Interstellar était certainement l’un des films les plus attendus en cette fin d’année 2014. Réalisé par Christopher Nolan, papa de la trilogie Batman ou encore d’Inception, Interstellar revisite à sa sauce 2001, l’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick. La force du film tient en quatre points : le casting, le scénario, la réalisation et la musique.

A la fois scénariste et réalisateur, Christopher Nolan offre avec ce film un tour de force. Il a d’ailleurs co-écrit le scénario avec son frère, Jonathan Nolan. La plupart des spectateurs et des critiques crient au génie et au chef d’œuvre alors que le film n’a pas la prétention de l’être. C’est l’ambiguïté du film (un trait propre à de très nombreux films de Nolan) qui le rend particulièrement intéressant. Le spectateur est poussé dans ses retranchements afin de tenter de comprendre l’histoire. Au-delà du scénario complexe et un peu tiré par les cheveux, Interstellar offre aussi une qualité de réalisation efficace et divertissante.

De plus, le casting fait rêver. Le rôle principal est tenu par le désormais incontournable Matthew McConaughey (Rust Cohle dans True Detective) qui incarne Joseph Cooper. On retrouve également au casting Anne Hathaway (Andrea Sachs dans Le diable s’habille en Prada) et Michael Caine (Alfred Pennyworth dans la trilogie Batman), respectivement Amelia et John Brand. Enfin, malgré un rôle très secondaire, il est légitime de mentionner Matt Damon (Linus Caldwell dans Ocean’s Eleven) qui campe le personnage du Dr Mann.

Enfin, la musique a été composée par Hans Zimmer qui est l’un des meilleurs compositeurs de musique de film. On lui doit notamment les bandes-son des quatre Pirates des Caraïbes, des deux Sherlock Holmes ou encore d’Inception. A l’image de Steven Spielberg et de John Williams ou de Robert Zemeckis et d’Alan Silvestri, Christopher Nolan et Hans Zimmer est l’un des couples mythiques réalisateur/compositeur qui compte à son actif cinq collaborations.

Résumer Interstellar sans spoilers n’est pas chose facile : le résumé Wikipedia tient sur trois pages… Déjà, il faut savoir qu’on se fait spoiler la fin du film dès les premières minutes. En effet, le film s’ouvre sur des témoignages de personnes âgées qui racontent « comment c’était avant ». Bon, clairement, on sait que les Hommes vont survivre, d’une façon ou d’une autre. Mais passons et concentrons-nous sur le fait qu’on s’est quand même fait racketter 10 € pour aller voir ce film.

L’histoire se passe dans un futur proche. Joseph Cooper est un ancien pilote/ingénieur/astronaute/cumulard qui s’est reconverti dans l’agriculture après un accident à bord de son avion de chasse. On peut dire que Joseph Cooper est un homme plein de bon sens et la caricature du bon père de famille aimant. Il a deux enfants, mais son fils n’est vraiment pas essentiel car toute l’histoire tourne surtout autour de sa gamine de 10 ans, Murphy, qui est persuadée qu’il y a un fantôme dans sa chambre. De base, elle est dérangée la mioche ! Et pour être franc, on n’est pas très loin du complexe d’Œdipe quand on voit à quel point leur relation est fusionnelle. En même temps, comme dans 80% des films, les enfants ont perdus leurs mères. De quoi rajouter un peu plus tragique dans un contexte déjà assez pessimiste. Car les américains (encore eux) n’envoient pas des gens dans l’espace pour le plaisir : la Terre se meure et une famine pointe à l’horizon. Les Humains sont en danger et l’Oncle Sam fait tout pour trouver une nouvelle Terre d’accueil où l’espèce pourra s’implanter et prospérer. Par un concours de circonstances, le Cdt Cooper a pour mission de piloter l’Endurance et de retrouver les astronautes de la mission Lazare, une série de capsules habitées déjà envoyées à travers un trou de ver pour étudier une douzaine de planètes potentiellement colonisables. Car évidemment, les planètes où les hommes pourront vivre ne se situe pas dans le Système Solaire, ça serait beaucoup trop facile. Il faut passer par un trou de ver situé près de Saturne. Et c’est là que tout commence à partir en sucette et à se complexifier… Après que sa gamine ait pété un câble car son père part dans l’espace, Cooper s’envole en compagnie d’Amélia Brand et de deux autres types, Romilly et Doyle, qui sont d’une importance capitale car ils meurent.

Le problème principal que pose Interstellar  est celui du temps qui passe. En effet, rien que pour rejoindre le trou de vers près de Saturne, il faut deux ans… et rien ne s’arrange lorsque l’on apprend qu’une heure passée sur « Miller » (la première planète que Brand, Cooper et Doyle visitent) représente sept ans sur Terre. Du coup quand Brand et Cooper (oui, seulement eux deux) reviennent dans l’Endurance après trois heures d’exploration, ils apprennent que Romilly les a attendus pendant 23 ans… 23 ans pendant lesquels la situation sur Terre ne s’est pas améliorée et où Cooper n’a pas donné de nouvelles à ses enfants qui sont tous les deux devenus adultes. Et la mort de Doyle sur « Miller » est à peine évoquée, comme happée dans un trou noir scénaristique. Après la séquence bien larmoyante avec les messages vidéo des gamins de Cooper, l’Endurance part vers une seconde planète appelée « Mann » et rencontrent le Dr Mann.

Bon, on va s’arrêter là dans le résumé car le reste, il faut le voir de ces propres yeux pour tout comprendre. Ainsi, si à chacune des phrases de ce résumé vous vous êtes dit : « DAFUQ ?! Christopher, are you fucking kidding us ?!» c’est tout à fait normal. C’est à se demander comment les frères Nolan ont réussi à tout caser dans leur scénario. En effet, à la toute fin du film, on sent le « Eh bro, comment on fait revenir Cooper sur Terre afin qu’il puisse sauver l’Humanité et retrouver sa fille ? ». Ce qui fait que l’happy ending est carrément surréaliste.

En outre, comme dans tous les films américains, on voit les clichés venir à trois kilomètres. Par exemple, dès qu’Amélia Brand apparait à l’écran et qu’elle croise le regard de Joseph Cooper, on sait qu’il va y avoir une love story entre ces deux-là. Ou encore, l’afro américain qui meurt. Enfin, il y a un truc particulièrement ridicule dans ce film : le robot qui les accompagne partout. Il a un nom, il s’appelle TARS et même R2D2 et C-3PO (Star Wars) sont plus stylés et utiles que lui. On pourrait croire que TARS est sorti de Minecraft si on s’en tenait uniquement à son allure… La première fois qu’il apparait à l’écran et qu’il montre de quoi il est capable se solde soit par un fou rire soit par un regard perplexe à son voisin. Et le pire, c’est que ça se multiplient ces bêtes-là, puisqu’au fil du film nous faisons la connaissance de CAGE et de FUCK (oui oui, FUCK), les frangins de TARS. Mais évidemment, il ne faut pas s’en tenir à ce genre de détail.

A la limite du pamphlet écologiste, Interstellar est un film totalement mind fuck. Il est clair que c’est un très bon divertissement, comme la plupart des Blockbusters produits par Christopher Nolan, mais à l’image d’Inception, il faut aller voir Interstellar l’esprit reposé car c’est encore un film à la fois visionnaire et cérébral. Malgré quelques longueurs, le réalisateur réussi à créer un rythme maintenant l’attention du spectateur. Interstellar est donc bien l’un des films phares de cette fin d’année 2014.