Benjamin Duterde, de son vrai nom, en profite pour revenir sur ses succès, ses souvenirs d’artiste, ses envies, ses registres préférés et les origines de sa culture musicale.

OpenBar : Tu préfères… chanter sous la douche ou au Zénith sous une pluie d’applaudissements ?

Ben l’Oncle Soul : Je dirais quand même chanter au Zénith. Parce qu’à la limite chanter sous la douche je pourrais le faire tout le temps quand je n’aurai pas de succès (rires).

On a déjà fait cinq Zénith. C’est vrai que c’est quand même très impressionnant le nombre de personnes qu’il y a en face de toi. En plus les gens étaient super contents de nous voir, il y avait une ambiance de dingue. On avait fait un super show avec des marches à Led, une enseigne lumineuse et d’autres matériels scéniques… C’était assez beau. J’en garde un souvenir inoubliable évidemment.

Tu préfères… Soul Man ou A coups de rêves ?

Soul Man, parce que c’est un titre qui m’a introduit et m’a présenté à beaucoup de gens en France. J’aime beaucoup l’écriture du morceau A coup de rêves mais peut-être qu’il a moins retenti dans l’inconscient collectif… Et Soul Man, au-delà du succès, c’est vraiment un morceau qui me définissait, qui me représentait.

Tu préfères… l’album Ben l’Oncle Soul ou l’album A coup de rêves ?

Je préfère l’album A coup de rêves parce que la réalisation du disque a été un peu plus exotique pour moi. Je suis parti à San Francisco enregistrer avec le groupe Monophonics. C’était un voyage que j’avais toujours rêvé de faire. Et d’aller en plus travailler avec des Américains qui sont réputés dans ce registre-là ! Dans la soul, les Monophonics sont aussi connus que les Dap-Kings de la côte Est, mais eux sont de la côte Ouest.

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Tu préfères… composer de A à Z ou reprendre le b.a.-ba à ta sauce ?

Normalement je devrais dire que je préfère écrire des chansons mais pour le coup je m’éclate à reprendre des morceaux. J’en fais presque une spécialité, c’est-à-dire que je commence à avoir beaucoup de reprises à mon actif. Et pour être honnête j’ai autant de plaisir à chanter mes chansons qu’à chanter celles des autres que j’aime et que je me suis réappropriées. Ecrire une nouvelle chanson, c’est important, c’est laisser une nouvelle trace… mais je n’ai pas de préférence, écrire comme reprendre m’apporte quelque chose.

Tu préfères… refaire un feat avec Keziah Jones ou terminer The Dock of the Bay, le dernier morceau d’Otis Redding qu’il n’a malheureusement pas pu achever totalement ?

Non mais attends, The Dock of the Bay c’est comme s’il était fini ! Mais admettons, s’il s’agit de prendre le travail d’Otis Redding plus comme un atelier de création, alors dans ce cas je préfère finir cette chanson plutôt que de refaire un featuring avec Keziah.


Avec Keziah franchement la rencontre a été très sympa. On a repris Simply Beautiful d’Al Green. C’est un artiste que Keziah et moi apprécions tous les deux. De se trouver un morceau à mi-chemin de nos cultures musicales a donc été un peu la meilleure manière de se rencontrer. Chacun a mis sa sensibilité dans cet échange, dans ce partage et dans cette interprétation-là.

Tu préfères écrire une œuvre, immergé dans les exhalaisons d’une bougie, d’une cigarette, d’un café chaud et de tes pensées ou… improviser en bœuf dans un bar PMU ?

Je préfère improviser !

Tu préfères… la VO ou la VF ? Pas le droit de dire VOSTFR.

La VO. Aujourd’hui je préfère chanter en anglais quand même. Parce que c’est la langue qui me permet de m’évader. Ce n’est pas ma langue maternelle mais c’est la langue de tous mes voyages, la langue de l’American Dream (rires), de toutes les références que j’avais. Et puis, j’ai quand même grandi avec de la musique afro-américaine donc ça reste mon premier amour et ce que j’ai envie de faire. Je ne renie pas du tout le côté français mais pour le coup en anglais le message est pertinent et compris de tout le monde quasiment partout dans le monde. Il y a une petite valeur ajoutée ; maintenant que je voyage pas mal je me rends compte que c’est important.

Tu préfères… le reggae ou le métal ?

Oula ! Je préfère vraiment le reggae. J’ai des origines caribéennes ; du côté de mon père je suis Martiniquais et le reggae fait partie de notre culture musicale en fait. J’ai aussi grandi avec Bob Marley, avec Papa Wemba, Peter Tosh, avec des sonorités caribéennes, afro-reggae… Ça faisait partie des musiques qui passaient à la maison donc c’est aussi dans ma culture musicale.

Tu préfères… le rap ou l’électro ?

Je préfère quand même le rap. Il y a une dimension sociale, un message qui pour moi est plus pertinent, qui me touche plus en tout cas.

Under my skin ben oncle soul morceaux

Et enfin, même si on s’en doute, tu préfères… la soul ou le jazz ? Ben l’Oncle Jazz ?

(Rires) Je préfère la soul quand même. Je ne peux pas mentir là-dessus. Under my Skin (ndlr : son dernier album qui reprend des œuvres du jazzman Sinatra) c’est un peu métissé en fait, ce n’est pas que jazz. On pourrait avoir un débat pendant une heure sur ce qui compose le jazz parce que c’est une musique qui est de nature métissée. Elle est née du métissage et n’est ni plus ni moins que du mélange qui vient des Caraïbes à la base. Donc je me retrouve aussi beaucoup dans le jazz mais ma culture musicale première, c’est définitivement la soul.

Le jazz c’est un peu plus ouvert que la soul. Il y a plus de place à l’improvisation : il y a un thème général et après il y a une expression, une inspiration du moment qui sont importantes. Il y en a déjà moins dans la soul. L’histoire de la soul était basée surtout sur des gros producteurs avec des interprètes et des belles chansons. Il y avait donc déjà une dimension vachement plus pop.

Tu préfères… Motown ou Stax ?

Entre les deux mon cœur balance.

Tu préfères… refaire un live à Taratata ou partir en live dans une église avec Fitiavana ?

(rires)Je préfère Fitiavana. Bah ouais c’est mes potes d’enfance. C’est avec ce groupe que j’ai démarré. C’est du Gospel uniquement. J’adore le gospel parce que c’est spirituel mec. (rires)

Et enfin tu préfères… avoir le génie de Da Vinci, la sagesse de Ghandi ou n’est juste d’un Soulman ?

(rires) N’être juste qu’un Soulman.

Antonin Cyrille

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