Clause de non-responsabilité : si cet article vous donne envie de vous mettre une caisse, Open Bar n’est en rien responsable de vos déboires avec la police. Vous êtes un tocard si vous vous faites choper, on n’a rien à voir avec ça.

On a fait un petit récapitulatif des endroits où on aime à se prendre pour des philosophes et braver la vie à coup de bières tièdes. Et de temps en temps, on se perd dans tous ces méandres alcooliques. Alors on vous a composé un petit guide pour trouver le chemin vers le bonheur.

I La soirée en appart’

Il existe deux sortes de soirées en appartement : la calme et le foireuse.

La première est bonne pour les gentils boy-scouts fatigués de leur semaine de taff. On se pose, partage quelques bières et discute politique, religion et autres sujets trop sérieux quand on veut s’amuser. D’ailleurs, petit aparté pour ceux qui souhaitent toujours pinailler politique en soirée : les mecs, aucun ivrogne ne va me convaincre de quoi que ce soit avec une haleine de Jack Daniel’s. Vous êtes justes des connards incapables de passer une bonne soirée sans vous masturber sur vos idéaux et en répandre partout au passage. Exception faite de la philosophie. On rencontre beaucoup plus de philosophes avec des idées sympas le samedi soir que le lundi matin. Y a-t-il un rapport avec l’alcool ? Assurément.

Mais passons. Après une période rude, ou juste pour se détendre tranquillement en discutant de sujets d’actualités brûlants Hanouna, l’empire russe contre-attaque, tous ça quoi, c’est le pied.  Et quand un compadre et sort une guitare et sait s’en servir, ça devient vraiment bonnard.

La seconde est un joyeux bordel : celle où le DJ fait péter les basses en oubliant que les murs font l’épaisseur d’une capote, que le voisin est un facho et que son fusil ne sert pas qu’à chasser la gallinette cendrée. Parfois, la différence entre la soirée calme et ce merveilleux foutoir ne tient qu’à une overdose de travail, d’alcool et d’envie de décompression. Il suffit qu’un petit polisson éteigne les lumières, lance une bonne zik  et c’est reparti comme en 40.

Les flics vous forceront peut-être à l’exil, mais qu’importe. Vous pourrez toujours aller taper à la porte de votre voisin en lui gueulant que vous « aller chier dans sa boite aux lettres » comme dirait un grand poète. Ou regarder votre pote le faire en se demandant ce que les flics en penseront quand ils découvriront que c’est son appart et qu’il n’a que 16 ans. C’est un moment désagréable certes, mais qui sera charmant à conter à vos petits-enfants. Si vous survivez jusqu’à cet âge avancé.

II La street

Le grand classique : quelques bières de clodos achetées à monop’ en poche, un banc dans un parc, quelques bons potes qui eux non plus n’ont pas les moyens de se la coller au bar, ou au PMU du village. Sauf que ça pèle en hiver, c’est la misère quand il pleut, et ça fait crasseux. Quand on n’a pas les moyens de se payer une mine, on n’en prend pas. On cherche un taff et on ferme sa gueule. Ok, mais ce genre de discours est digne d’un aigri sans vie sociale, qui ne peut connaitre la joie des galères entre potes, à partager quelques 8.6 et autres Rince Cochon au clair de lune. Tiens ? Dis comme ça on ne dirait pas que c’est une réunion de beaufs.

La street forge l’âme du soiffard, c’est grâce à elle qu’il pourra un jour goûter des bières de qualité moyenne et les prendre pour des pintes de bonheur liquide. Sauf si son palais est totalement dévasté. Surtout si son palais est totalement dévasté. Aucun bonhomme qui a bien connus la street ne se laissera démonter par des conditions météorologiques façon Katrina. Ce sont les vrais, ceux qui n’hésiteront jamais à sortir par -10 sous la pluie battante. Des vétérans de la cuite. Des héros modernes diront certains.

