Un jour, j’ai vu un mec tenter de draguer une femme de petite vertu en essayant de lui voler son string. Et vous savez quoi ? Ça n’a pas marché. Tenter de choper avec deux grammes dans chaque œil est un sport dangereux, réservé aux professionnels. Kids, don’t do that at home, voici le guide Open Bar pour draguer bourré.

Bien sûr, les conseils suivants ne sont valables que pour les mecs et les moches. Si vous êtes bonnes esthétiquement gâtées par maman Eva Joly-la nature-les zolis zoziaux, vous n’en n’aurez pas besoin la plupart du temps.

Mais d’abord, quelques conseils de base pour les plus novices d’entre vous :

Prenez une caisse. Une bonne grosse qui vous vaudra des pic-verts dans le cervelet. Une dont vous aurez/voudrez (rayer la mention inutile) tout oublier.

Sortez avec de vrais fêtards qui ne vous retiendrons pas dans vos délires, mais qui vous encourageront et feront des paris sur vous et vos exploits nocturnes. Ou diurnes. C’est selon.

Et s’il vous plait, prenez des chewing-gums quand vous partez en soirée. La vodka Red Bull permet d’accéder à un niveau de conscience supérieur, mais personne ne voudra vous manger la bouche avec cette odeur.

Et surtout, ne pas oublier d’engager un avocat. Au cas où. Vous connaissez la différence entre une femme ivre et un canard ? Y’en a pas. Ces deux espèces ne savent pas dire non.

I Le menteur

Vous êtes rond comme un ballon de rugby, votre sens de la morale a foutu le camp avec votre dignité, c’est le moment de mentir mes amis. Mais pas un de ces petits mensonges banals et ridicules. Personne ne va fantasmer sur un mec au job stable et bien dans ses pompes. On sait que vous tapez dans le RMI. Alors voyez grand, plus c’est gros, mieux ça passe. Une thérapie s’impose si des images licencieuses se sont immiscées dans votre tête à la lecture de la phrase précédente.

Vous êtes ivre, donc au moins roadie pour Skip The Use, ou trader façon « Loup de Wall Street« . Evidemment, c’est plus chaud si vous avez les revenus d’un manouche, mais improvisez ! Vous vous êtes fait le pari de tenir une semaine comme quelqu’un de banal, alors que d’ordinaire vous vivez un train de vie hallucinant en tant qu’héritier d’une grande famille russe. N’hésitez pas à en rajouter, à donner des détails. Rendez votre histoire crédible autant qu’elle peut l’être de la part d’un… Enfin. De vous quoi.

Bien sûr que ça marche : celles que vous draguerez seront au moins aussi bourrées que vous, et voudront croire les inepties qui s’échapperont de votre bouche. Avant que vous ne mettiez quelque chose dans la leur. Votre langue, par exemple.

II La pêche

Trimballez-vous avec une canne à pêche en soirée. Repérez une jolie proie. De préférence plus proche du dauphin que du mérou. Lancez la ligne. Moulinez. Ramenez la bête auprès de vous et sortez lui la punch line de rêve : « Alors, la pêche ? » Faites vous tabasser par ses copains. Finissez en cellule de dégrisement ou en sang dans une ruelle.

Vous êtes complètement tordu si vous pensez que ce genre de technique peut marcher.

III Danser, c’est la vie

La danse est l’ami de l’ivrogne. En boîte ou en appart’, agitez-vous de la manière la moins épileptique possible au rythme de la musique et des stroboscopes. Si vous sentez que vous ne contrôlez rien, laissez-vous aller à danser comme une shagass en rut. C’est bon pour le moral, ça fait rire, montre que vous n’avez pas peur du regard des autres et que vous vous sentez bien avec votre corps. Techniquement, il est aussi vrai que vous êtes pété comme un joint.

Enchaînez en dansant avec tout ce qui ressemble de loin au sexe opposé, ou non. Rapprochez-vous sereinement et invitez l’autre à danser avec vous. Si vous avez encore la capacité de communiquer verbalement, faites signe à votre pote de changer la musique pour quelque chose de soft, une petite valse ou un flamenco. Emballé, c’est pesé.

