La vie étudiante est dure, harassante et cruelle. On se bat pour pouvoir équilibrer les trois piliers importants de tout jeune bien vivant : les études, le fric, les soirées. Et croyez-moi, c’est pas une partie de plaisir. Mis à part certains fils à papa pleins aux as, et encore, on finit tous par connaître des passages de pure misère digne d’un immigré bosniaque entre deux rares périodes de richesse. Et pour y survivre, il va falloir se montrer plus rusé qu’un renard sous speed, et plus vicieux que Bill Clinton chassant la stagiaire.

Avertissement : certains de ces conseils sont dignes d’un parfait connard. N’oubliez pas de ménager vos amis quand vous leur taxerez du fric.

LES AMIS AVANT TOUT :

Derrière ce titre se cache l’esprit putassier qui fait la réputation des Écossais. Les amis sont des gens précieux, et dont l’aide peut être aussi pratique qu’économique. Vous n’avez plus qu’une tomate et du bacon au frigo ? Avant d’essayer d’élaborer un plat aussi audacieux que misérable, faites-vous inviter à manger chez vos amis. C’est gratuit et c’est meilleur. Que demande le peuple ? Si l’un de vos camarades de beuverie possède un lave-linge, proposez-lui de faire vos lessives ensemble. C’est trois heures au lavotomatic d’économisées, et l’occasion de passer prendre une bière. L’hospitalité, c’est sacré.

SOYEZ À L’AFFÛT DES BONNES OCCASIONS :

Tout au long de l’année, toutes les écoles, IUT, licences de votre ville organiseront des soirées, n’hésitez pas à vous y faire inviter ! Quelques connaissances un peu partout, quelques recherches Facebook, un soupçon de bagou et vous aurez vos entrées. Les shooters sont souvent à 1 euro, c’est le moment d’en profiter, et les rares fois où l’entrée sera payante, ça en vaudra le coup. Plus vous serez connu, en bien j’entends, vomir sur le staff n’aide pas, et plus vous serez invité aux diverses fêtes des promos.

GARDEZ TOUT :

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, disait un illustre inconnu. C’est bien vrai. Gardez tout : le pot du bonsaï qu’on vous a offert fera un superbe cendrier quand celui-ci rendra l’âme, les pots de moutarde font des verres formidables et des tirelires de luxe, la boîte à kebab une jolie coupole à fruits. Et même tout ce qui, à vos yeux, n’a aucune valeur, en aura bien plus au regard du péquenot moyen lors d’un vide-grenier. Ce que vous ne voulez pas garder, vendez-le sur Leboncoin. On peut toujours réutiliser certains objets du quotidien qui en pratique sont à « usage unique ». La bonne blague. Un sachet de thé peut faire 5-6 tasses avant de devenir nocif. Le filtre à café, ça se tente, mais faut pas pousser.

LES BONNES AFFAIRES SONT PARTOUT :

Votre appart’ est minable ? Décorez-le avec toutes les breloques cool et stylées qu’on peut trouver pour un prix dérisoire aux foires aux puces et sur les sites de vente entre particuliers : Leboncoin et eBay sont des mines d’or. Récupérez quelques peluches Angry Birds, des salières/poivrières en forme de pénis et des têtes de biches empaillées. Le mauvais goût cache toujours la misère et donne du cachet à votre grenier de traîne-misère. Quand vous partez faire vos courses, tapez dans le discount et le top budget, les conserves ne sont pas top, mais le kilo de pâtes à 70 centimes chez Inter fait plaisir. Attention tout de même, il est fortement déconseillé d’avaler du dentifrice discount. Paraît que ça ronge l’estomac, c’est marqué sur la boîte. Pour l’alcool, en temps de grosse misère, misez sur les bières de clodo à 37 centimes, prendre une cuite à moins de 3 euros est bon pour votre compte en banque. Prenez des packs de 30 Bières Blondes de Luxe. Réfléchissez à la vodka à 7 euros, cette saloperie peut récurer votre évier, mais aussi vous permettre de manger autre chose que des raviolis jusqu’à la fin du mois, et vous donner l’occasion de noyer votre sentiment de pauvreté dans l’alcool. Pour vos déplacements, un bon vélo sans frein chopé pour quelques pièces jaunes à Emmaüs, c’est des économies à long terme : bon pour votre santé et votre porte-monnaie.

TOUT EST PERMIS TANT QU’ON NE SE FAIT PAS PRENDRE :

Les boîtes de pâté Hénaff n’ont pas d’antivol. Comment je le sais ? J’avais un coloc’ qui partait acheter des pâtes et qui revenait avec une dizaine de conserves. Le manouche en puissance, mais la bonne bouffe gratuite. On ne fait pas la fine bouche. Pour peu que vous soyez malin et observateur, les transports en commun sont gratuits. Les contrôleurs ne s’y pointent que du début du mois jusqu’au 15, ils deviennent rares après. C’est la période pendant laquelle les honnêtes gens oublient de recharger leurs cartes mensuelles. Aux heures de pointe, c’est la fête, trop de monde pour se faire contrôler, et donc trajet gratuit pour nous autres étudiants clandestins. Faites gaffe, ces salauds contrôlent parfois à la sortie aux arrêts de bus. 500 mètres de plus à pied, c’est moins cher qu’une amende. L’astuce cadeau, c’est de prendre un billet, et de ne le composter que si vous voyez les contrôleurs au prochain arrêt. Pratique si vous êtes parano et attentif.

LE TRAVAIL, C’EST LA SANTÉ :

Tout le monde vous le dira, avoir un bon taff, qui vous plaît et qui paye bien, c’est génial pour votre moral, et ça se ressent dans votre comportement envers les autres, dans votre bien-être quotidien, ça fera presque de vous un winner au mental d’acier !

Oubliez toutes ces conneries, vous êtes étudiant, vous allez en baver.

La plupart des jobs sont difficiles, chronophages sur votre temps de révision (la bonne blague) et sur vos passe-temps (ndlr : sortir vous mettre à l’envers). Vos patrons, sauf trop rares exceptions, seront des dictateurs refoulés et conscients que s’ils vous virent, il y aura toujours une nouvelle recrue plus servile avec moins d’amour-propre pour reprendre votre job. Alors bouclez-la, subissez et soyez patient, la paye tombera. N’empêche que pour la plupart d’entre vous qui serez à la fac, ça vous permettra de louper nombre de cours, et parfois même d’exams mineurs. Pour ce que ça vaut.

En résumé : serrez votre ceinture et faites la pute. Ça marche bien.