On est déjà en août, tu n’as toujours rien prévu pour le reste de tes vacances et t’as mis des sous de côté envie de partir coûte que coûte histoire de ne pas avoir joué à Pokémon Go pendant tout ton temps libre ? Pas de panique, j’ai un conseil voyage pour toi.

Pour changer des habituels Barcelone, Londres ou Marrakech qui pullulent sur les Instagram de tes potes à l’arrivée des beaux jours, je te propose une ville qui ne vient pas forcément à l’esprit quand on essaie d’organiser son été : Prague. Capitale de la République tchèque – et non de la Tchécoslovaquie, si si il y a encore des gens qui vivent au siècle dernier – cette ville d’un peu plus d’un million d’habitants se distingue par son architecture et son patrimoine culturel très riche. Je l’aime beaucoup pour son paysage urbain, mais aussi parce que la bière (de la Pilsner Urquell, what else) coûte que dalle.

D’une manière générale, la vie est peu onéreuse dans la capitale, qu’il s’agisse de nourriture, de transport ou d’hôtel. Prague est à quelques heures voire minutes (suivant comment on est tourné, ça change tout) de la France en avion, pour des prix plutôt raisonnables avec Volotea (entre 35€ et 100€ le billet aller). Vous pouvez aussi opter pour le bus, légèrement plus long (une vingtaine d’heures de trajet) avec Eurolines. Mais souvent, les prix sont plus cassés que l’avion pour un trajet à la même période. Vous pourrez trouver plusieurs auberges de jeunesse à bas prix, comme Strahov ou Seven.

Que voir à Prague, « la ville aux 100 clochers » ?

Le quartier Stare Mesto, cœur de la vieille ville

Le quartier Stare Mesto est l’un des quartiers les plus caractéristiques de la capitale, puisque beaucoup de styles architecturaux de toute l’Europe y sont présents. The place to go étant la place de la Vieille Ville (Staroměstské náměsti), où l’on retrouve la tour de l’hôtel de ville. Il vous faudra y monter pour obtenir un superbe point de vue sur la ville. Là, vous pourrez admirer l’église de Notre-Dame du Týn qui domine la place, et l’horloge astronomique médiévale devant laquelle, à chaque heure, des dizaines de touristes se pressent pour la voir s’animer. Le musée Mucha (on dit « Mourha ») au palais Kaunic est aussi un must-see de ce quartier.

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L’horloge astronomique. La légende raconte qu’on aurait crevé les yeux de son horloger Hanus en 1490 pour qu’il ne puisse reproduire son œuvre ailleurs. Comme si s’appeler Hanus ne suffisait pas.

Où y manger ?

À l’arrêt de métro Staroměstská, au Restaurant U Knihovny ou au restaurant U Pinkasu, accessible par le métro ligne verte B, station Můstek. À éviter : les restaurants autour de la place de la Vieille Ville qui pratiquent des prix à touristes. À une centaine de mètres, on trouve des prix bien plus raisonnables !

Que manger ?

Du segedin goulash (segedinský guláš), un plat à base de viande de porc accompagné d’une sorte de choucroute et de knedlicky, des boules de pâte de levure. C’est étouffe-chrétien, c’est calorique, c’est bon.

Pour les végétariens, le Smažený sýr, un plat à base de fromage frit (une tranche d’edam, le plus souvent) accompagné de pommes de terre ou de salade. C’est gras, c’est salé, c’est bon.

Pour les vegans, choisissez une autre destination. Navrée.

Le quartier Josefov, l’ancien ghetto juif

Le quartier Josefov, l’ancien ghetto juif de la ville. J’y ai croisé un violoniste qui interprétait La liste de Schindler, et je déconne pas. Le musée juif de Prague est principalement constitué des synagogues : la Vieille-Nouvelle, la Haute, la Pinkas, la Klaus, l’Espagnole, la Maisel, mais aussi le cimetière juif. Y est proposée une visite générale en deux heures pour 9€.

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Le cimetière compterait à peu près 12 000 tombes qui se superposent depuis des siècles.

Où y manger ?

À la petite pizzeria Modra Zahrada (Narodni 37, Prague 1), qui offre de bonnes pizzas peu onéreuses – environ 4€ la pizza (soit environ 100 couronnes tchèques). Autre restaurant sympa : le U Parlamentu, auquel vous accédez par la ligne A du métro, station Staroměstská ou par les trams 17 ou 18, arrêt Staroměstská.

Le quartier Nove Mesto, la nouvelle ville

Le quartier Nove Mesto, construit selon la légende par Charles IV du Saint-Empire du Typhon, roi des Andals après qu’un astrologue lui ait annoncé que certains quartiers de la ville seraient inondés ou en proie aux flammes. Sauf qu’on la fait pas à Charles, qui, plutôt que de fuir pour sa vie, décide de construire une nouvelle ville.

