Alexis Raoult , du collectif NB Cover, portraiture – fait des portraits – avec passion des stars de la culture pop et du rap. Il a décidé de nous partager cet art particulier et de sa passion du noir et blanc. 

Salut Alexis, peux-tu te présenter et nous expliquer ce qui t’a poussé vers la peinture ?

J’ai 23 ans. Auparavant, j’ai fait des études d’électrotechnicien. Ça ne me correspondait pas du tout donc j’ai donné ma démission à 17 ans. À 18 ans je suis parti de Paris avec trois valises et ma copine Morgane bien sûr. On a débarqué à Carnac. Je ne dessinais pas beaucoup à l’époque. Un jour, je m’exerçais devant le bar du Deck à Carnac et le patron m’a demandé si je savais peindre. Je lui ai répondu qu’il fallait que j’essaye. Il m’a commandé des portraits de Jim Morrison, Jimmy Hendrix et Che Guevara. Pour le reste j’avais carte blanche. Ça lui a plu et c’est ce qui m’a permis de me mettre à la peinture. Au fil des rencontres et du temps, j’ai commencé à vraiment y prendre goût. Je peins beaucoup depuis 2 ans et quotidiennement depuis 1 an.

Qu’est-ce qui t’a poussé vers l’art du portrait ?

C’est surtout les regards des gens, les yeux, la “gueule” de certaines personnes. Dans mes dessins je suis dans le détail, mais dans mes toiles j’essaye toujours de mettre dans les portraits un côté “animation”. Je ne veux pas rentrer dans l’hyperréalisme.

Comment as-tu appris à portraiturer ?

Je suis autodidacte. J’ai appris à dessiner des yeux, des oreilles et des bouches pendant des heures. Avec mon dernier tableau qui représente Mohamed Ali, j’ai passé le cap du portrait, je l’ai représenté en taille réelle jusqu’en dessous du bassin. Il est en garde avec les poings levés. J’évolue dans la technique : au début par exemple j’ai passé 180 heures pour le Joker alors que j’ai mis 40 heures pour mon récent Bob Marley.

peinture noir et blanc nb cover

« C’est comme si t’avais Mohamed Ali en face de toi”.

Tu peins majoritairement en noir et blanc, qu’est-ce qui t’attire dans ces pigments ?

J’ai peint mon premier tableau à 13 ans et c’était un nu en couleurs. On ne croyait pas que c’était moi qui l’avais peint d’ailleurs. Quand j’ai repris à 18 ans, ça m’est revenu et je n’ai fait que de la couleur. Mais un jour, un ami a perdu sa mère. Il m’a demandé si je pouvais la peindre en noir et blanc pour donner une impression de photo d‘époque. Ça a été ma première expérience en noir et blanc. Aujourd’hui, c’est devenu ma marque de fabrique. Le “NB” de mon blase « NB Cover » vient d’ailleurs de Noir et Blanc. J’adore jouer avec ces deux tonalités. Au crayon de papier c’est assez simple à gérer, mais en peinture il est compliqué d’avoir à la fois des couleurs très sombres et une ombre sans utiliser de couleur.

Tu représentes souvent des rappeurs dans tes œuvres, qu’est-ce qui t’attire chez eux ?

J’ai presque toujours écouté du rap, je suis tombé dedans quand j’étais petit. J’ai peint Jul par exemple. Je n’aime pas tout ce qu’il fait mais entre ses disques qu’il distribue gratuitement et les 3 disques de platines qu’il signe dans l’année, on peut dire que c’est une machine de guerre.

Mais je ne peins pas que des rappeurs, j’essaie surtout d‘être dans la culture populaire. Je produis aussi des portraits de personnages de films qui m’ont plu par leur façon d’être. Léon par exemple je l’ai vu 15-20 fois.

Comment choisis-tu entre tel ou tel personnage ?

