À l’heure où vous procrastinez sur ce site, les Hongkongais sont eux descendus dans la rue en ce 1er octobre, jour de la fête nationale chinoise. Résumé de la situation en quatre questions sur cette manifestation à l’asiatique.

Qu’est-ce qui se passe ?

« La révolution des parapluies » comme on l’appelle désormais a débuté depuis une semaine. Chaque jour des milliers de manifestants convergent vers les places de Central et Admirality, les poumons financiers de la ville situés à deux pas du siège du gouvernement. Pour rappel, Hong-Kong jouit d’une autonomie particulière par rapport aux autres régions, même si sa politique est fortement dictée par Pékin.

Leur symbole ? Un parapluie qui, retourné à l’envers, sers de protection contre les gaz aux poivres et aux lacrymogènes. Ces joyeux lurons sont descendus dans la rue pour se revolter contre la décision de la Chine, annoncée fin août, d’accorder le suffrage universel pour l’élection du chef de l’exécutif en 2017 tout en gardant le contrôle des candidatures. Une chose promise  lors de la rétrocession de la Chine à l’ancienne colonie britannique en 1997. Mais accorder le droit de vote à des candidats prédestinés ne servirait qu’à des élections fantoches, et les hongkongais ne sont pas dupes. Même la Russie communiste ne prenait pas autant ses camarades pour des cons. Avec les goulags, c’était simple et festif.

On a pas la démocratie mais on a des iphones !

On a pas la démocratie mais on a l’Iphone 6, bande de gueux.

Les manifestants pro-démocratie ont donc juré d’occuper le cœur de la ville tant qu’ils n’auront pas obtenus les réformes politiques promises il y a maintenant 17 ans. L’opium rend le concept du temps très vagues chez nos amis d’Asie. Ils appellent aussi à la démission de Leung Chun-ying, promettant une accalmie de la manifestion si cette condition est remplie. Là encore, l’Etat chinois a fait savoir son mécontentement avec pudeur.

Qui en sont les acteurs ?

Représentant les intérêts du gouvernement chinois, Leung Chun-ying est le chef de l’exécutif hongkongais. Marionnette de Pékin pour certains, il a appelé Occupy Central, la principale organisation prodémocratie, à mettre fin sans délai au mouvement et permettre à la ville de retrouver un fonctionnement normal.

Qualifiés par la presse officielle chinoise d' »extrémistes politiques », étudiants et lycéens forment l’avant garde de la campagne de désobéissance civile lancée pour dénoncer ce que les habitants locaux perçoivent comme une mainmise grandissante de Pékin sur les affaires locales.

Ces derniers sont menés Joshua Wong, lycéen de 17 ans arrêté vendredi dernier par les autorités chinoises, puis relâché. Ce salaud au discours modéré et pacifiste avait osé franchir des barricades. Le petit chenapan est à la tête de Scholarism, une organisation étudiante universitaire créer par ses soins et portant sur les problèmes politiques et sociaux du pays.

Hong-Kong leader Joshua Wong

17 piges et faisant front au gouvernement chinois. Il a des couilles le gamin.

La communauté internationale a évidemment condamné la prise de position de Pékin. Ce à quoi ces derniers ont rétorqué que « Les affaires de Hong Kong relèvent des affaires intérieures chinoises. Nous invitons instamment les parties extérieures à la retenue et à ne pas s’ingérer de quelque façon que ce soit« . En clair : Allez vous faire épilez au chalumeau, l’Asie c’est notre territoire mes cocos.

Quel impact peut avoir cette manifestation ?

Pas grand chose pour le moment. Rappelons-nous la place Tian’anmen où l’armée chinoise avait envoyé ses chars rouler sur les étudiants et les ouvriers. On la leur fait pas à l’envers aux citrons, et ce n’est pas avec le gouvernement en place que les choses vont bouger. Néanmoins, en ce jour de la fête nationale chinoise, les manifestants ont promis de venir en masse, symbole ultime de rébellion face au pouvoir. La communauté internationale est, elle, pieds et poings liés. Hong-Kong relevant de la juridiction de la Chine, nul n’osera aller plus loin que de faire savoir son opposition.

Du coté des indignés nul ne cédera avant de faire plier Pékin,  ce qui parait fort compromis. La seule possibilité face à l’enlisement serait soit l’ouverture de négociation entre les deux parties, soit le renvoi de Leung Chun-ying afin de calmer les protestataires.

Mais ça c’est la version optimiste, car en ce moment même, le gouvernement citronné paralyse les réseaux sociaux afin de maintenir un voile de censure sur la réalité des événements. Instagram vient de rejoindre le cercle des réseaux sociaux bannis par le pays : Facebook, Twitter et Youtube. Une fois les moyens de communications sabordés, ils n’est pas à exclure une intervention plus musclée des forces de l’ordre pour réprimer toutes velléités de rebellion.

hong-kong Mac-gyver

Mac Gyver ? Un minable.

Une manifestation à part ?

En opposition avec nos propres manifestations occidentales, que ce soit celles parisiennes lors du conflit Israélo-palestinien ou les émeutes de Fergusson aux Etats-Unis, on peut définitivement qualifier « la révolution des parapluie » de civique : très peu de cas de violence envers les forces policières ont été signalées, le pacifisme est le mot d’ordre général. Mieux encore, nul dégradation de la propriété publique au programme, ni aucune voiture brulé. Au contraire, les protestataires vont jusqu’à organiser l’évacuation des déchets de la manifestation et faire venir des ravitaillements réguliers en eau afin de soutenir le mouvement. Un programme efficace, les français devrait peut-être penser à délocaliser, en plus de leurs emplois, leurs grèves en Chine.

Hong-Kong écolo

Ils sont propres, polis et courtois, autant de raisons d’adopter un petit chinois.