C’est un échec ? Suivant(e).

IV L’étranger

Vous êtes typé asiat’, un peu bronzé ou blanc comme un cul aux yeux bleus ? C’est le moment d’en profiter. Oui, on vous a souvent vanné avec des clichés racistes (qui, avouons-le, sont assez drôles), mais aujourd’hui, il est temps de profiter de vos traits d’étrangers. Oui, cette technique est encore basée sur le mensonge. MAIS BON TA MAMAN est très gentille tu lui passeras le bonjour.

Reprenons.

Dotez-vous d’un bon coéquipier avec les mêmes tendances débonnaires et ouvert aux plaisirs liquides, celui-ci vous fera passer pour son correspondant ou pote Erasmus. Il a été prouvé par l’INSEE (démerdez-vous pour trouver la statistique) que les étrangers chopent plus. Sûrement dû aux mystères d’une autre culture, de nouveaux horizons, d’un pays exotique. Ils intriguent et attirent, c’est comme ça. Vous êtes roux ? Prétendez être irlandais. Vous êtes asiat’ ? Le nord-coréen en cavale fonctionne du tonnerre. Vous êtes basané ? Espagnol ou Italien, les deux ont des réputations de lovers . Grand blond aux yeux bleus ? Vous êtes aryen. Etc…

Et évidemment, comme vous êtes plus proche de la loque que de l’être humain viable, vous ne parlez quasiment pas anglais. Vos maigres bases de français se doivent d’êtres suffisamment compréhensibles pour conclure avec toutes jolies demoiselles.

Open Bar draguer bourré

Bien sûr que mon pénis exauce les vœux, tu veux que je te montre ?

V Le bourrin

Celle-ci est simple, mais vous allez (encore) finir en cellule pour harcèlement. Enfin bon, ce ne sera que la 3ème fois cette semaine. Donc rien de grave, finalement.

Le principe est digne d’un génie sociopathe à tendance alcoolique (oui, vous) : abordez chaque meuf/mec mignon en lui demandant s’il/elle veut coucher avec vous. Recommencez jusqu’à ce que ça marche. Prenez-vous une claque, essuyez les traces de  vodka martini sur votre visage et recommencez.

C’est débile, c’est simple, mais ça peut marcher si vous fréquenter les PMU de maquerelles.

VI Le retourneur de Goudous

Celui-ci marche aussi si vous êtes gay comme un pinson. Oubliez juste la deuxième partie.

Grimez-vous à l’image du sexe opposé, puis allez traîner vos guêtres jusqu’au bar gay ou lesbien le plus proche. Non seulement les cocktails y sont d’excellente qualité, mais l’ambiance et la musique sont tops. Tapez la discut’, draguez tranquillement, et ramenez l’une de ces effigies du diable si chère à Christine Boutin chez vous. Avouez la vérité et entamez alors une grande conversation sur votre identité sexuelle, vos envies, vos doutes et autres fadaises dont vous ne pensez pas un mot. Touché par tant de vérité, et sous l’emprise du grand mojito magique, votre Dalida/Freddy Mercury se laissera tenter par l’expérience. Ou se barrera en courant tel un Usain Bolt sous speed.

VII The Virgin

Aborder chaque meuf en lui annonçant qu’on est puceau, c’est drôle. Tenter le coup pour la choper, c’est de l’inconscience. Mais parfois, on tombe sur un cas. Une de celles qui vous pensent pur et veut vraiment vous déniaiser. Quelle cruche. Il est évident qu’il lui manquera quelques neurones pour croire une ineptie pareille, mais dans le doute, embrassez la gueuse.

Ne vous fiez pas à ceux qui oseront vous juger. Sans analyse psychiatrique, vous êtes un artiste incompris. Dans toutes situations, rappelez-vous les sages paroles de Gandhi : « Consentement pas nécessaire« .

C’était peut-être Borat en faite.

Et n’oubliez pas la plus importante des règles :

Moins de paroles, plus d’alcool.