Globalement je portraiture ceux qui me plaisent le plus en priorité. Mais je fonctionne aussi par succession d’idées. Pour ma dernière toile, Mohamed Ali, j’étais en train de regarder les clichés du photographe Fifou et je suis tombé sur une photo de Kery James, il avait une posture de boxer et j’ai fait le rapprochement avec Mohamed Ali. Mon entourage me conseille souvent des personnages aussi.

Si tu devais être critique envers tes œuvres, tu dirais quoi ?

C’est dur d’être critique envers ses œuvres. J’ai remarqué que les toiles que j’ai du mal à terminer parce que je sais déjà que je ne les aime pas, comme David Bowie, sont justement celles qui reçoivent les meilleurs retours. Et vice-versa. J’aime vraiment bien celle de Youssoupha et de Dali mais j’en ai 5-6 que je ne sors pas de chez moi.

noir et blanc dessinateur

As-tu des inspirations, une muse ?

Ma muse c’est ma copine Morgane. Elle me tire vers le haut. On se soutient tout le temps ! J’ai même fait deux tableaux d’elle et j’en referai.
En termes de références, j’adore Dali pour son état d’esprit : il s’en fout de tout, il vit son art, il est dans un autre monde. J’adore aussi Michael Angelo et Da Vinci. Ainsi que les artistes qui ne se prennent pas la tête et restent humbles.

Sinon j’ai une petite team. On est en train de monter un collectif pour se motiver. Ma copine chante, on a un compositeur, une créatrice de mode, un réalisateur/comédien, un ingé son… On travaille tous ensemble pour nous motiver et se donner des conseils en fonction de nos spécialités. On me donne des conseils pour mes vidéos, l’art du micro cravate, du cadrage, etc.

nb cover peintre dessinateur

T’as des ambitions précises dans le milieu de l’art ?

Mon but est avant tout de gagner ma vie en faisant des choses que j’aime. Je ne me force pas à faire des choses que je n’apprécie pas. Gagner ma vie en peignant serait top, mais pour l’instant c’est plus un délire.

Le milieu de l’art est difficile. La peinture n’est pas vraiment un métier reconnu. Les formations et les écoles d’art sont chères. Et le statut juridique d’artiste est compliqué.

Ça ne m’empêche pas de croire aux coups du destin : Youssoupha et le youtuber Jean-Baptiste Louguet m’ont récemment permis de faire résonner un peu plus mon art par exemple. J’ai aussi été inscrit sur l’annuaire des Beaux-Arts internationaux.

Tu exposes en ce moment ?

Oui, je commence à avoir assez de toiles pour pouvoir exposer dans différents endroits en même temps. J’ai récemment exposé Catwoman et le Joker à Saint-Tropez ; ça s’est super bien passé ! J’expose actuellement à l’agence Lucas à Verrières-sur-Buisson dans le 91. Mes toiles sont aussi présentées chez le tapissier décorateur carnacois Jean-Marc Le Norcy, qui a gagné le concours Jean-Paul Gautier 2016.

Tu pratiques le speedpainting, en quoi cela consiste ?

Je me filme en train de peindre en accéléré. Les gens peuvent ainsi voir la construction de la toile et ça me permet de présenter ce que je fais mais aussi de parler à ceux qui me suivent.

Un conseil pour ceux qui veulent se mettre au dessin ?

Je donnerai un conseil plus général : dans la vie il ne faut jamais abandonner ! Il faut faire les choses avec le cœur et alors rien n’est impossible. Je serais incapable de donner des conseils techniques car moi-même je ne sais pas trop comment je peins. Je mets, je mélange et roulez jeunesse !

Et pour finir, quelle est ta citation préférée ?

Il n’y a que deux conduites avec la vie : où on la rêve ou on l’accomplit. René Char

Merci pour tout Alexis ! Éclate-toi bien sur tes prochaines toiles !

Vous pouvez retrouver toutes les créations de NB Cover sur sa page Facebook.

Antonin Cyrille

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