L’incontournable Spire vous donne le vertige. Cet immense pic métallique de 121 mètres de haut, autrement appelé The Monument of Light commémore le début du millénaire, mais il est également votre point de repère. Vous êtes sur O’Connell Street mais vous ne savez pas quelle rue arpenter. Droite, gauche, tout droit, derrière ? Peu importe, il est bon de se perdre dans Dublin pour découvrir ses trésors cachés.

Dos à la Spire, vous avez donc quatre possibilités : à votre droite, un gigantesque bâtiment qui ressemble au Parthénon vous intrigue. Ce n’est que la National Post of Ireland, partiellement détruite pendant la Révolution de Pâcques survenue en 1916. Encore à droite, une énorme rue laisse place à un nombre infini de magasins. Pour les fashonistas, Dublin est le paradis des vêtements pas chers. En un mot, le Saint Graal, l’eldorado des vêtements se nomme Penneys, ou Primark pour les connaisseurs et les connaisseuses. Si vous vous aventurez un peu plus dans Henry Street, puis sur Mary Street et qu’enfin vous tournez sur Jervis Street, vous avez la possibilité de vous sentir tout petit dans le musée des Léprechauns. Une attraction touristique de plus, qui vaut pour autant le détour malgré le prix de son entrée. Peu importe, quand on aime on ne compte pas ! Après avoir fait un arrêt inopiné au T.P Smiths afin d’apprécier une véritable bière irlandaise, servie comme il se doit, et à n’importe quelle heure de la journée (non, ne vous en faites pas, vous n’aurez pas l’impression d’être un ou une ivrogne car en Irlande, la bière est une religion !), vous retournez sur vos pas et vous vous dirigez à nouveau vers O’ConnelIMG-20140121-00134l Street.

Précédemment vous avez décidé d’aller à droite, mais à gauche vous trouvez Talbot Street, une petite rue commerçante où différentes ethnies du monde entier se rassemble. Des embruns de Chine, d’Italie, d’Afrique et d’Amérique du Sud vous titillent les narines. Si la faim vous prend, vous êtes dans la bonne rue, même si un fish & chips ou le meilleur burger de votre vie vous attend un peu plus loin.

L’appel du ventre ! 

Dun Laoghaire-Rathdown-20140209-00201

Il est temps de passer aux choses sérieuses. Sur O’Connell street, une fois encore, un duel commence entre un Supermac’s, un McDonald’s et un Burger King. Heureusement que le KFC se trouve deux rues plus loin, sinon vous ne sauriez plus où donner de la tête. Néanmoins le fast-food qui remporte ce combat est… Eddie Rocket ! Avec son décor à la Grease et des jukeboxes pour vous ambiancer pendant un bon repas, rien de mieux pour se remplir le gosier. Prix abordables, estomac en liesse, vous ne pouvez rêver de meilleurs burgers. Un petit conseil : Cheese Please au bleu, chips (traduction de frites) avec une Garlic sauce et un supplément de cheddar, et pour finir, un milkshake Oréo. Vous avez du mal à sortir de ce fast-food tant votre ventre est rempli, mais il vous reste encore beaucoup de choses à faire. Une longue marche vous attend.

Si néanmoins vous décidez de ne pas trop marcher pour procéder à votre digestion, dirigez vous à présent vers Parnell Square. Vous y trouvez un magnifique parc : The Garden of Remembrance, autrement dit le Jardin au Souvenir des hommes, femmes et enfants qui ont perdu la vie dans la lutte vers l’indépendance. Vous faites le tour de ce jardin qui à première vue vous semble tout à fait modeste, mais il n’en est rien. Vous faites face à une statue intriguante qui est en réalité l’histoire des quatre jeunes enfants du roi Lir, transformés en cygne par leur belle-mère jalouse. Condamnés à épouser cette forme pendant près de 900 ans, ils ne retrouvent forme humaine que très âgés et meurent ensemble de vieillesse.

