Mister Yéyé? C’est un musicien touche-à-tout-aux-doigts-de-fée.
Mister Yéyé? C’est un déchaîné qui se joue du jeu de scène comme s’il avait perdu les règles du jeu.
Mais Mister Yéyé, c’est avant tout un grand cœur sur lequel est gravé ‘Rock’, un grand cœur battant au rythme des applaudissements, un grand cœur qui sait laisser exploser sa rancoeur envers les injustices.
Mister Yéyé, à toi les studios !

OPEN BAR: Salut Mister Yéyé, ta chaîne YouTube a aujourd’hui dépassé les 6000 abonnés et tu comptes 2400 fans sur Facebook. Tu fais régulièrement des concerts déchaînés. Le 15 octobre tu as carrément été l’invité de l’émission The Cover  sur D8. Cependant, ‘Mister Yéyé’, c’est récent comme projet non ?

Ouais c’est un projet qui aura bientôt 3 ans, vu que ma première vidéo sur internet date du 20 novembre 2011. Mais c’est vers avril 2012 que Mr Yéyé a réellement pris forme, quand j’ai sorti le titre Internet est à nous qui a posé les bases de mon style actuel.

Dans tes clips, on te voit passer du piano à la batterie, en passant par la guitare et le micro. Comment t’es venue cette passion pour la musique ?

J’ai toujours eu une passion dans ma vie. Mais c’est jamais resté la même bien longtemps. J’ai commencé au berceau avec le dessin, puis est venue la BD, ensuite je suis entré au collège et je me suis mis à la photo et la vidéo, j’ai écrit des romans et des nouvelles, et c’est finalement en entrant au lycée que j’ai commencé la musique avec la guitare et le chant, puis la basse, le piano et enfin la batterie. En fait j’ai une sorte de curiosité qui fait que quand j’aime quelque chose, j’ai envie d’essayer de le faire. Alors comme j’ai toujours beaucoup aimé la musique, c’est finalement assez logique que je finisse par en faire.

Mister Yéyé prête sa voix à Shaka Ponk et donne de la voix pour le public.

Tu as même chanté avec le groupe électro-rock Shaka Ponk ! C’est dingue ! Explique-nous comment ça s’est passé ?

J’avoue, c’est complètement dingue ! Ça s’est passé complètement par hasard en fait. J’allais à un de leurs concerts quand j’ai croisé le chanteur dans la rue. J’ai pris mon courage à deux mains, je suis allé lui parler, on a discuté une petite minute et tout. Et je lui ai demandé s’il pouvait me faire chanter sur le titre Prima Scene  le soir même. Il a accepté direct, disant que comme il avait à moitié la crève il pourrait se reposer pendant ce temps-là ah ah. Résultat le soir-même il me fait monter sur scène et j’ai chanté le morceau à sa place, au milieu d’un de mes groupes préférés, en duo avec la chanteuse, face à 1500 personnes, et c’était fou. J’ai mis quelque temps avant de redescendre sur Terre. Ça reste aujourd’hui encore le plus beau jour de ma vie.

Pour en revenir à tes propres compositions, tes textes traitent régulièrement de sujets intimes. Quels sont les sujets qui te tiennent le plus à cœur ?

Globalement des sujets qui me révoltent en fait, qui me donnent envie de changer des choses. Je pense avoir un ton assez dénonciateur en apparence, mais entre les lignes le but de la plupart de mes chansons est de prôner quelque chose de positif. Par exemple mon morceau Quelqu’un de bien, qui dénonce les violences et harcèlements en milieu scolaire, est finalement plutôt une façon de prôner le respect et la tolérance. De toute façon le message de Mr Yéyé, qui se retrouve dans chacune de mes chansons, c’est un message de respect et de liberté. L’essentiel c’est d’être heureux, alors respectons-nous.

D’ailleurs dans ta chanson Eclore, tu dénonces l’effet de rejet du ‘groupe’. Cette chanson a-t-elle pour toi une signification personnelle ?

