La procrastination et la zumba trouvent enfin leur légitimité dans le Petit Robert 2015, et à leurs côtés la définition de végane, dérivée de l’anglais vegan, fait son entrée. James Cameron ouvre un restaurant végétalien, Bill Clinton et Samuel L. Jackson vantent les mérites de leurs nouveaux régimes alimentaires, Beyoncé et Jay-Z relèvent un défi de 21 jours véganes… Même le lobby de la viande plaide inconsciemment en faveur de végétalisme en attestant que les porcs français, un omnivore dont le système digestif est le plus proche de l’Homme, ne sont nourris qu’à base de produits d’origines végétales. Phénomène de mode bobo-hipster destiné aux parisiens du Marais, ou lifestyle « cruelty-free » nécessaire ?

Commençons par quelques définitions:

  •  un végétarien est une personne qui ne consomme pas de viande. Ce régime alimentaire n’exclut pas la consommation d’œufs, de lait, de fromage, et d’autres dérivés animaux.
  •  un végétalien est une personne qui ne consomme ni viande, ni produits animaux. C’est-à-dire ni viandes rouges, blanches, roses, poissons, crustacés, œufs, laits, fromages, yaourts…
  •  un végane est un végétalien qui allie à son régime alimentaire un mode de vie sans cruauté. Pour le végane, prendre soin de ne pas ingérer d’aliments provenant d’animaux n’est pas suffisant: il ne porte pas d’animaux (cuirs, laines), et n’en met pas non plus sur son visage (fonds de teint et crèmes hydratantes à base de placenta, huile de foie de requin; mascaras; gels douches; shampooings…).

Que ce soit pour défendre l’environnement, pour être en meilleure santé, pour combattre la maltraitance des animaux ou parfois pour améliorer la qualité de ce que l’on trouve dans nos assiettes, plusieurs pistes sont à exploiter pour se tourner vers ce mode de vie.

Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a récemment remis son dernier rapport sur l’évolution du climat. Il y est inscrit que la consommation de viande devrait être amenée à être réduite afin d’aider à la diminution du réchauffement climatique. L’Université d’Oxford a mené l’enquête, et la réponse est la suivante : globalement, un adulte (hommes et femmes confondus) qui mangerait tout produit animal à tous les repas contribue a un dégagement de 7.19 kgCO2e; un carnivore « moyen » en dégage 5.63; un végétarien 3.18; et un vegan 2.89. Pour plus de précisions, CO2e correspond à « équivalent de dioxide de carbone » . En bref, voici une preuve tangible de l’impact de la consommation de viande et tout produit animal au quotidien, ou de façon plus éparse.

La facette « healthy » du véganisme interpelle également. Comment une personne qui suit un régime si restrictif peut-elle avoir tous les nutriments dont elle a besoin pour être en forme ? La principale préoccupation reste dans l’imaginaire collectif liée à l’apport en protéines. La viande en est certes très riche, tout comme les produits animaux qui contiennent une forte dose. Alors, faut-il se shooter aux protéines ? Que nenni, les protéines sont partout. Certains scientifiques tel que le Dr Graham ont proposé des régimes alimentaires basés sur 80% de glucides, 10% de lipides et 10% de protéines; le tout sans viandes et produits animaux. Bien sûr, les protéines restent essentielles pour notre santé. Sans elles, nous ressentons une intense fatigue, un manque d’appétit ou des envies soudaines de nourriture grasse et sucrée, manquons de force et sommes plus généralement tristes. Mais tout humain peut être sujet à cette carence, qui n’en est pas une à proprement parler, car elle est rapidement réversible.

En parlant de carences, en voici une que les véganes ne sont pas les seuls à redouter, mais qu’ils seront amenés à avoir s’ils n’en prennent pas soin, au contraire de leurs compatriotes omnivores qui y sont bien moins sujets : la vitamine B12. En effet, cette vitamine que l’on trouve dans le sol n’est pas produite par l’Homme, et la quantité qu’ingèrent les animaux n’est suffisante que pour leurs propres besoins.

Comment diable cette dernière arrive-t-elle donc jusqu’à nos systèmes ? C’est très simple : les usines de synthétisation de cette vitamine en produisent deux stocks. L’un est destiné aux humains, qui prendront ces petites gélules en tant que compléments alimentaires. L’autre est fabriqué pour les animaux, que l’on nourrit avec ce supplément. Ces animaux destinés à la consommation humaine n’en ont aucune utilité personnelle, ils sont ainsi transformés en mules pour l’Homme.

Nous pouvons aussi noter l’inquiétude face à l’absorption de vitamines et autres antibiotiques par le biais de la consommation de viande. Effectivement, les animaux que l’on élève ont eux aussi des besoins de défense contre les forces du mal (que nous surnommerons amicalement bactéries) et les virus sont évités grâce aux antibiotiques avec lesquels ils sont traités. Bien que l’idée ne soit pas totalement stupide, le fait que l’homme ingère tant d’antibiotiques au cours de sa vie permet aux dits virus d’évoluer, et de devenir plus difficile à combattre par le recours à la médecine traditionnelle. Ce qui commence notamment à nous poser certains problèmes face à ce que l’on nomme les « super-virus » .

La maltraitance des animaux peut elle faire sourire les plus cyniques. Après tout, il est vrai que certains élevages restent encore aujourd’hui extensifs. C’est-à-dire qu’ils procurent aux animaux un espace suffisant et un soin nécessaire à leur « bon développement » . A l’inverse, l’élevage intensif est de plus en plus courant et répond ainsi aux règles de l’offre et de la demande. En effet, cette méthode permet une production plus importante à des coûts moindres, notamment en réduisant l’espace nécessaire à l’élevage et surprise, en gavant les animaux d’antibiotiques, afin de ne réduire les frais de vétérinaire et d’éviter les maladies. Pour certains, la façon dont les animaux qui finiront dans nos assiettes sont élevés est assimilée à de la cruauté. Passant leurs vies parfois sans jamais voir le jour, battus et abattus dans des conditions sanitaires plus que suspicieuses, ces êtres sensibles ne connaissent jamais le respect que le don de leur vie devrait leur apporter. Je ne peux que vous conseiller les vidéos de l’association L214, qui mettent en lumière les conditions d’élevage des lapins en France par exemple.

Alors, terminés les barbecues arrosés de Ricard l’été prochain, les MacDo hors de prix et les kebabs plein de cholestérol après une grosse soirée ? Hors de question, et de toute façon il faut de la prot’ pour être beau et fort. Pourtant tout doucement, les associations militant pour la cause animale s’insinuent dans votre quotidien : les documentaires fleurissent comme des barres HLM, et le gouvernement s’y met aussi en faisant passer des lois pour reconnaître les animaux en tant qu’êtres moraux et non plus objets.

Ndlr : cet article propose une liste non exhaustive des différents points contre lesquels se dressent véganes et autres bobos. Il n’a aucune prétention scientifique, et ne fait que relayer des informations trouvées au cours de lectures de recherches. Il ne prétend pas non plus à militer pour le droit des animaux ou en faveur de ce mode de vie, et n’en propose qu’une lecture partielle. Pour plus d’informations, des sites web tels que Vegactu, L214, PETA et pour les anglophones One green Planet, Vegan.com et bien d’autres peuvent vous orienter, et proposent aussi quantité de recettes adaptées aux herbivores.