Depuis vendredi dernier, les médias et le public français suivent, sopalin à porté de main et  pantalons aux genoux, les progrès de ce qu’il devient commun de nommer « l’affaire Nabilla ».  Une soi-disante affaire judicaire se transformant depuis quelques jours en farce. Qu’une baudruche du petit écran tente de taillader ou non son copain est l’affaire de la justice, et pas celle d’une foule friande de fait divers où les implants mammaires ont plus de valeur que la culpabilité.

Soupçonnée d’avoir porté un coup de couteau à son compagnon dans la nuit de jeudi à vendredi, Nabilla a commis l’erreur des débutants :  parler en détention. Prenons exemple sur la disparition des 52 kilos de cocaïne au Quai Des Orfèvres : aucun des policiers incriminés n’a parlé lors de sa garde à vue. Si les professionnels de l’ordre se taisent, imitons-les. Seul l’avocat sait quoi dire pour sauver vos miches, car jouer au plus malin quand on a la capacité mentale d’un crustacé est stupide. Mais un mensonge ne suffisant pas, Nabilla sortira trois histoires différentes lors de ses interrogatoires. La noyade est un sport de professionnel.

De nombreux journalistes ont été blâmés sur les réseaux sociaux d’accorder trop d’attention à ce fait divers. Mais à qui la faute ? Les médias ne sont que le reflet dune société à un instant précis. Si le public prête autant d’attention à une pseudo-gloire de la décharge publique appelée téléréalité, le rôle des journalistes est donc de lui en transmettre l’information, comme se désespère cette pigiste du Monde.  

Nabilla 2

On est en droit de se questionner sur l’intérêt d’une telle affaire. Que ce soit pour faire mouiller la ménagère, exciter les twittos ou que le pilier de bar se marre devant la bêtise humaine, cela ne révèle qu’une image peu flatteuse de la France. Avoir besoin d’un défouloir aussi affligeant,  devoir se moquer pour se sentir plus intelligent, profiter de la mésaventure d’autrui en lisant Voici. Tant de beaux actes au pays des Lumières.

Mais dès qu’il est question de bêtise humaine et de se faire du fric dessus, certains n’y voient qu’opportunités faciles. Richard Ménasé a par exemple créé un site Free Nabilla vendant des tee-shirts à 25 euros. Le jeune homme n’a évidemment aucun lien avec l’huître télévisuelle, mais là où y’a du fric, la morale s’efface.

Quand on jette un coup d’œil aux pays avoisinant, il est facile de se rendre compte de la vacuité dune telle actualité. Pendant qu’en France on se pignolle sur l’incarcération de la starlette, L’infante d’Espagne, la sœur du roi Phelipe est elle accusée de complicité dans un détournement de 6 millions d’euros des fond public au profit de la fondation de son mari.  En France, on a coupé la tête au roi. Aujourd’hui, on se retrouve avec Nabilla. On aurait peut-être du y réfléchir avant.