Dmitry Itskov veut faire de vous des hologrammes. Non pas qu’il soit méchant Dmitry, il semble même être un chic type quand on jette un œil à son programme : atteindre l’immortalité en transférant la conscience des hommes dans un cerveau artificiel lié à un hologramme. Le milliardaire russe de 35 ans est un transhumaniste convaincu qui croit, dur comme fer, que l’avenir sera synthétique.

Des philosophes antiques aux auteurs de science-fiction, de Condorcet à « Bienvenue à Gattaca », les rêveurs de tout temps n’ont cessé de fantasmer un humain amélioré, augmenté par la philosophie, la médecine ou la science. Dmitry Itskov a décidé d’accélérer l’arrivée du futur de l’humanité en y investissant son capital.

En 2011, le richissime visionnaire qui a fait fortune dans Internet a lancé son projet, The 2045 Initiative. Ce laboratoire d’idées a réuni une vingtaine de scientifiques et d’experts en biotechnologies, robotique et intelligence artificielle, tous reconnus pour leurs travaux. Les hommes de sciences travaillent depuis cinq ans d’arrache-pied pour tenir le délai imposé : rendre l’homme immortel d’ici 2045.

Concrètement, les chercheurs veulent transférer les éléments composant la personnalité humaine (émotions, souvenirs, capacités de réflexion) vers un cerveau synthétique, auquel sera adjoint un avatar holographique. Selon Dmitry Itskov, ces « nouveaux humains » pourraient ainsi vivre jusqu’à 10 000 ans minimum. Nom de code : Avatar, en hommage au film de James Cameron.

4 dates-clés vers l’immortalité

Son projet comprend quatre étapes : entre 2015 et 2020, créer une copie robotique d’un être humain. À en croire les avancées des scientifiques, les délais devraient être tenus. De 2020 à 2025, réaliser une version améliorée de cet androïde capable d’accueillir un véritable cervelet d’homo sapiens sapiens. À l’orée 2035, finaliser le premier réceptacle à conscience humaine, parachevant l’utopie de l’immortalité cybernétique. Enfin, 2045 sera la date butoir à partir de laquelle le commun des mortels pourra se projeter numériquement partout à travers le monde. 

Si la communauté scientifique s’est d’abord montrée réticente devant une telle chimère, elle pense aujourd’hui qu’un tel projet est possible, mais pas dans des délais aussi courts. L’agence de recherche américaine DARPA mène, parallèlement à The 2045 Initiative, des études et expériences semblables. Mais elle aussi n’entrevoit la réalisation des possibilités envisagées que dans un futur légèrement plus lointain d’une dizaine d’années.