Surfant sur la vague des adaptations de Comics sur le petit et le grand écran, le nouveau venu s’appelle Constantine, John Constantine. Un salaud fumant clope sur clope, sacrifiant ses amis pour survivre, quant ils ne sont pas assassinés par des démons en rut. L’homme qui se contre-fout des dommages collatéraux et manipule tous ceux qui s’approchent de ses volutes de fumées. L’ultime salopard, doté d’un accent de Liverpool et de punchlines à faire triquer Tarantino ! Aujourd’hui, il se vaporise sur les écrans cathodiques en petite lopette pleurnicharde.

Si l’interprétation de Matt Ryan, dégainant ses répliques cinglantes fait mirage le temps de quelques épisodes, les scénaristes ont toutefois dilué le personnage jusqu’à le rendre pathétique et vide. La NBC produisant la série promettait une adaptation plus proche du Comics que le film de 2005, qui lui tabassait des poneys par brochette de douze. Mais dans les faits, c’est un sacrée foutage de gueule.

Aseptisé par les contraintes télévisuelles américaine, Constantine ne fume pas, ne jure pas et utilise la magie à tour de bras comme une gitane en rade de fric. Si on retrouve effectivement de nombreuses références issues des premiers Comics, celles-ci se répandent vite en décalques infâmes du scénario original, sans jamais prendre de risque. À l’instar du fond, la forme est elle aussi insipide, préférant utiliser des effets spéciaux bâclés que de jouer sur la mise en place d’une ambiance lugubre et sordide digne de la bande dessiné. Faible consolation, la musique dispose d’une qualité et d’un rythme remarquable, insufflant une inspiration semi-héroïque, semi-désespéré qui n’est pas déplaisante.

Certains éclats de génie distillés au hasard ponctuent la série, forçant le spectateur à laisser ses pupilles face à l’écran, en espérant vainement que le niveau remontera. Un espoir lapidé par des mises en scènes vus et revus dans tous les classiques US : à chaque nouvel épisode correspond une enquête précise que Constantine balayera rapidement, soutenue par une trame centrale où plane le mystère d’une maléfique montée des ténèbres… De quoi laminer le potentiel du antihéros accro à la nicotine.

Même les acteurs ont sentit le vent tourner, Lucy Griffiths qui était sensée incarner le premier rôle féminin a quitté le tournage à la suite de l’épisode pilote. La comédienne s’est vue remplacer par Angelica Celaya interprétant la mystique Zed. Aurait-elle prévue la chute de la série ? Rien n’est encore joué pourtant : à la suite de la vague de critique, NBC travaille maintenant d’arrache-pied afin d’améliorer la seconde partie de la saison et gage même sur une deuxième.Un regain d’audience obtenue lors du dernier épisode avant noël a poussé la chaîne a déplacer la série sur le créneau de 20h plutôt que  de 22h. Un pari risqué ? Rendez-vous le 16 janvier pour le savoir avec l’épisode dix.