Netflix… Ah Netflix ! Ce système merveilleux de vidéo à la demande, et qui, Hallelujah mes frères et mes sœurs, ne devrait plus tarder à débarquer en France. Finies les interminables soirées zapping entre les films de secondes zones, les émissions développant un fort sentiment anxiogène et les séries aux doublages douteux.

L’idée de génie de la boîte américaine Netflix, c’est d’avoir décidé de produire des séries… Mais des séries de qualité, il faut bien le souligner : Orange Is The New Black, Hemlock Grove, Lilyhammer… Et surtout House of Card.

House of Cards est une série très intéressante, nous offrant un point de vue totalement inédit sur la politique américaine. On entre intégralement dans l’organisation des institutions d’outre-Atlantique et les manigances des politiciens.

Un petit synopsis pour vous mettre l’eau à la bouche :
Kevin Spacey joue un politicien ambitieux et manipulateur du nom de Francis (dit Franck) Underwood, une figure importante chez les Démocrates. Il soutient Garrett Walker (Michel Gill), candidat démocrate à la présidence. Ce dernier lui promet le poste de secrétaire d’état pendant la campagne, le candidat démocrate est élu, mais quelques jours avant l’investiture de Garrett Walker, Francis apprend qu’il n’obtiendra jamais ce poste, le nouveau président élu ayant changé d’avis (ou plutôt de la lui faire à l’envers). Blessé dans son ego, trahi par l’homme en qui il avait confiance, Francis Underwood monte alors un plan très structuré pour parvenir à ses fins. Il est prêt à tout pour obtenir ce qu’il souhaite. Il est aidé par sa femme, Claire Underwood (Robin Wright), qui elle, dirige une organisation humanitaire du nom de Clean Water Initiative. Claire est une femme brillante, qui sait y faire avec tout le monde pour tirer son épingle du jeu dans les coulisses du pouvoir. Le genre de personne à ne pas froisser. Je pense qu’elle est encore plus dangereuse que son mari. Ensemble, ils sont invincibles. On adore les détester, car au fond, même s’ils sont tout sauf appréciables, on ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine sympathie pour eux. Suivent alors des personnages plus ou moins essentiels aux yeux de Francis, qui gravitent comme des électrons autour du noyau central qu’est le couple Underwood : d’autres politiciens comme Peter Russo (Corey Stoll), alcoolique, drogué et sex-addict, membre du Congrès représentant la Pennsylvanie ; Remy Danton (Mahershala Ali), lobbyiste pour une compagnie de gaz appelée SanCorp ou encore Zoe Barnes (Kate Mara), qui symbolise l’importance du journalisme dans ce monde où tous n’est qu’informations et services rendus. Elle prouve bien qu’il faut être prêt à tout pour obtenir un bon scoop, aussi bien intellectuellement… que physiquement ! Et elle y met du sien la petite !

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Le pouvoir du décolleté plongeant…. Qui a dit « bitch » ?!

Je pense que vous voyez le tableau, et je n’ai pas l’intention de vous spoiler cette série, qui est véritablement, LA série à voir actuellement (si vous ne l’avez pas déjà vue).

L’interprétation faite par Kevin Spacey de ce politicien est absolument parfaite. Il n’y a vraiment rien à y redire. Le ton est juste, sa façon d’agir, de se mouvoir, d’observer, les expressions de son visage, tout pourrait laisser croire que ce que l’on regarde, c’est exactement ce qui se passe dans les coulisses, enfin les bureaux de la Maison Blanche ou des autres institutions américaines. Tout paraît véridique. Kevin Spacey rend l’existence de Francis Underwood possible et plausible, comme si House of Cards était en réalité un biopic.
Quant à Robin Wright, elle donne au personnage de Claire Underwood un côté délicat, sensible et féminin, qui tranche avec l’univers politique qui semble être composé uniquement d’hommes (pour les plus hautes sphères de l’État). Elle a un jeu à la fois distant, mais aussi très proche du téléspectateur. Elle a su gérer un personnage compliqué à la perfection et rayonne dans ce rôle.
Ces deux acteurs rendent un simple regard plus important que les mots et suggère des choses bien plus essentielles qu’elles n’y paraissent. C’est ce qui fait la qualité exceptionnelle de ces deux interprètes.
Je ne pense pas qu’il est nécessaire de développer sur les autres acteurs. Ils sont tous très bons dans leurs rôles, mais ils sont égaux, aucun ne l’emporte sur un autre. Ils sont presque étouffés par le rayonnement de Kevin Spacey.

HOUSE OF CARDS

We are the best.

Cette série est un modèle en matière de réalisation et de scénario, un cas d’école. Le scénario est complexe et c’est cette complexité qui rend la série encore plus intéressante et prenante, alors qu’elle pourrait rapidement lasser les spectateurs. Ne la regardez pas bourrés, fatigués et/ou endormis. Il faut être en pleine possession de ses moyens pour comprendre toutes les subtilités des dialogues et saisir la multitude des personnages ainsi que les relations qui existent entre eux.

Personnellement, j’ai eu du mal à accrocher, mais j’ai tout de même tenu… Jusqu’à tomber sous le charme de Francis Underwood. Il est si ambitieux, il détient le pouvoir…. Hum, pardon, je m’égare. C’est, en réalité, la tentation de savoir si tous les plans qu’avaient mis en place Franck allaient fonctionner… Ou si tout allait s’écrouler, révélant au grand jour ses actions et ses méfaits.

L’atout non négligeable de cette série : en plus du point de vue omniscient qui fait que nous savons tout, même ce qui est fait derrière le dos du héros, les réalisateurs ont fait un choix très original et que je salue vivement. En effet, à plusieurs reprises, Francis Underwood s’adresse directement à nous, brisant ainsi le troisième mur. Il fixe la caméra et débite un monologue pour nous expliquer comment il compte s’y prendre pour arriver à ses fins. Ces apartés sont uniquement destinées aux téléspectateurs et les autres personnages présents dans la pièce ne les entendent pas, comme dans une pièce de théâtre. Ainsi, nous entrons à chaque fois un peu plus dans l’esprit de Francis Underwood.

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I’m talking to you.

Bien entendu, certaines personnes diront que le principal problème de la série est qu’on se doute de la fin dès qu’on a saisi le système de la série. Je répondrais à ce scepticisme en disant que l’essentiel sont les péripéties que vivent le couple Underwood et les autres personnages au cours d’une saison et non le résultat final. Mais surtout que c’est le réalisme et l’esthétique de la série qui vaut le coup de la regarder.

Je ne peux que vous inciter à regarder House Of Cards et surtout à vous accrocher à vos cravates et à vos badges de démocrates si jamais vous voulez abandonner au 1er tour… pardon, au 1er épisode. Ayez confiance en Francis, comme les autres personnages ont confiance en lui et vous verrez que vous aurez fini les deux saisons disponibles en moins de temps qu’il ne vous aura fallu pour lire cet article.

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