Cet automne, Daniel Craig enfile pour la quatrième fois le costume du plus célèbre des agents secrets dans Spectre, de nouveau dirigé par Sam Mendes. Après le succès du précédent volet Skyfall, sorti en 2012, où 007 était confronté à la mort de M (Judi Dench), Sam Mendes propose un James Bond efficace mais inégal.

Depuis quelques semaines, les critiques de Spectre pullulent sur Internet. On le dit « rouillé », « inventif », « flamboyant » ou encore « décevant ». Autant dire que, cette fois-ci, il est bien compliqué de s’y fier. Une phrase peut pourtant résumer l’ensemble du film : une excellente réalisation et un scénario brillant au service du plus grand agent secret britannique.

Une ambiance festive s’est emparée de Mexico pour la journée del Día de Muertos. Tous portent des masques, aucun visage ne se distingue des autres. Pourtant, un homme se dégage de cette foule : James Bond la fend avec à son bras une sublime jeune créature. Au lieu de la faire grimper aux rideaux de leur chambre d’hôtel, le petit coquinou laisse son plan cul et préfère s’offrir un petit jogging en costard cravate sur les toits de la capitale… Balade qui se conclue par la destruction de la moitié du quartier et des cascades d’hélicoptères qui frôlent la foule amassée pour la fête. Comme à son habitude, James s’en sort indemne et ramène au pays de la Queen Elizabeth une bague. Malheureusement, sur son temps libre, 007 n’a pas le droit de créer des incidents diplomatiques et dès son retour, M (Ralph Finnes) lui retire ses fonctions. Il faut dire que l’ami a d’autres chats à fouetter dont C (Andrew Scott) qui veut que les services secrets de sa majesté se renouvellent un peu en s’unifiant à huit autres pays en créant le programme de renseignement « Les Neufs Sentinelles »… Et accessoirement abandonner définitivement la section « double-zéro ». Qu’à cela ne tienne, James n’en fait qu’à sa tête et suit sa piste avec sa petite équipe : Moneypenny (Naomie Harris) et Q (Ben Whishaw).

Sur fond de surveillance internationale par vidéosurveillance et micro puces dans le sang, Sam Mendes propose un James Bond ancré dans son époque et en lien avec les préoccupations actuelles des spectateurs.

Un casting en demi-teinte

Il y a un an, les médias du monde entier couvraient la conférence de presse où étaient révélés les noms des futurs acolytes de Daniel Craig pour ce film tant attendu. Cependant, les spectateurs restent dubitatifs devant ce nouvel opus de James Bond. C’est le casting qui met à mal le film et en particulier ses actrices. 
Monica Bellucci, qui succombe en moins de trente secondes aux charmes de James alors qu’elle incarne une veuve qui vient de perdre son mari. Et c’est tout. Elle ne sert à rien d’autre. Après tout, quoi de mieux qu’une bonne partie de jambes en l’air pour se remettre du décès d’un être cher ?

Et que dire de Léa Seydoux ? La belle Française a ses adorateurs et ses détracteurs. Ainsi, face à Daniel Craig, elle ne fait pas le poids malgré les tentatives désespérées du scénario et de la réalisation de donner de la consistance à son personnage. Présentée comme une femme inaccessible, elle tombe pathétiquement dans les bras du bel agent secret (encore), réduisant à néant tout l’intérêt de son personnage.

Heureusement que Christoph Waltz est là pour sauver le bébé. Il incarne à la perfection le méchant classique. La mise en scène de son personnage est plus que réussie. Alors que Skyfall introduisait la nouvelle Moneypenny et le nouveau Q, Spectre donne de la consistance à ces deux personnages clés de la « bande à James ». Q prend même du poil de la bête, ce qui n’est pas sans déplaire au public féminin. Les fans de Sherlock reconnaîtront assurément Andrew Scott (Moriarty) qui interprète l’agent de l’Intelligence Service, C. Malgré un petit rôle, le jeune Irlandais apporte une touche de fraîcheur et d’arrogance.

Spectre fait le lien entre la tradition et la nouveauté dans une société en constante évolution et où tout n’est qu’information. Malgré quelques longueurs dans la mise en place de l’intrigue, le scénario préserve l’action sans oublier cependant d’ajouter un soupçon d’humour britannique. Une recette qui fait mouche depuis maintenant plus d’un demi-siècle.