Le Brésil, sa jungle mystérieuse, ses favelas miteuses et sa palme de Champion du monde de crimes homophobes. Tout un programme.

 Hier,  on fêtait sur la plage de Copacabana une Gay Pride riche en couleurs. Son slogan, « Un million de voix ! » a tonné dans les rues scandées par un million de gorges gays, soufflé à bout de lèvres lesbiennes, du fond de poumons travestis ou non, repris en à corps et à cris par les transsexuels et sympathisants du mouvement. Rio se drapant arc-en-ciel, il y avait de quoi faire rugir le pisses-froids religieux.

Si en 2011, le gouvernement  de Dilma Rousseff promulguait une loi autorisant les couples homosexuels à se marier, en 2013, on comptabilisait encore plus de 312 meurtres catégorisés à leur encontre. Un record plaçant le Brésil à la première place d’un podium sanglant.

Pour cette 19eme édition du festival, les organisateurs ont annoncé la couleur dès le matin en distribuant plus 200.000 préservatifs, et 100.000 gels lubrifiants pour faire bonne figure. On peut y voir une tentative bigarrée paillette pour lutter contre l’intolérance, contre cette violence qui saisit certains brésiliens ultra-catholiques quand vient l’heure d’accorder l’égalité. Dans ce pays qui comptabilise 40% des crimes homophobes commis en Amérique du Sud, un nouveau projet de loi punissant les actes à l’encontre des homosexuels se heurte à la résistance du courant catholique et évangéliste aux portes du Parlement.

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On y célèbre la vie et un combat pour la tolérance qui va de l’avant. On pourrait se laisser penser que ce genre d’événements est trop ostentatoire, mais que dire alors des manifestions anti-mariages gays à la française, bâillonnant des enfants en criant à tout vent contre un Etat soi-disant fasciste ? À une marche funèbre où bouillonnent les extrêmes, on préfère sans hésiter une bonne fête arc-en-ciel, ne serait-ce que pour la musique.

On n’a pas décapité le gros Capet pour laisser des moyens-gueux incapables de séparer église et Etat dicter les lois ! Les Gay Prides, et plus encore dans des pays comme le Brésil sont des symboles de liberté. Bruyante certes, mais celle-ci ne se bâillonne que dans des pays rétrogrades. Elle chante face à ses opposants que l’incompréhension et l’obscurantisme aveuglent.

Encore aujourd’hui en Russie, tout type de « propagande des relations sexuelles non traditionnelles » devant les mineurs et l’adoption d’enfants par des couples homosexuels étrangers est interdite par la loi. Une intrusion des frigides dans la pénombre de nos ébats qui justifie cette lutte pro-liberté permanente, colorée et pleine de panache.