Le foot est un sport de mécréants. Envahissant, bruyant, puant le fanatisme débile et la médiocrité de leur condition humaine. C’est le retour de la coupe de monde de foot et avec elle de sa horde frémissante de supporters hagards. Ils ont envahi nos bars plus vite que les boschs ont envahi la Belgique. Et ces gueux viennent battre le pavé contre tous ceux qui oseraient tenter de reconquérir les débits de boissons. Traitant à tout va de footix ceux qui oseraient ne pas rentrer dans leurs critères si sélectifs du vrai « passionné de foot ». Je viens vous faire chier avec ma passion pour les lithographies pornographiques ? Alors, au nom de la décence qui vous échappe, foutez-nous la paix !

Mais occuper nos lieux de débauches favoris ne leurs suffit pas. Ils caracolent, klaxonnent au vent dès que leur équipe favorite gagne par le fruit du hasard ou d’un bakchich à l’arbitre.

Nous prévenons nos charmants compatriotes fana de leur équipe black-blanc-FN qui auraient la candeur de poursuivre la lecture de ces lignes, nous n’aborderons ici que des clichés en vue de leur démonter leur race. Entrecoupé de quelques moments de vérités et de témoignages. Faut pas pousser Deschamps dans les orties non plus.

Cette petite précision faite, revenons à nos ballons. Car la seule façon pour survivre au mondial, c’est de s’y préparer, et donc de connaitre l’ennemi.

I Les différents types de suporters :

Le footeux est un spécimen aux multiples facettes. Il représente l’humanité dans toute sa complexité. Les amateurs de baballes sont, tout comme vous et moi des êtres sensibles et parfois prestigieux : Chirac, Mandela, Jean-Marie Le Pen.

Bref : Il en existe plusieurs types.

Prenons Anaïs, (20 ans, Rennes), qui s’est intéressée au foot pendant la coupe du monde en Allemagne de 2006. Pour elle, supporter Rennes semblait aller de soi. « Un samedi de novembre 2006, je suis allée voir mon premier match Rennes-Le Mans au stade de Lorient. Cétait pas leur meilleur match (1-1) mais c’était la première fois que j’étais dans l’ambiance du stade, et franchement ça ma marqué ! Rennes, c’est un bon groupe qui propose un football intéressant et à proximité des joueurs qui nhésitent pas à répondre dans la rue quand tu les reconnais. » Une vision chauvine autant que touchante de son sport.

Certains ne se satisfont pourtant pas de leur équipe locale. C’est le cas de Paol (23 ans, Brest). Lui a sympathisé via un forum avec un groupe d’ultras de St-Etienne, des fanas du ballon vert pour les incultes. Une rencontre qui lui a donné l’opportunité d’aller sur place et de goûter à l’ambiance des verts aux cotés des Magics Fans, et de prendre place dans le stade de Geoffrey-Guichard plus connu sous le surnom du « Chaudron ». « C’est une fois dedans qu’on se rend compte de la ferveur du club, du soutien des supporters qui croient en leur équipe« . Il nous en tirerait presque une larme le salaud. C’est aussi ça le sport, oui car courir après la baballe est un sport homologué. « C’est fédérateur, quel autre sport  peut se vanter de réunir autant de personnes ? C’est comme la bière » . Tout est dit.

Nous n’avons malheureusement pas eu de commentaire des ultras. Ils ont tenté de nous poursuivre avec des fourches et des maillots de sport ces pouilleux. On a pas tout compris, mais demander pourquoi leur équipe était à chier ne semblait pas une manière diplomatique d’entamer la conversation. Ni de critiquer leur sport. Car ces fanatiques pour qui leur sélectionneur est Dieu le père, leur gardien le saint esprit, leur buteur Jésus et l’arbitre cette sale pute de Judas ne vous pardonneront aucun mot déplacé sur leur religion. Susceptible avec ça.

OB foot 1

Les ultras sont friands de fêtes païennes.

