Dans la nuit de dimanche à lundi s’est déroulée aux Etats-Unis la 72ème cérémonie des Golden Globes. Souvent présentée comme un avant-gout des Oscars, l’évènement a réuni plus d’une centaine de « stars » du grand comme du petit écran. Puisque nous savons bien que vous n’aviez pas que ça à faire d’être devant vos télévisions entre 1h et 5h du matin, voici un petit résumé de l’essentiel du palmarès 2015.

Côté cinéma, c’est le film de Richard Linklater, Boyhood, qui s’est taillé la part du lion en raflant trois récompenses dont celle du meilleur film dramatique. Il est vrai que ce film est un véritable chef d’œuvre. Le seul reproche que l’on peut lui faire est sa durée, il dure en effet presque trois heures. Boyhood, c’est le pari insensé de Richard Linklater. Ce dernier a décidé de tourner son film sur douze années pendant lesquelles il suit l’évolution de son personnage principal, un petit garçon prénommé Mason, et de toute sa famille. L’avantage notoire de ce mode de réalisation c’est que le scénario s’inscrit dans une temporalité qui parait vraisemblable. Les acteurs sont les mêmes mais vieillissent, ce qui apporte une crédibilité assez peu fréquente dans ce genre de films dits « chroniques ». De plus, cela a permis au réalisateur d’insérer des références culturelles au sein de son film. Patricia Arquette, qui joue la mère de Mason dans Boyhood a reçu le Golden Globe de la meilleure actrice dans un second rôle et Richard Linklater celui du meilleur réalisateur. Cela serait, d’après la presse américaine, de très bon augure pour les Oscars. Après tout, Barack Obama a lui-même salué Boyhood en précisant que c’était certainement son film préféré de 2014.

Outre Boyhood, il est intéressant de mentionner le nom d’Eddie Redmayne, qui s’est vu remettre le Golden Globe du meilleur acteur dans un film dramatique pour son interprétation de Stephen Hawking dans The Story of Everything ou encore Birdman qui rafle à la fois le Golden Globes du meilleur scénario et qui permet à Michael Keaton d’obtenir celui du meilleur acteur dans une comédie. Enfin, le film de Wes Anderson, The Grand Budaspest Hotel, s’est distingué en remportant le prix de la meilleure comédie.

Côté série, ce sont essentiellement les nouvelles séries qui ont été plébiscitées par le jury. Il faut bien avouer que la plupart des séries sorties en 2014 sont de qualité, notamment Fargo, qui s’est vu remettre le Golden Globe de la meilleure mini-série. Basée sur le film du même nom des Frères Coen, la série reprend tous les codes de la comédie noire. A la fois malsaine et immorale, elle n’oublie pas néanmoins d’inclure quelques notes d’humour très noir. Un merveilleux cocktail porté par d’excellents acteurs dont Billy Bob Thornton, qui est reparti dimanche soir avec le Golden Globe du meilleur acteur dans une mini-série sous le bras.

Par ailleurs, palmarès est aussi marqué par une montée en puissance de la télévision sur Internet. Les séries produites par les sites de VOD tels que Netflix ou Amazon ont été largement récompensées. Un an après que Robin Wright ait obtenu son Golden Globes pour son rôle dans la série House of Cards, c’est au tour de son partenaire à l’écran, Kevin Spacey, de rafler la mise en remportant le titre de meilleur acteur dans une série dramatique. Enfin, la série produite par Amazon Transparent a reçu le Golden Globe de la meilleure série comique et son comédien principal, Jeffrey Tambor, celui du meilleur acteur dans une série comique.

Les Golden Globes 2015 ont aussi été marqué par le court discours de George Clooney en mémoire des victimes des attentats survenus à Paris la semaine passée. Tout comme Jared Leto, Monsieur « What Else ? » s’est imposé en prononçant le désormais célébrissime « Je suis Charlie ».

Cette année, les Golden Globes ont vraiment été synonymes de qualité. Boyhood, au-delà du parti pris de Richard Linklater, est un film très réussi qui traite de sujet qu’est la famille d’une manière totalement inédite. De plus, les séries primées montrent que la relève est assurée. Innovantes et audacieuses, les quelques séries mentionnées précédemment ont assurément de beaux jours devant elles. En s’éloignant un peu des standards « mainstream », le palmarès 2015 est bien une vraie bouffée d’air frais.