C’est une chanson inspirée de ma propre histoire, dans laquelle je m’adresse plus ou moins à celui que j’étais au lycée. Elle est suivie de deux autres morceaux, Quelqu’un de bien et Ton heure viendra qui m’ont tous les trois fait beaucoup de bien. Ça soulage d’écrire, de chanter et de hurler sa rage, même quand la source de cette rage a disparu depuis plusieurs années. C’est vraiment des morceaux pour lesquels j’ai une affection particulière. Surtout Quelqu’un de bien.

Punchline à la Yéyé: « […]qui m’ont charcuté le moral à grands coups de cutter. Joie de vivre broyée façon film d’horreur. »

Toujours dans la même dynamique, ta compo Internet est à nous incite l’auditeur à se battre pour le dernier lieu où nous serions encore libre, Internet. Que penses-tu de toutes ces lois liberticides telles qu’ACTA (en français accord commercial anti-contrefaçon) ou encore CETA (en français Accord Économique et Commercial Global)?

Ma réponse est assez évidente : nos dirigeants ont peur d’internet, peur que tout ça leur échappe, peur que des infos compromettantes circulent sans qu’ils le sachent. Du coup ils cherchent à censurer, sous prétexte de guerre contre le terrorisme etc… Mais au final c’est notre liberté qui morfle (ma chanson Sécurité parle de ça).

Mister Yéyé, écris-tu personnellement toutes tes compositions ?

Oui, je compose tout seul, mais j’ai aussi beaucoup composé en groupe avant Mr Yéyé, et ce sont deux choses très différentes mais tout autant passionnantes.

On peut lire sur ton compte YouTube MisterYéyé que tu publies une nouvelle vidéo toutes les deux semaines. Mais comment fais-tu pour suivre ce rythme ? Gagnes-tu ta vie en chantant ?

Eh bien je ne fais que ça, tout simplement. J’entame ma troisième année post-bac à faire que de la musique à plein temps, et je pourrais pas tenir un tel rythme si j’avais une autre activité à côté (travail, études, etc…). Ceci dit je pense arrêter cette fréquence d’une vidéo toutes les deux semaines, et sortir plutôt mes vidéos… quand elles sont prêtes. J’aurai moins de pression, je pourrai bosser sur plusieurs projets en même temps, mes musiques pourront prendre le temps de mûrir et tout et tout. Globalement ça risque de rester environ toutes les deux ou trois semaines, mais si j’ai besoin de rester un mois sans rien, je le ferai. Et non je ne gagne pas encore ma vie avec la musique, le peu d’argent que je gagne est reversé directement dans le projet lui-même.

Tu as écrit un titre nommé Je perds mes mots. Comment recherches-tu l’inspiration, et comment fais-tu quand elle ne vient pas ?

Je perds mes mots est une chanson que j’ai écrite à une période où j’étais pas inspiré du tout au niveau des textes, et ça me mettait hors de moi. Je m’acharnais depuis 3h sur un texte nul, j’arrivais pas à avancer, et puis soudain est venue l’idée de faire une musique sur ça. Sur le manque d’inspiration. Et ça a donné un des textes dont je suis le plus fier, et depuis j’ai beaucoup moins de mal à écrire qu’avant. Mais à part cette fois précise, je suis rarement confronté au manque d’inspiration, et quand ça se produit je fais autre chose et j’y reviens plus tard.

En parlant d’inspiration, pourquoi avoir choisi le pseudonyme de Mister Yéyé ?

Bah en fait mon vrai nom c’est Eimert. Ce qui se prononce « M R », d’où le Mr, Mister. Et Yéyé c’est parce que quand j’étais petit j’arrivais pas à dire mon vrai nom, du coup je bafouillais « Yéyé, Yéyé » en bavant un peu.

Dans ton univers musical revient aussi souvent la présence du fameux ballon de baudruche rouge, que représente-t-il pour toi ?

En fait je peux pas m’empêcher de trouver que j’ai un côté un peu enfantin, autant dans ma voix que dans mon personnage. J’ai beau essayer de me rendre badass (dans Testostérone par exemple) je garde jamais ce rôle très longtemps, quand je regarde mes clips j’ai toujours l’impression de voir et entendre un grand enfant.

