En cette douce période de Noël, la neige a recouvert de son doux manteau la France, le pays des libertés où l’antisémite court toujours. Il est venu le temps des rires et des chants, de s’autocongratuler dans la joie en s’offrant des cadeaux et en écoutant les divagations racialo-politiques de tantine Marine.

C’est la joie, c’est la fête, on oublie la guerre boom-boom, les chiens écrasés wouaf-waouf, et l’enculé qui double comme un baltringue par la file de droite. Il est l’heure de passer outre vos petites misères pour se focaliser sur le bonheur de votre prochain. Voici quelques conseils pour bien lui niquer sa mère le rendre heureux.

I Comment bien préparer Noël

L’homme est un grand singe, et quand il se sort les doigts du nez il réussit des trucs fantastiques. Le reste du temps, il se rue vers les galeries Lafayette, plaine du safari urbain pour chasser une poupée vintage dont il offrira le scalp à sa nièce. Elle voulait le dernier Nintendog ? Bien fait pour sa gueule. C’est un sport difficile, nous vous conseillons de vous munir d’une discrète bombe lacrymogène pour gazer vos congénères les plus encombrants. C’est aussi efficace que cocasse.

Les pères Noël de supermarché sortent doucement de leur hibernation pour aller frotter leurs mains baladeuses sur les joues grassouillettes des enfants de cadres. Extrait : « Oui mon chéri, va lui faire un câlin. Mais pas trop fort, il a peut-être des puces ce RMIste. » La magie de Noël on vous dit. Laissez donc une bouteille de Villageoise en pourboire à ce pauvre intermittent du spectacle, il en a bien besoin pour supporter ce qui aurait dû être avorté.

Quant aux cantiques chantés à tue-tête par les haut-parleurs de nos rues, je veux le nom de celui qui a eu cette idée. Je veux son adresse et le numéro de sécurité sociale de ses gosses.  Dans le doute, boutons-y le feu.

Les décorations festives parsemant votre jardin servent à prouver au voisin que oui, il a peut-être une BMW, mais vous vous avez une plus grosse guirlande, et pas mal de fric à claquer pour poutrer Mère Nature et la facture EDF. La COP21 ? C’est plus la saison, profitez-en. Quant aux intérieurs des foyers prolétaires, les bucherons d’un soir s’en vont gaiement assassiner quelques conifères aux ramures innocentes pour le ramener se faire barioler le portrait comme une tapineuse de grand boulevard par ses gosses. L’occasion de se réunir et de regarder sa progéniture s’épanouir autour d’un vieux rituel païen en « plaçant le petit Jésus dans sa crèche », comme dirait cousin Boutin en allant lutiner cousine Christine.

Pourtant il n’y avait pas de sapin à Bethléem, seulement des Arabes et des Juifs. Étrange.

II Le repas de famille 

Participer ou non à la messe de Noël ? Profond dilemme. Si stationner aussi droit et dur qu’un cierge vous fait horreur, pensez à la somme de cadeaux supplémentaires que cet acte de bonté vous fera acquérir. Ce sera aussi l’occasion de lancer des hosties à la face des enfants de chœur, et de faire des commentaires graveleux sur Marie dans le dos du curé.

Le repas de famille est lui un lieu de diplomatie tacite : certaines règles sont à respecter. Si plus de trois idéologies politiques sont attablées autour d’un même festin, c’est le moment de lancer un bon débat pour animer la soirée. Notre sélection spéciale Noël 2016 vous propose : la Syrie, l’islamisme et la Russie. Soyez le plus malin et faites comme la Suisse : récoltez l’or nazi de mère-grand en prenant son parti et cachez-le.

Parlons bien, parlons butin : c’est l’heure des cadeaux ! Ces derniers sont des denrées à calculer. Votre frangin vous a offert un sextoy devant grand-mère l’année dernière ? Vengez-vous en offrant à maman des posters des moments coquins du bro’ avec son petit ami. Rappelez-vous : plus on vous offre quelque chose qui a de la valeur, mieux on le rend. C’est la règle de la balance. Et comme en prison, quand vous le faites mal on vous encule.

III L’après Noël 

Les offrandes ont été déballées, la dinde bouffée, le débat a scindé votre famille en deux clans distincts qui se ne parleront plus pendant trois générations, bref, vous avez passé une délicieuse soirée. Il est maintenant temps de brancher le wifi, lancer Amazon et refourguer ce troisième grille-pain. L’Alzheimer de mamie ne va guère mieux cette année.

Profitez de votre laborieuse connexion au royaume magique du capitalisme pour dresser une liste des salauds qui ne vous ont pas fait de cadeaux. On les tondra à la libération.

Il est maintenant venue l’heure de remballer les restes de la dinde (non, pas cousine Christine), de nettoyer les relents de joie incrustés dans vos tapis et de vous débarrasser de cette saloperie de sapin. Faire disparaître un conifère recèle quelques points de comparaison avec l’art de dissimuler un corps. Si un bain d’acide fluorhydrique n’est pas très pertinent, nous vous conseillons la technique spéciale dite « de l’État d’Urgence ».

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En attendant notre prochain guide « Comment dresser un chaton sans le taser », nous vous souhaitons de joyeuses fêtes et un bilan sanguin au top !

Moran Kerinec

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