Malgré les litres de vin ingurgités lors des repas de fin d’année, la haine qui suintait de la bouche des convives vous a laissé un goût amer. Pas facile de passer outre le racisme, l’homophobie et toutes ces petites remarques qui rendent les dîners de famille si spéciaux. Voici une méthode pour vous en remettre.

1. N’avalez pas l’arête du poisson.

Certes, c’était censé être un Noël tranquille, en famille. Pourtant, quelque chose vous est resté sur l’estomac. Peut-être était-ce la discussion ou le foie gras de mamie (qu’elle avait oublié de mettre sous vide). Heureusement qu’il y avait quand même des distractions comme les enfants qui courent partout, le sapin qui perd ses épines, les cadeaux qui laissent perplexes, les décorations un peu kitches et la neige si vous aviez de la chance. Tout pour se distraire et échapper à ce qui fâche.

Il s’agit également de ne pas garder pour soi toutes les horreurs qui ont fusé dans la pièce. Parlez-en autour de vous, aller voir un psychologue ou écrivez quelques pages. Le tout est de ne pas prendre personnellement ce qui s’est dit.

Le conseil : buvez une bière de Noël avec vos amis, les vrais, ceux qui peuvent vous faire aller mieux en n’importe quelles circonstances. Tout cela dans un pub un peu glauque où la moitié de votre ville se retrouve les soirs de Noël, comme pour une petite thérapie de groupe.

2. Patientez avant de vous resservir.

Si vous êtes amenés à voir ces personnes souvent, c’est triste pour vous. Gardez votre foi en l’être humain, c’est tout ce qu’il vous reste.

Si vous ne les voyez qu’une fois par an, tout n’est pas si sombre ! Pensez à vos amis, aux membres de votre famille ouverts d’esprits. Pensez aux personnes qui sont comme vous, qui ont du sens commun ! Tout ira bien.
Il ne restera alors que le goût amer de ce repas. Au début, vous saurez pourquoi, et avec le temps vous vous direz que la dinde était tout simplement dégueulasse, d’où l’arrière-goût de rassis. La vie continue, restez tolérants, c’est encore ce que l’on peut faire de mieux.

Le conseil : courage, la période de Noël (et autres fêtes de fin d’année) c’est une seule fois par an.

3. Ne restez pas ballonnés toute la nuit.

Même si vous connaissiez déjà la teneur des propos de ce repas, vous espériez qu’il n’y ait pas de débat politique. Et comme on vous comprend ! Cependant, la conversation a légèrement glissé et ça n’a pas manqué. C’était un super panier de désinformation, de xénophobie et de non-compassion. En clair : un fourre-tout haineux. Pourtant, l’année dernière, vous vous étiez dit que la diarrhée verbale de vos proches, on ne vous y reprendrait plus ! Vous vous sentiez confiant, tel un Don Quichotte prêt à défendre ses convictions et à démêler le vrai du faux. Mais, seul contre tous vous vous êtes enfoncé dans votre fauteuil, ingurgitant le plus de vin possible pour avoir une raison plausible d’aller vomir.

Et c’est seulement la nuit d’après, aux alentours de quatre heures du matin que votre cerveau vous dicte les réponses qu’il aurait fallu balancer. Vous les murmurez dans le noir de votre chambre, comme si tonton et mamie pouvaient vous entendre.

Le conseil : allez dormir. On ne change pas le monde en une nuit et on ne peut pas faire évoluer les avis de personnes qui ce soir dormiront tranquille, sûrs de ne pas se prendre de bombe sur la tête, de ne pas traverser la mer dans un bateau pneumatique, de ne pas être les boucs-émissaires d’une France qui va bien mal.

4. Un petit thé ?

Dans les jours qui suivent les repas de fin d’année, lisez des livres pleins d’humanisme et qui vous rappelle que le monde n’est pas seulement constitué d’une ribambelle d’ignares qui suivent le troupeau. Certains écrivent des histoires qui changent les choses. Parfois, ce sont leurs histoires, parfois celles des autres. Peu importe, la lecture apporte le savoir, c’est une fenêtre ouverte sur le monde. Écoutez toutes ces chansons qui ravivent les sens et regardez tous ces films qui nous donnent un peu de foi (en l’être humain).
Les mots devraient être notre richesse, pas un dégueulis de nos phobies.

Le conseil : le film Peur de rien, la chanson « Dans mon désert » de Labess et le livre Les Importants de Kevin Amato.

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