Il est existe, dans les bas-fonds des internets, des mecs qui se tiennent le chibre à deux mains en hurlant  « COMPLOOOOOOOOOT ILUMINATIIIIIIIIIIIIIIIII RAPTOR JESUUUUUUUUUUUUUUUUS » tout en matant des films. On pourrait citer parmi eux le défunt site web des Intransigeants, de charmants extrémistes catholiques complètements fondus. Un bel article sur « Pourquoi les films Disney font le jeu de la propagande sioniste » avait à l’époque beaucoup fait rire. En effet ces films sont sujets à l’inceste, au viol, à la zoophilie et autres divertissements du dimanche dans la Seine-Maritime. Ces illuminés auraient trouvé à redire sur la comédie d’action du jour. 

Fruit de la collaboration de Marvel et des Studios DisneyLes Nouveaux Héros est le premier film d’animation tiré des droits détenus depuis 2009 et le rachat de Marvel Entertainement par Mickey. Adapté très librement du comics Big Hero 6, cet opus se situe en dehors de l’univers cinématographique Marvel mis en place par Joss Whedon avec la saga des Avengers. 

À la réalisation on retrouve Don Hall, le papa de Winnie L’Ourson et Chris Williams le créateur de Bolt, accompagné par l’équipe de la Reine des Neiges. Soit une fine équipe qui a déjà fait ses preuves séparément.

Synopsis : Hiro, jeune as de la robotique de San Fransokyo trouve dans les combats illégaux un échappatoire à la disparition de ses parents. Le jour où son frère Tadashi lui fait visiter son labo universitaire et toutes les possibilités de s’amuser en construisant des armes de destruction massives, il se laisse séduire et participe à son concours d’entrée. Un seul critère d’admission : proposer une invention révolutionnaire. Exit les projets de collège, le gamin de 13 ans remporte la victoire en concevant des millions de nano-robots modélisant toutes ses pensées. Puis perdra en quelques minutes son aîné et son invention parce que la vie est une sale race.

Vous avez pleuré devant le Roi Lion ? Rebelote avec Tadashi. Ils sont taquins chez Disney. On pourrait même dire que ce sont de sacrés enculés.

Suite à la mort de son frère, Hiro va monter sa propre équipe de héros soutenus par la science et partir aux trousses du meurtrier. Il sera soutenu par la dernière création fraternel, un robot-infirmier nommé Baymax, un robot tout simplement adorable. Le charisme d’un chaton qui éternue dans le corps d’un bonhomme Michelin. Même le dernier des bourreaux de l’Etat Islamique ne peut que s’écrier « C’est trop mignon putain «  face à tant de candeur. Baymax fait office de médecin, de psychologue et de grand frère de substitution. Mais aussi de machine à tatanes quand il faut bouyave du vilain, accessoirement.

Si quelques facilités d’écritures sont tout de même présentes, ces dernières ne gênes en rien la progression d’un récit émouvant. Il est facile de pardonner quelques sidekicks rigolos, nécessaires pour séduire le public tant le film percute dans sa mise en scène et ses retournements. Excepté l’identité du grand méchant d’une évidence crasseuse.

Le scénario est rempli d’idées et de dynamiques bien pensées. Bymax n’a plus de batterie ? Faisons-le agir comme un Irlandais au tournois des 6 nations : bourré, débile, heureux.  Les montagnes russes émotionnelles du film font passer le spectateur de la joie à la peine, de la colère au pardon et jusqu’à la stupéfaction devant le plan profondément débile et compliqué du méchant en masque de Kabuki.

Le dilemme moral centrant le conflit entre Hiro et son adversaire oppose deux choix  face à la perte d’un proche : la vengeance aveugle et meurtrière ou le surpassement de la douleur. Son traitement est fin, le héros vacillant plus que de raison du mauvais côté. C’est un choix audacieux qui fait valser la pellicule entre une œuvre récréatif et un drame bien ficelé. La scène de Baymax meurtrier est un petit chef-d’œuvre de tension dramatique appuyé d’une bande-son et d’un rythme percutants.

Les Nouveaux Héros est un coup de cœur singulier. Rares sont les dessins animés destinés à un public jeune dotés d’autant de pertinence. Un choix qui honore son public en ne le prenant pas pour un con. L’enfance est l’époque où se forme les goûts et l’imaginaire des générations futures, où nous sommes les plus influençables et méritons donc de la qualité. Alors oui, les films Disney ont une influence, mais celle-ci est pourvue d’un enseignement les poussant à comprendre les enjeux des adultes. C’est bien là que réside la vrai magie de Mickey.