« […] pour les bûcherons, les chasseurs, les dentistes, les tueurs! »

On peut de plus remarquer que les questions existentielles ressurgissent dans quelques-unes de tes chansons. Dans ta composition Sortie d’enfance par exemple, tu chantes en refrain :

« Mais le temps rejette toujours en avant,
dans l’ombre de ce futur angoissant.
Et la lumière dans mon dos n’est pas un guide, non.
Elle me crie « Reste ! Reste enfant ! »

Quelles sont tes inquiétudes vis-à-vis de l’avenir, et quels sont tes projets?
J’ai pas trop d’inquiétudes vis-à-vis de l’avenir. Je me voile peut-être la face, mais je pense que je trouverai toujours le moyen de m’en sortir quoi qu’il arrive, et j’ai confiance en mon optimisme pour être heureux quoi qu’il m’arrive. Dans cette chanson en l’occurrence j’avais un choix important à faire par rapport à mon avenir et ça m’a inspiré ces mots, mais aujourd’hui ça fait longtemps que j’avance sans trop me poser de questions ah ah.

Ecrire est-il un moyen pour toi d’extérioriser ce que tu ressens ?

Certains de mes morceaux, comme Sortie d’enfance dont tu parles, Que ça dure encore qui est une chanson d’amour, ou Quelqu’un de bien dans laquelle j’engueule littéralement la personne qui m’a harcelée au lycée jusqu’à en hurler, sont effectivement de très bons défouloirs et m’aident à me soulager du poids de certaines choses. Mais je pense qu’on est un peu tous comme ça, l’écriture est un moyen assez universel de se soulager.

Tu as une identité artistique bien prononcée, c’est certain. Seulement, tu demandes parfois l’avis de tes fans Facebook au sujet de ton style musical, s’ils pensent qu’il a évolué ou non, s’il leur plaît. Cherches-tu encore ton style ou bien ne cherches-tu pas à en définir un ?

Je mets un point d’honneur à me créer un style personnel, reconnaissable au bout de quelques secondes d’écoute, et je pense y être arrivé. Quand j’écoute mon album qui sortira le 20 novembre, je trouve une certaine cohérence entre tous ces morceaux, même quand ils partent dans des styles variés. Mais j’ai beau être assez sûr de moi musicalement, je suis comme tout le monde, je passe par des périodes où ça va moins bien que d’autres. Et dans ces périodes-là, je peux avoir l’impression que ce que je faisais avant c’était mieux, tout ça, et pour me rassurer je demande leur avis aux premiers intéressés : ceux qui me suivent. Mais là en ce moment ça va, je suis confiant, je garde en tête que la première personne à qui mes musiques doivent plaire, c’est moi, que c’est la meilleure façon d’être honnête et de faire du contenu de qualité.

Les fans de Mister Yéyé ont concouru pour la réalisation de la pochette de son album ‘Eclore’, voici l’heureuse élue !

En plus de tout ça, tu alimentes constamment ta page Facebook Mister Yéyé : Foire aux Questions, concours, anecdotes, confidences. Certains reprennent même tes chansons ! Quelle est ta relation avec tes fans ?

J’essaye d’être au maximum proche de ceux qui me suivent. A la base j’avais juste mon compte YouTube et ma page Facebook, et je gérais plutôt bien les messages que je recevais. Mais avec le temps il a commencé à y en avoir de plus en plus, donc j’ai ouvert un « compte public » pour discuter plus facilement avec les gens. J’ai aussi un compte Ask (mise à jour : n’existe plus à ce jour) sur lequel je réponds aux questions sans langue de bois, et un compte Twitter où je suis pas mal actif. Et il y a la « Mr Yéyé Army », un groupe de fans avec lesquels je discute de l’avancée du projet, ils m’aident à prendre certaines décisions. A côté de ça, comme tu le dis, je fais des vidéos Foire aux questions pour répondre aux questions les plus récurrentes, ainsi que des concours pour faire participer ceux qui me suivent au projet. Et ce que je constate avec ces concours, c’est que participer, ils ne demandent que ça ! Je reçois beaucoup de fanarts tous plus beaux les uns que les autres, j’ai même droit à quelques reprises de mes morceaux, c’est super touchant. J’ai vraiment une communauté super sympa et complètement déjantée, c’est que du bonheur. J’espère pouvoir garder ce contact avec eux le plus longtemps possible.

Merci de nous avoir partagé tout ça Mister Yéyé. Bonne continuation !

Antonin Cyrille

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