S’il y a bien une chose à savoir sur Dublin, c’est que c’est une ville qui tient à son histoire. Elle transmet à travers ses bâtiments un patrimoine, celui de son indépendance, obtenue en 1921. Cette jeune république irlandaise porte un intérêt tout particulier à conserver les éléments de son passé pour construire son avenir.

P1000149

Suivez donc ce précepte donné précédemment : perdez-vous un peu dans les rues de Dublin ! En tout cas sur la partie sur laquelle vous vous trouvez, c’est-à-dire sur la rive droite du Liffey. Baladez-vous sur les quais afin de découvrir le pont Samuel Beckett. En longeant le North Wall Quay, vous découvrez ce pont en forme de harpe, symbole national depuis le 16ème siècle. Plus loin, vous vous trouvez sur la zone industrielle de la ville, qui se transforme la nuit : concerts et événements sans précédent s’y déroulent. S’il commence à se faire tard, admirez le coucher de soleil. Dès que l’obscurité pointe le bout de son nez, vous observez ce bâtiment administratif qui vous donne le ton pour le reste de la soirée : Heineken ! En effet, il est temps pour vous d’aller prendre un verre, ou plusieurs selon la coutume.

Un petit verre ? 

Aventurez-vous désormais sur la rive gauche du Liffey. C’est ici que tout se joue ! Les pubs affluent et vous ne savez plus où donner de la tête. Il est pourtant essentiel et même indispensable d’arpenter la rue la plus connue à Dublin, celle qui surpasse largement la rue de la Cuillère de Caen ou la rue de la Soif de Lille : Fleet Street, suivie de Essex Street. Attention, ne vous méprenez pas, cette rue n’est pas aussi mythique que les pubs qu’elle abrite. Posez le pied dans cette rue et vous vous sentez Irlandais dès les premières secondes.

P1150978

Lancez-vous ce défi : prendre une bière dans chaque pub que vous croisez. Osez et vous verrez ! Commencez donc par le Palace Bar, un peu plus au dessus, puis le Morgan Bar. Vous passez devant un Hard Rock Café, puis devant une ou deux boîtes de nuit très huppées. Le chemin de la rédemption est presque à votre portée. En sortant du deuxième pub, si vous n’êtes pas trop éméché, jetez un petit coup d’œil au mur juste à côté de vous. Non pas à droite mais à gauche. Cette fresque est l’un des trésors de cette ville. Couvrant la totalité du bâtiment, elle offre à vos yeux embués une démonstration du street art dublinois.

P1150979Armez-vous de courage et rendez-vous au Oliver St. John Gogarty. Voici ce que nous appelons un pub typiquement irlandais, non pas à cause de sa devanture qui fait davantage référence au multiculturalisme de la ville, mais à cause des concerts de musique irlandaise qui s’y déroulent chaque soir. N’ayez crainte, les artistes qui passent dans les pubs ne chantent pas seulement Molly Malone ou encore The Wild Rover des Dubliners, mais c’est justement en écoutant ces musiques avec quelques grammes de Guinness dans le sang qu’on se sent chez soi.

Faites cinq à dix pas en avant et arrêtez-vous à votre nouvelle escale : The Auld Dubliner. Même chose que pour le pub précédent : de la bière à flot, une ambiance chaleureuse et une convivialité qui n’a pas son pareil. Si vous avez besoin de remplir une nouvelle fois votre estomac, ne vous en faites pas, vous trouverez chez Boxty ou encore chez Elephant Castle de quoi vous rassasier et de quoi faire baisser votre taux d’alcoolémie. The Quay’s Bar vous ouvre ses portes, pour une autre petite pinte bien fraîche et désaltérante.