Heureusement, nous avons pu nous rattraper avec Dédé du  PMU d’en bas. Pour lui, cette coupe du monde représente de vraies valeurs, humaines, universelles et profondes. Jugez par vous-même : « Ya Pascal qui fait un happy-hour du diable. La pinte à 2 euros que c’est » ! Charmant personnage au demeurant.

II Le vocabulaire footballistique :

Ici, sportif rime avec apéritif. Et on sait tous que les footeux ont un vocabulaire bien à eux :

« Footix » : notion foutoir ou se regroupe pèle-mêle selon lavie de celui qui le prononce les amateurs d’équipe à la mode, ceux ignorant des règles et du jeu, ceux qui s’emballent pour tout et n’importe quoi, mais aussi un supporter occasionnel changeant d’équipe comme de marque de bière, bref : un collabo. Voir même parfois un français. C’est dire si ça craint d’être un footix, car difficile à identifier au vu de la floraison de définitions.

« Mais ya pas faute là !  » : représente le cri du supporter quand son joueur favori, celui auquel il pense chaque fois qu’il monte bobonne, commet un attentat qui devrait le foutre en taule en déboîtant à coup de crampon la mâchoire d’un défenseur, pour ne récolter qu’un banal morceau de papier jaunâtre.

« Hors-jeu putain ! » : Une façon poétique de faire comprendre qu’un attaquant  se trouve plus près de la ligne de but adverse qu’à la fois le ballon et l’avant-dernier défenseur. Un terme incompris depuis des générations par nos camarades du sexe faible. Le mépris des féministes pour le ballon rond est à classer dans l’élégance morale qui les caractérisent.

« Feuille de match » : feuille de bingo.

« On sent que les bleus ont repris des forces pendant la mi-temps et sont prêts à reprendre le contrôle du terrain » : Les putes et la coke dans les vestiaires, je t’avais dit que ça payerait. Sauf contre les teutons. C’est fourbe un teuton. 

III Les avantages de la coupe du monde

Oui, la nuisance sonore bat son plein. Oui des drapeaux étrangers fleurissent nos rues et font triquer les extrémistes. Il n’empêche, tout cet engouement pour le ballon rond est peut être à notre avantage.

Primo, les réducs sur l’alcool sont foison. A l’instar de l’écureuil malin qui remplit sa cachette de noisettes quand la bise fut venue, il est temps de profiter des promotions sur les packs. De quoi se mettre bien au chaud pour l’hiver. Un investissement à long terme et rentable. Que demander de mieux ?

Choper grâce à ces bourrins ? Ouais, c’est tout aussi bien. Car ces gracieux gentlemans ont abandonné leurs poupoules pour leurs écrans et les commentaires avinés de deux tocards. Oui, cela fait de vous un vautour, mais qui ne l’a jamais été ? Alors sortez draguer des minettes désespérées par l’amour inconditionnel de leurs hommes pour d’autres couillus en sueur. Parlez-leur de poésie, de voyage ou d’hygiène corporelle. Bref, de ce quelles n’ont pas avec leurs amants habituels.

Et enfin, le nirvana de la coupe du monde : les soirées entres potes, une petite bière fraîche à la main, à engueuler l’arbitre et les joueurs. Même si on n’aime pas particulièrement ce sport, il s’en dégage  un plaisir partagé entre gens de bonne compagnie. Se réunir tous derrière une même passion. Peut-être que le foot n’est pas si bancal malgré tout. Peut-être quil a ses propres lettres de noblesses en dépit de ses airs primitifs et ses règles absconses. Peut-être même que c’est ce caractère primitif qu’on retrouve dans l’amitié virile, dans ce qui unit les hommes du plus profond de leur bestialité. Peut-être que ce sont des personnes comme Anaïs qui sont dans le vrai quand elles nous expliques que « Le foot, c’est un sport qui unit les gens. C’est fou comme un but peu rendre heureux et même de voir un joueur marquer pour son équipe et pour son public, je trouve que ça fait chaud au cœur » .

Une réponse

  1. Bota

    Fais gaffe aux amalgames mais sinon plutôt cool. Bien résumé.