La Bretagne… Cette oasis d’alcool, de flics bourrés et d’algues vertes. Le paradis sur terre. Terre celte de légende, connue pour ses personnages mythiques, Merlin, Edouard Leclerc, Jean-Marie Lepen… Bref, les idoles des jeunes. Mais toi, pauvre fou, tu as décidé de quitter la Bretagne, de t’exiler en France, parmi ces Juifs, ces Arabes et ces salopards de Parisiens.

Et pour t’aider à t’en sortir, voici un petit article avec quelques conseils pratiques.

Petit rappel pour la route, la Bretagne est réputée pour être une région propice à l’alcoolisation, surtout dès le plus jeune âge. (Merci Captain Obvious me direz-vous, je sais, je m’en cale). Mais notre charmante région détient aussi de très bonnes places dans les statistiques d’accidents de la route dus à l’alcool, dans les suicides et dans le vote socialiste. Y a-t-il un rapport entre les trois ? Probablement. En tout cas, c’est la grande classe, même si les Ardennais sont pas mal bousillés aussi.

Bref, dites à un inconnu en soirée que vous êtes breton, et il vous répondra:

– Donc t’aimes boire toi ? (Et toi dire des conneries, chacun son truc bonhomme)

– Ils ont des chapeaux ronds, vive la Bretagne ! Ils ont des chapeaux ronds… (Frappez cette pelle à merde avant la fin du deuxième couplet. Merci.)

– Moi aussi je suis breton, j’ai une arrière-grand-mère qui a vécu en Bretagne. (Non, toi t’es un sang-de-bourbe, au mieux).

Hé, kenavo mec! (Ce qui signifie au revoir, et pas bonjour. Tocard.)

– Alors les bonnets rouges ? (Et ta mère ?)

Et les pâles imitations de la Blanche Hermine que j’ai entendues ne valent pas celles de Kim, à 2h du mat’, dans son bar.

Et pour le bonheur de vos oreilles.

En vérité je vous le dis, la Bretagne a une réputation mi-sympa, mi-foireuse . Le cliché du breton alcoolique et fier de sa région est tenace. Faut les comprendre, ce n’est pas un cliché.

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Bigre.

Car chaque breton, une fois installé à l’étranger (ndlr: La France) devient en quelques jours le plus gros des chauvins débiles. Se plaignant du beurre doux, du manque d’endurance alcoolique de ses nouveaux congénères, du soleil trop violent sur sa pauvre couenne celtique… Il est bon de rappeler que quand le breton est dans son environnement naturel (ndlr: la Bretagne), il s’en tamponne l’oreille avec sa bière de clodo d’y être. Alors qu’une fois sortie de son habitat, il devient un gros pleurnichard relou. Je le sais, j’en étais un.

Mais trêve de divagations pseudo socio-alcooliques.

Survivre hors de la Bretagne est une obligation si nous voulons rependre nos gènes et aider au développement de l’empire Leclerc.

En premier lieu, organisez-vous une tanière bretonne. A savoir, un bon gros drapeau breton (ou breizh punisher, c’est encore mieux) accroché au mur de votre appart’ (ou squat, ou coloc, qu’importe) qui cogne bien la rétine pour imposer vos origines, que le chaland lambda venu boire une bière sache bien qu’il vient de changer de pays en entrant chez vous. Une playlist de musique en fond sonore rajoute toujours une petite touche bien chauvine, ça fait pas de mal. En voilà une liste non-exhaustive: les ramoneurs de menhir, Manau, la rue Kétanou, Alan Stivell, le Bagad de Lann-Bihoué, Matmatah, Merzhin… Mais oubliez Nolwenn Leroy, tout bon breton bien con sait qu’il est naturel de la détester.

L’étape suivante est d’acheter suffisamment de nourriture bien de chez nous pour tenir un siège, et suffisamment d’alcool pour survivre à un hiver nucléaire. Le beurre salé est difficile à trouver, souvent planqué en fin de rayon, mais il est bien là. De quoi faire des galettes également, avec ou sans saucisses. Quelques fraises de Plougastel pour lutter contre la dysenterie sont aussi de rigueur. Mais le must du must, reste évidemment les conserves de pâté Henaff. Élément classique de l’alimentation du breton. Ce gros pâté dégueulasse en lendemain de soirée est le caviar du bigouden. N’oubliez pas de laisser traîner un billic en évidence dans votre cuisine, c’est toujours la classe. Pour les extrémistes, il existe bel et bien des posters du FLB (Front de Libération de la Bretagne, inculte), ainsi que des couvre-lits aux couleurs de la Bretagne.

Votre petit chez-vous est prêt, passons à la suite. L’environnement étranger dans lequel vous serez plongé aura votre peau si vous n’y prenez pas garde. Et pour y réchapper, il faudra faire preuve de prudence, de tact, de délicatesse. N’hésitez donc pas à bien signaler à toute nouvelle rencontre que vous êtes breton et fier l’être. De critiquer tout ce qui ne se fait pas comme en Bretagne, de montrer à quel point c’est « meilleur chez nous que chez vous-autres bouseux« . Bref, soyez naturel. Et apprenez à courir vite, ces gens-là sont susceptibles en plus d’être moches.

Pour pousser le vice encore plus loin, n’hésitez pas à embarquer votre playlist dans votre 205 Peugeot, et faire péter les basses sur une musique de Fest-Noz à l’ancienne. Et amusez-vous à observer les passants vous jeter des regards plus noirs que Ray Charles.

N’hésitez surtout pas à organiser des soirées crêpe avec vos nouveaux congénères, ceci dans le but de faire partager la culture bretonne dans ce qu’elle a de meilleur : la bonne grosse bouffe bien grasse. Force est d’avouer que la cuisine traditionnelle de notre belle région nous condamne tous à mourir avant 40 ans, nos pauvres artères plus bouchées que les toilettes des Vieilles Charrues. Rappel pour les non bretonnants, la recette du Kouig-aman, sorte de gâteau de l’enfer, c’est du beurre et du sucre. En part égale. Et c’est tout. Mais ça n’égale pas le Kig ha farz, mélange de gras, de viande, de gras, de choux et de soupe à la graisse. Autant vous dire que ça tient chaud l’hiver. Mais les crêpes, quand elles sont bien réalisées (comprendre avec du beurre salé, et pas du doux comme dans les pseudo-crêperies bretonnes que l’on trouve partout en France) réunissent le cœur et les esprits des bienheureux qui y goûtent, vous permettant une intégration facile parmi les indigènes.

En festival, n’oubliez jamais d’emmener votre drapeau breton pour bien l’agiter devant les caméras et faire chier les ploucs du coin. Même au fin fond de la Creuse. Dieu sait s’il y a des festivals là-bas. En plus d’être le drapeau le plus beau du monde, celui-ci réunira autour de vous d’autres expatriés, contents de retrouver des camarades de beuverie. Prévoyez néanmoins des parapluies en cas de lynchage, on ne sait jamais.

En résumé ami breton, impose-toi parmi ces mécréants et fais-leur bien profiter de ta culture. Kenavo !

Une réponse

  1. Blaze

    Partir de Bretagne je l’ai fait une fois pour rejoindre la Picardie Région éminemment sympathique quoi qu’on en dise Ne pas oublier le Chouchenn Arme de Destruction Massive des remparts adverses