La consécration !
P1150987

Vous êtes presque arrivés à destination : Temple Bar. Un halo de lumière entoure sa devanture. Non, vous ne vous méprenez pas, ce ne sont que des guirlandes de lumière qui s’illuminent toute la nuit. C’est comme si la providence vous avait conduit jusqu’au bar le plus célèbre de la ville. Vous vous demandez sûrement comment autant de monde arrive à pénétrer dans ce pub… C’est qu’il cache des pièces extrêmement bien agencées. En plus de posséder un fumoir gigantesque, LE Temple Bar accueille chaque jour des milliers de clients : des habitués aux simples touristes avides de Guinness, votre escale dans Dublin ne peut se faire sans une petite virée dans ce bar débordant de convivialité. Si vous pensez être intrépide, testez les huîtres ou les club sandwichs, servis avec une Guinness bien fraîche. Bien sûr, si vous n’êtes pas un grand fan de cette bière, qui représente un repas à elle toute seule, prenez donc un Smithwicks : sa robe ambrée désaltère aussi efficacement que de l’eau. Un autre petit détail : au pays de la bière, il vous est fortement déconseillé de prendre une 25cl si vous ne voulez pas être la risée de toutes les personnes présentes dans le pub en question. Les Irlandais ne connaissent que les véritables pintes, au risque de ressortir en suivant une ligne qui n’est plus très droite.

P1150995Alors que vous pensez que la soirée touche à sa fin, le Fitzsimons vous attend au bout de la rue pour vous montrer comment se déhancher à Dublin. Cette boîte de nuit pour permettra à la fois de vous vider la tête et de faire baisser une nouvelle fois votre taux d’alcoolémie. En ce qui concerne les boîtes de nuit, vous avez l’embarras du choix : O’ReillyTrinity ClubHowl at the MoonDandalionTwisted PepperDtwoThe PalacePygmalionDicey’sThe Academy… Toutes proposent des verres à prix abordables et une ambiance qui n’a pas son pareil en France. La soirée a été longue. Votre parcours du combattant touche à sa fin. Il est temps de s’endormir avant que les effets de vos jaeggerbombs à 2,50 euros (dans toutes les boîtes) ne fassent effet. Alors que vos jambes vous lâchent, des petites carrioles tirées par des cyclistes aguéris vous amèneront là où vous voulez aller. À choisir entre le taxi, la marche ou le pouce-pouce, à vous de choisir.

Après une soirée bien arrosée …

P1210738

Une autre question se pose : que choisir entre petit déjeuner normal ou un véritable brunch irlandais ? Arrêtez de vous poser cette question, choisissez la deuxième réponse. Pour cela, il est nécessaire de faire un peu de route pour manger le meilleur brunch de la ville. Rendez-vous donc au Kilkenny, situé sur Nassau Street : centre commercial au rez-de-chaussée, restaurant au premier étage. À première vue, le Kilkenny ressemble à un Flunch, en beaucoup plus sympa et avec une décoration beaucoup plus conviviale et moderne. Un cadre accueillant et chaleureux, des concerts et des plats à foison, le bonheur pour guérir d’un lendemain de soirée difficile.

P1150843Étant désormais sur la rive gauche du Liffey, vous pouvez vous lancer à la découverte de Trinity College, ainsi que de sa bibliothèque et des trésors qu’elle renferme. Le Livre de Kells y est exposé parmi une multitude de livres. Les effluves de bois ciré et de vieux ouvrages arrivent à vos narines et vous emportent.

Il est temps de jouer les touristes !

Vous continuez sur Grafton Street et vous y découvrez une ribambelle de magasins. P1160610Dublin est une ville qui donne chaud au porte-monnaie et à la carte bleue. Une fièvre acheteuse vous prend, puis vous reprenez des forces face au St. Stephen Park et son centre commercial aux allures de verrière. Le deuxième plus grand parc après Phoenix Park se tient devant vous pour vos proposer une petite balade revigorante et salvatrice. Il fait bon vivre dans ce centre, à en oublier qu’il se trouve en plein centre-ville tant la nature est dense et calme.

