Il y a des malheurs qui font sourire les salauds. Qui les confortent dans leurs idéaux racistes et xénophobes tout en leur promettant de fraîches recrues dont ils pourront bourrer le crâne rasé en se lançant des regards langoureux de pitbulls haineux.

Pegida, acronyme dans la langue de Goethe des Patriotes Européens Contre l’Islamisation de l’Occident, est le nouveau parti d’extrême droite allemand anti-islam qui a tant fait parler de lui dernièrement. Lors de sa première manifestation en octobre dernier,  ils étaient 500 à se blottir derrière leur leader Lutz Bachmann. Lundi 12 janvier, la bête s’est boursouflée de plus de 25.000 partisans à Dresde (40.000 selon les organisateurs), se mobilisant contre la religion musulmane et les demandeurs d’asiles.

La tragédie de Charlie Hebdo leur a offert une publicité formidable, fortifiant ce mouvement néo-nazi dans son idéologie sectaire. Surfant sur la vague d’inquiétudes et d’amalgames, ils ont donné une impulsion internationale à cette coalition.

En France, ils étaient 400 à se réunir à Lyon le jeudi 8 septembre, et déjà plus de 9000 sur leur page Facebook. Mais d’autres pays au cœur de l’Europe sont aussi gangrenés : l’Autriche, la Norvège, la Suède, la Suisse et surtout l’Espagne sont particulièrement sensibles aux arguments du mouvement.

Véhiculant une propagande aussi douteuse que de mauvais goût, les différents profils de Pegida sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter fleurissent de photos de djihadistes posant devant des têtes tranchées, des cadavres calcinés au Nigéria, des citations tronquées et des soi-disant membres d’ISIS (Etat Islamique en Irak et au Levant) posant devant un monument espagnol en arborant le symbole de L’Etat Islamique.

« Les sympathisants d’ISIS se photographient devant le palais de l’Aljaferia à Zaragoza. Quand commencerons-nous à nous défendre ? »

« Les sympathisants d’ISIS se photographient devant le palais de l’Aljaferia à Zaragoza. Quand commencerons-nous à nous défendre ? »

Il y aurait de quoi rire de cette xénophobie à l’international si elle n’était pas issue d’une doctrine primitive qui veut que la force et la menace priment sur le droit et la tolérance. 

Encéphalogramme plat appuyé par un programme qui rendrait celui de  Dupont-Aignan crédible, ce nouveau courant nationaliste veut faire croire  que balancer son prochain dans un charter assurera la croissance économique, la sécurité de nos enfants et la libido de leur concubine.

Faisant front à cette déferlante, des contre-manifestations réunissant plus de 100.000 personnes  ont été organisées en Allemagne, et sont soldées par le blocage sans violence d’un bord ou de l’autre, des partisans ultra-patriotes.

Angela Merkel a appelé ses concitoyens à ne pas manifester avec ces nouveaux nationalistes. Une idée soutenue par son ministre de la justice Heiko Maas qui s’est indigné de l’hommage des pégidistes aux victimes françaises, trouvant cette récupération par le parti « indécente » .

Il ne faut cependant pas faire d’amalgame entre les têtes pensantes de ce mouvement et les partisans des deux dernières semaines. Si les premières sont effectivement des exaltées, les seconds sont pour la plupart modérés et venus manifester par solidarité avec la France et non pour véhiculer une volonté politique.