« J’aime la Russie. Je suis un vrai patriote. » Ça chantonne dur chez les soviets. Non, ce n’est pas le come-back de Gorbatchev, juste le collectif punk des Pussy Riot de retour pour tacler Poutine et le système judiciaire russe.

Remettons les choses dans leur contexte : en décembre 2015, l’avocat et opposant politique anti-corruption Alexeï a mis en ligne un documentaire reliant le procureur général Yuri Chaika à la mafia russe Tsapok, réputée pour sa violence. Ces accusations mettent en évidence un réseau de procureurs fermant les yeux sur les exactions de la mafia en échange de bakchichs réguliers.

Les Pussy Riot dénoncent ce système de corruption au travers de leur récent clip « Chaika », du nom du procureur. Si leur précédente prestation cagoulée au sein d’une église avait valu des condamnations à deux ans de camp pour trois des chanteuses, c’est désormais à visage découvert que le collectif s’expose. Les demoiselles ont sorti l’uniforme pour torturer, exécuter et se bâfrer en toute impunité. 

Tout les maux de la Russie sont passés au crible : l’homophobie du gouvernement (tout acte démonstratif de relation homosexuelle est puni par la loi), la condamnation des opposants politiques, la guerre de Crimée et le système politico-judiciaire corrompu. Pas sûr que ces mélopées plaisent aux oreilles du Kremlin.  

“J’aime la Russie, j’suis un vrai patriote
Et ce n’est pas l’Europe des gays que j’choisis pour mes basses œuvres
Mais ma petite mère la Russie
Pour m’enrichir, tuer, voler,
J’suis tout dévoué à ma patrie (…)

Et si tu veux t’en mettre plein les poches,
Sois toujours loyal à Poutine, mon fils”

Les sous-titres sont disponibles en anglais pour les non-russophones.