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YOLO

Vous pourrez y visiter le musée du communisme dans la rue Na Prikope. Ça ressemble un peu à un vide-grenier, mais ça c’est le charme soviétique. Vous pourrez aussi faire un tour au musée Dvořák (à prononcer « Dvorjak »), qui expose des photographies, extraits de journaux, objets personnels et instruments ayant appartenu au grand compositeur. Dans la rue Narodni, vous trouverez un dédale de sculptures modernes, dont Superman s’écrasant sur le sol. Il y a un théâtre national au bout de cette même rue. En sortant de la rue Narodni direction Mala Strana, si vous tournez à gauche, vous tomberez sur le quai Masarykovo et son alignement de somptueux immeubles néo-baroques. Sur ce quai se trouve l’immeuble « dansant » Ginger et Fred à l’architecture très originale.

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Surnommé Tančící dům, « la maison qui danse ».

Où y manger ?

Au Restaurace 22, une salle en cave voûtée où l’on sert du très bon goulash, ou au Be Bop Lobby Bar, un bar à cocktails.

Le Quartier Mala Strana

Baroque à souhait et très inspiré par l’architecture italienne, c’est l’un des quartiers les plus connus de la ville. Il doit notamment sa notoriété à la présence du pont Charles qui fait la liaison avec la Vieille Ville. L’église Saint-Nicolas se trouve sur la place Malostranske Namesti, au bout de la rue Mostecka. L’entrée de l’église est payante mais l’intérieur est splendide et vaut vraiment le détour. Mozart a même joué sur l’orgue : je pose ça là.

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Le pont Charles : plus de 500 mètres de musiciens, peintres et autres joyeusetés.

Où sortir ?

À Certovka (U luzickeho seminare 22, Prague 1), une brasserie donnant sur la Valta avec un magnifique point de vue. On y rentre après avoir emprunté un escalier étroit avec un feu rouge. Allez-y seulement boire un verre pour le panorama car la nourriture est chère et pas dingue. Sinon, la brasserie Malostranská Beseda (Malostranské náměstí 21), à laquelle on accède par le tramway lignes 12, 20, 22, arrêt Malostranské Náměstí ou métro ligne verte A, station Malostranská.

Le Quartier Hradčany

Situé sur une colline de Prague, il a inspiré Apollinaire pour son poème Zone (Alcools, 1913), dans lequel est inscrit : « Tu ressembles au Lazare affolé par le jour/Les aiguilles de l’horloge du quartier juif vont à rebours/Et tu recules aussi dans ta vie lentement/En montant au Hradchin et le soir en écoutant/Dans les tavernes chanter des chansons tchèques ».

Vous pourrez y visiter le château Royal, qui accueille le Musée du jouet et auquel on accède par la place du château. Plusieurs circuits sont en vente : je vous conseille le B à 6,60€ qui donne accès à la cathédrale Saint-Guy, à l’ancien palais royal, à la tour Daliborka et à la ruelle d’Or. Dans cette ruelle se situe la maison dans laquelle Franz Kafka a écrit Un médecin de campagne (1916). C’est aujourd’hui une librairie qui vend majoritairement son œuvre. À voir à la cathédrale Saint-Guy : la nef et les nombreuses chapelles comme Saint-Venceslas ou Sainte-Croix, le tombeau de Saint-Jean-Nepomucène, le mausolée royal…  Je vous suggère de monter au sommet du clocher de la cathédrale, à condition de bien vouloir vous taper les escaliers en colimaçon de 287 marches, mais au prix d’une magnifique vue panoramique sur la ville.

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La Zlatá ulička, la ruelle d’or où vous pourrez trouver souvenirs, œuvres d’art, aromathérapie…

Où sortir ?

Au U Černého Vola, un restaurant très typique, accessible par le tramway ligne 22, arrêt Pohořelec.

Le quartier Vysehrad – putain le mec en charge des noms est alcoolique

Dans le quartier Vysehrad se situe un immense cimetière en haut d’une colline où sont enterrées de grandes personnalités comme Smetana, Mucha, Dvořák… Les tombes sont généralement très décorées et colorées, et donnent un cachet très particulier à cet endroit. C’est aussi un énième panorama sur la ville qui mérite qu’on s’y attarde un peu.

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La tombe de Dvořák, une des plus célèbres du cimetière.

Ce guide étant parfaitement subjectif, n’hésitez pas à commenter si vous avez des conseils ou des informations utiles à partager !

Št’astnou cestu !