Le jeudi 11 juin 2015, au Stade de France, résonnait une voix unique : Paul McCartney assurait le show face à 60 000 personnes. Voilà maintenant plus de deux ans que le septuagénaire parcourt le monde avec sa tournée Out There. 85 dates au total, pour le plus grand plaisir des fans des Beatles et des Wings.

Ce jeune homme bientôt âgé de 73 printemps est animé par sa passion : la musique. On peut lire dans son regard une éternelle jeunesse et une énergie indéniable.

Paul McCartney, à l’image de ses chansons est intemporel. Était-on dans les années 60 ou bel et bien en 2015, impossible de le dire. Le temps s’est arrêté. Avec sa guitare plaquée sur son torse et ses doigts agrippés aux cordes, ses yeux s’illuminent, comme ceux d’un jeune débutant sur sa première scène. Pourtant, ce vieux monsieur du rock n’a plus rien à prouver, c’est une légende. Dans les années 60, il a redéfini ce qu’était la musique. Aujourd’hui, les artistes s’en inspirent toujours.

Sur scène, c’est un enfant émerveillé qui s’amuse avec un nouveau jouet que le public rencontre. Peut-être est-ce son secret : son corps vieillit mais son âme reste celle d’un éternel adulescent. Derrière son apparence d’attendrissant grand-père se cache encore le « garçon dans le vent ».  Retraçant plus de cinq décennies en presque trois heures de concert, il prouve que certaines chansons sont intemporelles, tandis que la société d’aujourd’hui consomme la musique (et les artistes) de manière « jetable ». Au fur et à mesure que le concert avance, les spectateurs se rendent compte qu’ils ont la chance de vivre un moment d’anthologie. Alors que l’artiste rend hommage à ses amis disparus, John Lennon et George Harrison, l’émotion des spectateurs est à son comble. Puis, alors que résonnent les premiers accords de « Hey Jude », 60 000 voix s’élèvent et ne font qu’une avec celle de Paul McCartney. Les gradins en tremblent, certains spectateurs aussi. À ce moment, seul l’instant compte.

Et quand la dernière note du concert est jouée et que l’artiste quitte la scène, c’est le train-train quotidien de 2015 qui refait surface. Alors que les rangées se vident et qu’un flot humain se dirige vers les sorties, certains répondent déjà à leurs mails professionnels tandis que d’autres portent dans leurs bras de jeunes têtes blondes endormies. Ainsi se termine une soirée hors du temps face à un homme qui marqua le sien… et qui le marque toujours.