Hier le rappeur Brav a sorti un nouveau clip issu de son dernier album ERROR 404. Avec le morceau 25 Minutes, il nous livre un interlude poétique avec en toile de fond une bad romance entre lui et son père. Chacun de ses clips racontent une histoire avec pas mal d’influences cinématographiques. Comme on n’avait pas vu de contes musicaux d’aussi bonne qualité depuis Mylène Farmer ou Michael Jackson, on a eu envie de vous le présenter.

Alors tout d’abord, pour ceux du fond qui n’auraient pas suivi, Brav vient du Havre et balance son flow au sein du label Din Record. Il y a quelques années il était aux côtés de Tiers Monde pour un duo nommé Bouchées Doubles, et accessoirement c’est un pote de Médine. En 2015 Brav se lance en solo avec son album Sous France et cette année il a fait bugger la matrice du rap avec ERROR 404.

Dimanche 25 septembre, il a sorti son dernier clip pour le morceau 25 Minutes, et ouais, rien n’est fait au hasard avec lui. Dans Le Havre en noir et blanc, un homme – le père de Brav – au balcon de son bloc HLM contemple l’extérieur. Il fume, boit son café, écrase sa clope, et va rejoindre son fils pour un road trip en voiture. On croirait ce genre de voyage qu’on fait avec son paternel pour ressasser les bons souvenirs d’enfance. Mais on comprend très vite qu’en réalité les deux hommes vont faire un casse dans une banque. Sac dans le coffre, la voiture démarre et c’est reparti. On retrouve finalement le père et le fils en haut d’une colline au bord de la Manche. Ils regardent l’horizon, des gyrophares derrière eux…la suite est trop « spoiler alert » pour être écrite ici, alors, magie d’Internet, voici la vidéo :

Brav se fait des films

On vous invite vivement à aller voir les autres clips de Brav (pour apprécier la qualité de sa plume évidemment, mais pas que…), surtout Revolving et Bagarrer. On y retrouve le même personnage : le véritable père du rappeur. « C’est lui qui est sur la pochette d’Error 404 et on le suit au fil des clips, nous explique Brav. J’aime cette idée de montrer deux générations, lui et moi, qui vivent un Bonnie and Clyde à la française ». Dans la vidéo de 25 Minutes, le Havre devient poétique et le spectateur est transporté dans l’imaginaire du rappeur et d’Yves Brua, le réalisateur. Là aussi il y a une erreur 404 : not found la Ferrari pas louée sur les Champs, not found la weed qui enfume l’écran, not found le clip de rap cliché. Brav a un style, une patte, qu’on retrouve évidemment dans ses sons, mais aussi dans les vidéos qui vont avec. Ce qui saute aux yeux, c’est son don pour le storytelling et sa cinéphilie aiguisée.

Brav n’est pas seulement rappeur, il est aussi photographe, infographiste et s’éclate en vidéo. Rien que ça. Il écrit ses clips en les ponctuant de clins d’œil et d’hommages à ses films et ses réalisateurs préférés. On the top of the list : Fight Club. Tyler Durden et Marla Singer ont chacun leur morceau éponyme. Le thème du mec cinglé qui pense être entouré alors qu’il est seul dans sa folie est surexploité, et dans certains plans on peut voir un personnage apparaître puis disparaître comme un hologramme. « Je suis aussi très influencé par le cinéma anglais et coréen, le tout avec une ambiance torturée, confie Brav. Je me dis que quand tu écoutes n’importe quelle chanson tu te fais ton propre film dans ta tête, et avec mes clips je propose une seconde version de l’histoire pour emmener les gens vers de nouveaux horizons ». Chacun de ses clips racontent une histoire, plus ou moins folle et torturée, et le plus savoureux c’est qu’il y a toujours une fin improbable.

Dans 25 Minutes, Brav nous pose cette fameuse question fatidique : est-ce que le temps qui reste nous suffira ? En tout cas il suffira pour découvrir cet artiste à suivre de près. Ouvrez les yeux, tendez l’oreille, voici une sélection tout à fait subjective de nos clips préférés :

ERROR 404

Revolving

L’Arche

Delirium Tremens

Brav Against The Machine