Merzhin, pour les prolétaires du savoir parmi vous, c’est du rock, de la bonne musique celtique et des paroles qui nous font penser que peut-être, tout n’est pas à jeter parmi la musique française.

Merzhin, c’est l’histoire d’une bande de potes, des amis de lycée qui ont commencé à jouer dans les bons vieux bars de Landerneau, avant de grimper et de faire des tournées en France et à l’étranger.

Groupe aux multiples facettes, on pourrait croire qu’ils se sont cherché à travers des albums aux personnalités très variées : du rock celtique avec Pleine Lune, un second album puissant qui les font connaitre avec Adrénaline qui envoie du pâté Hénaff, un troisième où les origines bretonnes se font plus discrètes à travers Pieds Nus Sur La Braiseet Moon Orchestra qui les envoie sur les routes du jazz, là où personne ne les attendait. Quant au dernier en date, un savant mélange de rock, de country et un univers très « Phare Ouest » qui nous a grisés. Sans compter sur la force que dégage le groupe sur scène, avec sa forte expérience de la scène et une énergie qui transcende le public.

Quatre ans depuis Plus Loin Vers L’Ouest, on les attendait au tournant, histoire de voir si on devait abattre nos idoles ou sortir  les vieux livres de prières. Pourraient-ils faire renaître la magie une nouvelle fois ? Ou se heurteront-ils au mur comme tant d’autres après tant d’années de route.

Pari réussi, Merzhin arrive  à nous faire vibrer de nouveau dès leur premier morceau, Je suis l’homme, imposant l’esprit poétique qui les avait caractérisés, des paroles percutantes, un rythme jouissif et un mélange acoustique/électrique qui fait plaisir. Agréable changement, L’éclaireur introduit la douce voix de Manu, apportant une note féminine rafraîchissante au centre de ce morceau effréné.

S’enchaîne Bande passante, interlude apaisant avant d’arriver sur Welcome Circus, à contrario vive et joyeuse, qui nous fait pénétrer dans l’univers du groupe au rythme des trompettes héritées de Moon Orchestra. Et quand surviennent Les heures vagabondes, on assiste à un nouveau brisement du rythme, où la poésie est au diapason de la bombarde. 

Lignes d’horizons et La raison nous entraînent au voyage, tandis que les longues mélodies nostalgiques de Quand vient le silence apportent un ton sérieux à l’ensemble de l’album, contrebalancé par le chœur d’enfants accompagnant Le pantin, à l’esprit onirique et décalé. Après, l’écho ralentit le rythme et frappe par la puissance du texte et de son final. Pour enfin se terminer sur Les Indignés, engagée, forte, qui n’est pas sans rappeler Betty, et les prises de positions du groupe.

C’est beau à nous en raviver le palpitant. L’univers de Merzhin est attirant et enchanteur. Il nous entraîne à chaque fois vers de nouveaux paysages musicaux, sans jamais se répéter mais se renouvelant en tenant compte de leurs acquis précédents. Des styles de musiques éparses qui s’entremêlent en mélodies exquises, additionnées à un parlé franc, clair et poète, on touche avec eux à quelque chose de beau et de rare, qui n’est pas sans rappeler Eiffel et certains autres grands groupes de la scène française. Oscillant entre la tristesse, la joie forcenée et la magie des mots, le mélange prend et nous donne plus que ce qu’on attendait d’eux pour ce cinquième album. Après 16 ans de routes, le groupe a su évoluer : on est loin des morceaux à danser en Fest Noz des origines, mais c’est la preuve de l’évolution de Merzhin, et la promesse qu’il leur reste encore une longue route à parcourir avec nous.

Merzhin à la fête du bruit de Landerneau 2012Merci les gars, et bonne continuation.