III La soirée bar

Le bar est l’environnement du bon vivant. Lieu de rencontre, de convivialité et de fêtes. Véritable refuge pour nos âmes esseulées, c’est ici qu’on vient se repentir de ses péchés. Un confessonial contemporain où partager nos dernières aventures et galères entre gens de bonne compagnie. Comprendre une belle bande de branleurs à la morale soluble dans l’alcool. Tout peut arriver dans un bar, rencontrer l’âme sœur comme tailler une pipe à un marsupilami. True Story bro’. Mais il avait l’air sympa donc ça va. Et il a promis de nous rappeler. Ce n’est pas un de ces salauds sans cœur, lui.

Les bars sont des endroits magiques, où chaque rencontre est marquée du sceau de l’alcool, celui qui rend euphorique et vous donne envie de faire des bisous à des inconnus. De refaire le monde autour d’une sympathique pinte ou d’un demi pèche pour les moins viriles. Bref, le plus bel endroit du monde.

Guide soirées

Les bars : des rencontres, des aventures, du fun. Et des mecs chelous. Surtout des mecs chelous.

IV Le barathon

Défi suprême des fêtards, le barathon est une véritable épreuve qui requière une endurance de rugbymen, le foie de Depardieu et une mentalité en béton russe. Le genre où on coule des opposants politiques. Tout le monde a entendu parler de la rue de la soif, la véritable, l’unique de Rennes : la rue St Michel.  Dix bars. Dix pintes pour les héros. Le barathon est un match qui se joue en équipe. Il nous faut donc une team de winners motivés qui n’abandonneront pas comme des petites pucelles dès le quatrième bar. Le sentiment que l’on ressent, assis sur un banc en regardant le soleil se lever sur la rade de Brest, et sachant qu’on a accompli un exploit est indescriptible. Un mélange de nausée, de fierté et de chauvinisme profond pour l’un des plus beaux endroits au monde. Le summum de la gloire.

Le dernier pub avant la fin du monde est l’exemple le plus épique d’un bon barathon. Douze bars. Douze pintes avec des potes d’enfance. Et des extraterrestres entre l’équipage de tarés et leurs Guinness. C’est mal connaitre les british de penser que ça les fera renoncer.

V La soirée de promo

Les soirées de promo, c’est un sujet vaste. Bien sûr, une soirée d’école d’ingé n’a rien à voir avec une soirée de prépa, qui n’approche même pas des soirées médecines. Mais ces soirées ont toutes des points en commun. Une organisation parfois parfaite, réglée au détail près, et d’autres fois, complètement à l’arrache. Mais si vous en avez déjà organisé une, vous savez que rien ne se passera comme prévu. Jamais. Personne ne prévoit qu’untel débile va ramener dix potes bourrés à fortes carrures qui vont faire chier vos copines, dégommer l’ambiance et vider les fûts. Ou voir l’un de vos potes se balader sur les toits des voitures, le nez poudré en gueulant qu’il encule les paisibles habitants du quartier. Quitte à déraper, autant le faire avec classe.

Certaines petites canailles y voient, et à juste titre, l’occasion de mélanger sa salive avec leurs attirant(e)s camarades de labeurs. « Créer de liens » qu’ils disaient. Mais pas que. Ce qui est bon, c’est que les soirées de promos nous donnerons toujours plus de ragots sur lesquels aiguiser nos langues de putes. Ou pour en être l’objet. Ce qui est ma foi moins plaisant.

Guide soirées Jacques Chirac

Bal de promo à l’Elysée. Grosse grosse ambiance.

VI Les soirées à la campagne 

C’est l’été, la grand-mère de Lise est en HP et lui a laissé sa vieille ferme pour passer des vacances au vert. La bonne blague. La vérité, c’est un trou paumé au milieu des champs, sans un seul voisin pour vous faire la morale et se plaindre à des kilomètres, avec suffisamment de places pour faire dormir un bataillon de fêtards. Entre les tentes, la grange et le tas de fumier, chacun saura reconnaitre l’emplacement où s’effondrer sous le coup d’un trop-plein de ce lubrifiant social qu’on nomme tequila.

La campagne est un endroit merveilleux. Sauf quand on se fait courser par des fermiers parce qu’on voulait s’amuser avec les vaches. Et je ne parle pas de leurs femmes. Qui plus est, sauter et copuler dans les bottes de foin est une expérience incomparable. Bien que ça gratte sévère.