Il est 11h quand deux individus émergent d’une Citroën noire dans le XIème arrondissement.

Les deux hommes équipés de kalachnikovs se sont introduits ce matin dans les locaux de Charlie Hebdo. Menaçant un employé et l’obligeant à les conduire à Stéphane Charbonnier, le directeur du journal, ils ont débarqué dans la salle de conférence, et tiré à vue sur les membres présents de la rédaction. Puis ils ont pris la fuite vers leur véhicule où les attendait un complice, tuant au passage deux policiers et hurlant « Le prophète est vengé, on a tué Charlie Hebdo ! ». Leur trace a été perdue porte de Pantin après qu’ils aient changé de véhicule. Bilan : dix journalistes abattus, suivis de deux policiers, ainsi que huit blessés.

Parmi les victimes se trouvent les caricaturistes Jean Cabut dit CabuStéphane Charbonnier dit CharbBernard Verlhac dit Tignous, Georges Wolinski, et l’économiste Bernard Maris.

Charlie Hebdo n’avait jamais cédé face aux fondamentalistes, ce qui lui a valu au fil des ans nombre de menaces, en particulier après la publication de la caricature de Mahomet en couverture en février 2006 et de son numéro spécial « Charia Hebdo » en novembre 2011, qui lui a valu une volée de cocktails Molotov et l’incendie de ses locaux.

François Hollande s’est immédiatement rendu sur place afin de faire part de son indignation face « à un acte de Barbarie contre un journal, face à des journalistes qui avaient toujours voulu montrer qu’ils pouvaient agir en France, et avoir cette liberté que la République protège ». Promettant d’arrêter et de conduire les responsables devant les tribunaux pour qu’ils répondent de leurs actes terroristes, le plan Vigipirate attentat a aussitôt été mis en place, mobilisant 3000 policiers dans la capitale.

De son côté, le président de l’UMP Nicolas Sarkozy a réagi par une intervention à 14h30, appelant  « les Français à refuser l’amalgame et à faire front ensemble » et soutenant  «  sans réserve toutes les initiatives du gouvernement qui iront dans ce sens ». Le premier parti d’opposition affiche un front uni, un front sacré face à l’horreur.

Au FN, Marine Le Pen a réitéré cet esprit d’union dans sa déclaration. Se fendant au passage d’un discours sur la peur provoquée par l’islamisme intégriste, et évoquant une guerre entre la France et les extrémistes, promettant de « mettre en œuvre les moyens pour protéger notre pays et nos compatriotes ».

Après la réunion gouvernementale en début d’après-midi, Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, a dressé le bilan des événements et fait part de sa compassion envers les familles. Il a également annoncé l’activation d’une cellule de crise place Beauvau afin de pourchasser les trois criminels.

Le massacre de Charlie Hebdo avait pour objectif de créer un sentiment d’effroi et de frapper les esprits. Les assassins n’ont réussi qu’à liguer les Français de tous les horizons politiques contre leur barbarie. Les manifestations citoyennes ont fleuri dans toutes les villes de France, soutenant les familles des victimes et faisant front à la haine par la cohésion du pays pour la liberté d’expression.

La communauté internationale, de Barack Obama à Vladimir Poutine en passant par les hautes instances de l’Europe, a elle aussi fait par de sa consternation et de son soutien à la population française en ces heures difficiles.