Lucy cartonne au box-office US et français, on na pas pu résister à l’appel de cette action non-stéroïdée sous acide. 

Pour rappel : Luc Besson a réussi à se foutre à dos nombre des critiques du cinéma français. Les mêmes qui aujourd’hui lui cirent les pompes avec délice. La raison de cette haine ? La longue liste de film produite par son studio Europa Corp, considérés comme des navets sans fond, sans réflexion. Bâché par les critiques mais acclamé par le public, il est LE réalisateur qui a créé Europa Corp, la seule société de production capable de financer des films à gros budget français. Et comme monsieur veut promouvoir le cinéma bleu-blanc-rouge, il a aussi créé sa propre école de cinéma à  Saint-Denis. Normal pour un mec qui s’est lui-même formé en squattant des plateaux de tournage.

Dans ce blockbuster sauce Frenchie, on décèle le talent certain de Besson pour… Comment dire ça avec finesse ? Poser ses couilles sur la table après avoir essuyé sa virilité dans les rideaux de belle-maman. Lucy est un mélange foutraque entre film de gangsters et thriller d’anticipation. Un doux mélange d’enjeux philosophiques tel que « Quel est le vrai potentiel du cerveau humain ? », « Quelle est la définition de l’humanité ? » et « Abattons ce chinois, il ne parle pas anglais ». Une bonne copie de philo où vous tabassez le prof à la sortie : Du pur fantasme.

Mais revenons au spitch : Lucy est une jeune femme paumée en vacance en Thaïlande. Alors quand son pote lui attache une mallette au bras pour la refiler à des asiatiques un peu nerveux, Lucy sent bien que quelque chose ne tourne pas rond au pays des citrons. Un soupçon confirmé quand elle se retrouve avec un sachet de came dans le ventre sans consentement préalable. Ils sont cocasses ces asiatiques, mais pas très malins car un méchant sbire frappe Lucy au ventre, ouvrant le paquet et la transformant en super-Stephen Hawking. S’ensuit une course contre la montre, qu’arrivera-t-il quand son quotient intellectuel atteindra 100% ? On se croirait dans 24h chrono avec Jack Bauer en mini-jupe. Pas besoin de nous remercier, cette image hantera vos esprit à vie.

Spoiler : la fin est décevante, mais on sen cogne, 1h30 de bon divertissement nous font pardonner les 5 minutes du final sous LSD.

Comme à son habitude, Besson reprend sa thématique préférée : celle de la femme forte et fragile, poussé à son paroxysme. Lucy alterne entre une créature de pure logique froide et sans pitié envers les bridés et une gentille fifille à sa maman l’appelant en pleure pendant qu’on lui tripote les entrailles. Ce n’est pas comme sil lavait déjà fait dans Nikita, Le 5em élément, Jeanne D’arc… Cet homme est obsédé par cette vision au point den devenir malsain.

Lucy

Ça me rappel mes vacances dans les caves de la Taïlande.

On pourrait accuser Lucy d’être une copie de Limitless, mais ce serait se voiler la face. Leur seul point commun est la prise de drogue boostant les capacités humaines. Un thème déjà traité dans de nombreux films sans que ce soit pour autant du plagiat. Luc Besson l’aborde dans un contexte bien plus court temporellement, c’est une course à antidote, Scarlett ne cherche pas à s’améliorer par la came mais à survivre et à comprendre ce qui lui arrive.

Techniquement et visuellement, le film est une belle faciale comme Besson les aimes : rapides et éclaboussantes. Plus les capacités de Lucy se développent, plus le film devient nerveux. La mise en parallèle de documentaires animaliers rendent explicites sa progression de proie à prédateur. Scarlett Johansson interprète avec brio une Lucy entre deux extrêmes que seul Choi Min-sik le citron sadique peut concurrencer. Nelson Mandela  Morgan Freeman ne servant pour l’occasion que de faire-valoir.

On dira ce qu’on veut de la vie privé chaotique de Besson et de toutes les casseroles qui lui collent au cul, mais ses films font preuves de talents. Vifs et bien tournés, on se laisse emporter de Taipai à Paris par ce divertissement pseudo-philosophiques. Preuve, s’il en fallait que le cinéma français n’est pas mort.