Rencontre avec f.l.ou, jeune duo parisien, toujours à la recherche de nouveauté pour peaufiner leur son et qui préfère divaguer plutôt que revendiquer un style ou mettre des étiquettes sur leur musique. 

Open Bar : Pourriez-vous présenter votre groupe et ses membres ? Comment vous êtes-vous rencontrées et qu’est-ce qui vous a poussé à monter votre groupe ? Depuis combien de temps le groupe existe-t-il ?

f.l.ou : Début avril j’ai (Mélodie Lauret) contacté deux amies, Maëlle Texier et Anahid Djalali (qui est seulement intermittente désormais) pour m’accompagner à la guitare pour Maëlle et au piano pour Anahid, au concert de mon lycée. Nous avons passé toute une soirée à tester plein de chansons, puis on s’est rendu compte qu’on était vraiment sur la même « longueur d’onde musicale » et qu’on pourrait ne pas utiliser ce trio seulement pour un petit concert, qu’on pourrait en faire un groupe et continuer de partager la musique ensemble.

Pourquoi f.l.ou ? Qu’est-ce que ça signifie pour vous ?

Au début, on s’appelait Loose parce que c’était la Loose. On a commencé notre groupe en reprenant seulement des chansons un peu ringardes, des chansons de « looseurs », celles qu’on a honte d’aimer ou qu’on aime seulement pour s’en moquer ! Au début on faisait juste du Diams, du K-maro, du Britney Spears… puis on s’est ouvert à d’autres choses. On a choisi de se rebaptiser, on s’appelle désormais : f.l.ou. On a changé de nom pour des questions pratiques, mais ce nom n’est pas sans signification pour nous. En effet, on est du flou, on ne sait jamais trop quoi répondre quand on nous demande ce qu’on fait, tout divague, tout est libre. Libre comme l’interprétation d’un flou artistique. Et puis, mettre le « L » entre deux points, ça permet de souligner le mot ‘Fou’, la folie de choisir d’être libre justement.

Comment pourriez-vous décrire votre style et votre projet musical ?

Notre style… Quelle question difficile. Est-ce que ça serait une réponse correcte de dire qu’on n’en a pas ? On fait des reprises mais pas que. Majoritairement en français, mais pas que. Des chansons de looseurs mais pas que. Cependant, ce qui est indéniable c’est que nous sommes une petite formation : on se limite à piano, guitare, deux voix et parfois une boîte à rythmes… Même si on a pour projet d’inviter d’autres gens à partager la musique avec nous sur scène.

Quelles sont vos influences ?

On n’a pas vraiment conscience de nos influences. Bien sûr, on doit en avoir mais c’est inconscient ! Il y a des groupes et chanteurs qu’on apprécie plus que d’autres c’est évident, mais on ne cherche jamais à copier tel ou tel groupe.

Vous êtes un groupe de reprises. Comment choisissez-vous vos morceaux ? Parce qu’ils vous parlent, parce que vous les aimez ? Allez-vous parfois chercher la difficulté ?

Comme dit précédemment, au début on choisissait nos morceaux en fonction du fait qu’ils soient plus ou moins des morceaux de looseurs. Par la suite on s’est pas mal égaré, on a aussi voulu reprendre des chansons tout simplement parce qu’on les affectionne. Que ce soit dû au plaisir de les écouter ou au plaisir de les interpréter. Quant à la difficulté, on ne la cherche pas forcément mais on ne se limite jamais à cause d’elle, ça fait une montée d’adrénaline de prendre des risques sur scène ! On ne se pose aucune limite, jamais.

Comptez-vous vous aventurer dans la composition de morceaux ?

On est en plein dedans ! On a déjà trois compos dans notre setlist et on est en train de travailler sur d’autres. Tout ce qui est instru et arrangement, c’est Maëlle qui s’en charge ! Sinon, c’est moi (Mélodie) qui écris les paroles (mis à part « La chanson de la rupture » écrite par un ami de Maëlle). Ce qui se passe, c’est que lorsque je suis inspirée, j’écris, et j’envoie ça à Maëlle, elle bosse dessus quand ça lui plaît, elle me montre et on bosse à nouveau dessus ensemble.

Que ressentez-vous avant de monter sur scène et de faire face aux spectateurs ? Et pendant le concert ? Qu’est-ce que vous apporte le contact du public et est-il « vital » à vos yeux ?

Maëlle : Avant d’y monter je suis pleine de stress, je perds confiance en moi et j’ai peur… Mais toutes ces sensations s’atténuent avec le temps et l’expérience. Une fois que le concert commence, je n’ai plus vraiment conscience d’être sur scène ! Je suis dans ma bulle, je chante, je me laisse aller, je prends mon pied et il n’y a plus de stress. Je m’amuse à observer les gens, leurs réactions. Cependant cette impression d’être dans un hors temps se manifeste seulement lors des meilleurs concerts, parfois on a été confronté à un public pas super respectif, tout simplement car ils n’étaient pas là pour le concert particulièrement. Dans ce cas-là, le temps je le sens vachement passer et j’ai bien conscience de là où je suis ! Le contact avec le public est clairement vital : se faire soutenir par un public, qu’on soit connu de nous ou non, c’est très important, ça donne confiance et ça donne envie de continuer. Et puis les avis, qu’ils soient négatifs ou pas nous permettent de savoir ce qu’on vaut vraiment, nous ne sommes pas capables de prendre nous-mêmes du recul sur ce qu’on fait.

Mélodie : Pour ma part, j’ai un peu l’habitude de la scène, car avant d’être « chanteuse » je suis « comédienne », je pratique le théâtre depuis maintenant 10 ans. L’idée de monter sur scène pour chanter m’a toujours plus angoissée que pour jouer la comédie. En étant sur scène on se met vachement à nu, déjà au théâtre mais alors en musique encore plus, pas moyen de se cacher derrière un rôle… Quand on chante on ne peut pas se cacher, on s’offre au public, on offre nos émotions et sentiments. Les gens sont là pour nous regarder, nous écouter. Ça fait bizarre quand on se rend compte de ça, que les gens sont là pour nous. Mais ça on s’en rend compte après : pendant le concert c’est un hors lieu, un hors temps, le temps s’arrête et la guerre de pensées dans ma tête se calme largement. J’aime la scène. Le contact avec le public c’est important, j’ai besoin de savoir ce que les gens pensent, pour me rassurer ou m’effrayer. Et puis observer les réactions des gens pendant le concert c’est vachement intéressant, et ce qui est vraiment jouissif c’est de voir des gens émus en nous écoutant. Sans le public et le soutien, on a peu de confiance en nous, donc oui, on a besoin du public et je crois que tout artiste est dépendant du public.

Retrouvez f.l.ou en concert le 3 octobre à partir de 20h30 à L’Acadabrabar (Paris 19) et sur leur page Facebook