1538652_585712984834210_1865833099_n

Il est bon également de vous rendre dans des petits cafés au décor atypique : remontez Dame Street, et après avoir visité le Château de Dublin et ses nombreuses pièces parées de dorures en souvenir de la monarchie, passez donc au Bittersweet Café prendre un super muffin à la carotte, accompagné d’un excellent cappuccino fait dans les règles de l’art. Remontez Lord Edward Street puis prenez St Nicolas Street pour ensuite tombez nez à nez avec la cathédrale Saint-Patrick. À première vue, elle a l’air petite cette fameuse cathédrale. Il y a des gens qui viennent se prélasser près des gravures des auteurs irlandais. Vous devez sûrement vous demander ce qu’elle a de si exceptionnel. Afin d’obtenir la réponse à votre question, il vous suffira d’entrer pour découvrir une nouvelle fois la ville de Dublin et ses habitants à travers l’histoire.

Bienvenue dans le pays où tout le monde boit !

Avant de conclure votre voyage, il vous faudra déjouer les pièges de la Guinness Factory et de la Jameson Factory. Non, Dublin n’est pas une ville d’alcooliques, ce ne sont que les adolescentes habillées très court même avec -10°C qui se font ramener totalement éméchées à 23 heures. Si vous voulez repartir d’ici, fier de vous, P1210312victorieux face à vos amis qui se sont lamentablement aplatis après la troisième bière, alors vous irez jusqu’au bout de ce périple. Attention, ces visites prennent du temps, alors armez-vous de patience… car à la fin de la Guinness Factory, vous pourrez verser vous-même votre propre bière comme il se doit. Entre un Jameson et une Guinness, pourquoi choisir ? La marche vous fait reprendre vos sens pour retourner dans le centre-ville. Profitez encore un peu des rues de Dublin, laissez-vous emporter par la musique dans les rues, admirez les différentes fresques présentes sur les bâtiments de la ville ou les expositions en plein air sur les grilles de Merrion Park, attardez-vous sur les artistes des rues ou les musiciens qui sont là toute la journée devant nos yeux ébahis. Vous ne trouverez jamais une telle chose en France.

Évadez-vous ! 

Enfin, une dernière petite escapade en dehors de la ville pour conclure votre périple. Et pour cela, il vous faudra prendre le bus. Rien à voir avec les bus français. Tout d’abord, ne confondez pas le sens de la route : il est inversé, remember ! Les Britanniques ainsi que les Irlandais conduisent à gauche et non à droite. Prenez le 46A sur Nassau Street en direction de Dun Laoghaire et accrochez-vous, les Irlandais ne sont pas extrêmement prudents en ce qui concerne la vitesse. Ne vous en faites pas pour l’arrêt, descendez au terminus et si le temps est avec vous (ce qui n’est pas exceptionnel car il est possible que le soleil soit au rendez-vous, même en Irlande), baladez-vous sur le bord de mer. Respirez les embruns de la mer d’Irlande, attardez-vous sur les hauteurs près du musée James Joyce pour admirer la vue. D’un côté, la mer calme et cristalline de jour, violente et mouvementée de nuit. De l’autre, des maisons de couleurs et de tailles différentes. Vous vous prélassez sur les rochers pour observer que la plénitude existe en Irlande, et vous réalisez que vous êtes extrêmement chanceux de vivre ce genre de moment où rien ne vous retient d’apprécier pleinement chaque instant qui passe.

Alors que décidez-vous ? Ces mots vous ont-ils réellement donné envie de vous évader un peu au pays des moutons et de la Guinness ? Il ne s’agit pas de vous forcer, bien au contraire. Convaincre et éblouir, tel est notre devoir. Quand on arrive à Dublin, on est qui on est, on sort de la routine quotidienne pour voyager, mais à Dublin, c’est différent. Les gens changent, grandissent, évoluent. Puis ils se regardent un instant dans un miroir et s’aperçoivent d’un tout autre changement. Il n’est pas physique, non, mais il est en chacun de nous. À Dublin, on vient comme on est, et on quitte cette ville comme on a toujours voulu être.