« It’s a Match ! »  Ça y est, Thomas va piner, enfin ça c’est ce qu’il se dit. Bienvenue sur Tinder, l’application de rencontre populaire du moment.

Son principe est simple : télécharger l’application sur votre smartphone, créer un profil lié à votre compte Facebook, y associer six photos maximum et une courte description. Le jeu peut commencer : la photo d’un(e) inconnu(e) apparaît, vous pouvez la glisser vers la gauche pour la corbeille ou vers la droite pour la « matcher » et passer au profil suivant. Si votre élu(e) vous a « matché » aussi, la discussion peut débuter. Sa gratuité, sa discrétion et son option de géolocalisation sont les raisons pour lesquelles l’application a trouvé son public.

On vient sur Tinder discrètement, parfois sur le conseil d’un ami, parfois par sentiment de solitude. Pour tous, le principal motif est de s’amuser. « On y croise des gens qu’on connaît et qu’on n’aurait jamais pensé voir dessus », raconte Paul.

Rentre-dedans ou humour, chacun sa méthode

Chacun a ses propres méthodes de drague 2.0. Côté garçon, Johann conseille de jouer sur l’humour : « Je me casse la tête en deux pour une phrase d’approche ! Du genreT’es mignonne toi, ça te dirait un plan à trois ? Toi, moi, et le bonheur ? ; C’est tellement lourd que ça en devient marrant. » Alexis approuve cette technique qui consiste à se démarquer pour réussir : « D’abord j’avais en tête que j’étais pas le seul mec sur Tinder et qu’il y en avait même avec des physiques encore plus avantageux. Alors l’idée était de tout mettre dans la personnalité pour faire la différence. Pour ça, je sortais des choses assez osées, gentiment provocantes, pour attirer l’attention de ces demoiselles. » Monsieur est un retraité du jeu. Ne jamais se faire catégoriser comme « mec chiant » était son credo quant il courait encore les jupons.

Si nos amis burnés évitent le rentre-dedans pour ne pas braquer les filles, ces dernières cependant n’hésitent pas à être plus directes dans leurs approches. À l’instar de Sarah qui se sent protégée derrière son smartphone et se permet toutes sortes de blagues « juste pour voir ce qu’ils vont dire ». Un exemple pour la forme ? « Salut tu t’appelles Biscotte ?’ » Ils ont tous répondu Non pourquoi ?’, je finis ma blague par Parce que t’es trop craquant’. Ensuite soit le mec avait de l’humour et je continuais à lui parler, soit il disait juste merci et je ne lui répondais plus. »

Tinder le booster d’ego

Tinder ne sert pas seulement aux rencontres, c’est aussi un booster d’ego, comme le prouve Alexis : « Quand j’avais du temps à perdre, je m’amusais à regarder les nouveaux arrivages comme le dernier catalogue de La Redoute. Après, même si j’écartais pas la possibilité de choper, c’était pas l’objectif numéro un. » Il n’est pas le seul à partager le sentiment de collectionner des cartes Pokémon, Sarah aussi : « Pourtant je suis pas du genre superficielle et tout, mais ça fait plaisir de voir que tu plais à des mecs beaux, ça dégoûte quand tu plais à des moches. »

Les principales erreurs à éviter pour nos amoureux numériques sont unanimement les fautes d’orthographe, véritables tue-l’amour. Le deuxième problème est plébiscité par la gente féminine : les hommes trop insistants, ceux proposant trop rapidement un plan cul ou, pour les plus adorables, les « nuits câlines ».

Quand on en vient à parler critères de sélection, Johann est lucide : « Pas les top models parce que faut pas rêver ! Sinon les photos, il n’ y a que ça. » Plus raffiné, Alexis préfère « les filles élégantes, celles qui n’en font pas des tonnes en se prenant en photo dans des positions ultra suggestives, et en inscrivant des phrases pseudo-philosophiques ». Parfois, Florian « tinde » toutes les filles jusqu’à ne plus avoir de choix supplémentaires, et la sélection s’effectue par la suite au fil des discussions. Les préférences varient en fonction de chaque personne, mais une bonne photo est toujours gage de tentative de « match ». Les descriptions n’occupent ici qu’une place purement symbolique.

Quitter Tinder

Las de l’application, certains finissent par arrêter Tinder. Pour Paul, c’est une histoire de flemme. « Au début c’était addictif mais ça a fini par me lasser assez vite. » Pour Alexis, c’est une histoire de fesse. « J’ai rencontré quelqu’un de très sympathique qui mérite sincèrement toute mon attention. Oui, parfois j’ai un peu d’éthique. Et puis Tinder, ça a été un moyen provisoire mais très pratique de faire des rencontres lorsque t’es coincé dans ton quotidien à fréquenter les même cercles sociaux. »

La superficialité et les interactions presque toutes basées sur le physique finissent par rebuter les utilisateurs. Il existe bien certaines affinités possibles via les mentions « like » de Facebook, mais ces dernières sont rares. Des histoires de fesses, il y en a, mais peu de plus d’un soir ou deux. Une fois l’ego rassasié et/ou les couilles vidées, les pratiquants abandonnent peu à peu l’application.

Cerise sur le gâteau pixélisé, il existe des profils-robots traquant les mâles en manque de chaleur. Ces bots aux profils aguicheurs offrent quelques paroles salaces débitées automatiquement pour hameçonner le client et l’inciter à cliquer sur des liens, menant vers des soi-disant chats ou sites de webcam. Le plus souvent, ils sont redirigés sur des sites promouvant la pornographie ou les services d’escort-girls. Vous serez prévenus, les robots aussi veulent vous choper.

Moran Kerinec

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