Pour fêter sainement la nouvelle année, explorons les lieux secrets et mystérieux de notre bonne vieille France. La vallée des loups, c’est l’histoire d’un mec qui se lance un pari fou, pister le loup français ! Un documentaire de l’aventurier Jean-Michel Bertrand, en salle depuis le 4 janvier. 

Jean-Michel Bertrand en pleine action: faire un film sur les loups ça doit coûter un bras.

La vallée des loups se situe entre l’adaptation hollywoodienne du film Into the Wild (2007) de Sean Penn et l’émouvant, Les Saisons (2016) des deux Jacques, Perrin et Cluzaud. Le réalisateur, Jean-Michel Bertrand, a passé trois ans dans les Alpes avec toute son équipe et son matériel hors de prix, afin que nous puissions voir la noblesse animale.

Promenons-nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas

Le canis lupus est à l’origine de beaucoup de fantasmes. Les bergers français se plaignent régulièrement de faire les frais d’attaques sur leurs troupeaux.

Cinéphiles et autres dévoreurs de contes entrent dans la salle en pensant à la bête du Gévaudan. Ils ont tous en-tête cette polémique d’un jour : en juin 2015, un ado de 16 ans affirmait dur comme fer qu’il avait été entouré par un meute de loup prête à le dévorer ! Bref, le loup fait encore peur.

Problème, la salle s’ennuie. Ne vous attendez pas à voir gambader l’animal aux quatre coins de l’écran avec une voix off nous disant ce qu’il a mangé à midi. Bien loin des traditionnels films animaliers, les trois quarts du film se basent sur la vie de Jean-Michel Bertrand seul dans les Alpes. Pauvres êtres à 200% urbanisés que nous sommes, nous nous doutons que voir des loups en liberté ça se mérite, mais quand même ! Lorsque le premier loup apparaît, il fait nuit – image infrarouge s’il vous plaît – et le spectateur distingue l’animal entre deux bouchées de pop-corn. Mais notre œil reste accroché à l’écran pour scruter les moindres détails de ce magnifique paysage et espère apercevoir le prédateur qui ne reviendra que vingt minutes plus tard. 

« Eh Jean-Michel ! Ce projet pour Koh-lanta ça avance? »

Ce chercheur de loulou se confond avec la nature. Le bougre a bien compris que pour voir la bête, il faut se faire accepter, il faut manifester sa présence. Pour se faire, notre mal rasé pisse partout. Entre deux tartines de miel et une soupe déshydratée bien méritée, ce nouveau candide s’amuse avec la faune. Oh une chouette, chouette ! Oh un écureuil ! Bon…

« Je suis tout seul » va-t-il nous confier. Et la caméra, elle lévite, comment ça se passe ? L’hélicoptère qui va filmer les plans larges et nous sublimer les Alpes, c’est le drone que tu pilotes avec ton téléphone satellite ou c’est un bel hélicoptère sur lequel est fixé un objectif gros comme une boule de bowling ? Facile à dire, certes, mais le film est rythmé par ces petits commentaires qui deviennent agaçants au fur et à mesure que les loups disparaissent de l’écran.

Mais soulignons le courage de Jean-Michel Bertrand, notre Christopher McCandless national vivant. Le bougre a passé trois ans à guetter ces loups capricieux, sous la pluie, la neige et le beau temps. Jusqu’à dormir dans ce milieu hostile et se mettre au régime. En fin de compte, on apprend des choses sur Jean-Michel.

La vallée des loups n’est pas à éviter ou à bannir des salles, mais il entre dans la catégorie des films qui nous font somnoler avant de nous réveiller en sursaut juste avant la fin. Car le Graal arrive enfin ! Le générique se pose devant une petite troupe de louveteaux qui gambadent au loin. Qu’elle est belle la vie. Il nous manque plus qu’un coucher de soleil et un discours écolo pour avoir le documentaire animalier parfait.

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