Kim Jong-un a menacé Séoul et Washington d’« attaque nucléaire préventive au nom de la justice » tant que la Corée du Sud et les États-Unis ne cesseront pas leurs manœuvres d’entraînement militaire à la frontière coréenne. Un énième coup de semonce du dictateur nord-coréen, qui avait annoncé le 6 janvier être en possession de la bombe H, jugée 100 fois plus puissante que la bombe A.

Depuis quand la Corée du Nord dispose-t-elle de l’arme nucléaire ?

Le régime communiste en est à son quatrième essai nucléaire depuis la construction de son premier réacteur fonctionnant à l’atome en 1980. En 2002, après des échanges tendus avec le gouvernement Bush, Pyongyang  a réactivé son programme destiné à fabriquer une bombe A. Les précédents tests ont eu lieu en 2006, 2009 et 2013, mais étaient d’une puissance moindre.

Quelle force de frappe possède Pyongyang ?

« L’épée chérie », comme la nomment les médias nord-coréens, a provoqué un tremblement de terre de magnitude 5.1 sur l’échelle de Richter. Une mesure qui fait douter les spécialistes sur la véracité d’une bombe thermonucléaire, l’explosion d’une bombe à hydrogène classique atteignant une magnitude 7. Ils estiment la charge de l’engin explosif de 10 à 15 kilotonnes, soit l’équivalent de celui qui avait frappé Hiroshima, sans toutefois exclure un échec lors de la fusion. Si la République populaire démocratique de Corée a avancé avoir fabriqué un modèle « miniaturisé », rien n’est moins certain.

Pourquoi le pays le plus fermé du monde communique-t-il autant sur ses essais nucléaires ?

Les experts en géopolitique supposent que l’expérience serait non pas un mouvement belliqueux, mais une affirmation de la position du pays sur l’échiquier international. La détention de la bombe H servirait à obliger les Nations unies à négocier avec le régime. Un moyen brutal pour discuter des accords d’importation de matériel et de vivres vers la Corée du Nord, et d’éloigner les troupes américaines et coréennes menaçant à sa frontière.

Quelles vont être les répercussions de cette démonstration de force ?

La communauté internationale a épuisé ses sanctions à l’encontre de Pyongyang. Si la Chine a réprouvé le précédent essai nucléaire et que la communauté internationale l’a unanimement condamné, il n’y a guère d’autre action diplomatique possible contre le régime totalitaire tant que Pékin soutiendra Kim Jong-un. Sauf si Kim Jong-un renverse son café sur le bouton atomique. Là c’est la merde.

Dans la vidéo de propagande ci-dessous, la Corée du Nord met en scène la destruction de Séoul avec des effets kitch dignes de Kung Fury.