Pourquoi Détroit ? C’est dans cette ville industrielle du nord-est des États-Unis que la techno a vu le jour, au milieu des années 80. S’inspirant du funk américain et des groupes de krautrock européens (notamment Kraftwerk), elle rencontre des débuts modestes avant de s’exporter en Europe à la fin des années 80, puis dans le monde entier et connaître le succès qu’elle affiche aujourd’hui. Zoom sur les 10 morceaux indispensables qui ont fait la techno de Détroit :

Model 500 – No UFO’s, [Metroplex], 1985

Model 500 est un alias de Juan Atkins, l’un des trois fondateurs de la techno. Actif dès 1981, son style se rapproche de l’électro.

Cybotron – Techno City, [Fantasy], 1984

Nous retrouvons ici Juan Atkins avec un autre de ses projets, Cybotron, duo avec Richard Davis, pour un morceau rêveur, qui selon la légende aurait donné son nom à la techno, la ville en question étant évidemment Détroit.

Rhythim is Rhythim – Strings of Life, [Transmat], 1987

L’un des plus gros classiques de la techno, signé Derrick May (l’un des fondateurs du genre avec Juan Atkins et Kevin Saunderson) sous l’alias Rhythim is Rhythim.

Reese – Rock To The Beat, [KMS], 1989

Le troisième larron Kevin Saunderson sous le pseudonyme de Reese, pour un morceau plus lent mais surtout beaucoup plus sombre.

Inner City – Big Fun, [KMS], 1988

Inner City est le nom du duo composé de Juan Atkins et Derrick May (ils sont vraiment partout !). Big Fun est peut-être le morceau le plus connu du lot, ils parle même à ceux qui ne sont pas capables de citer un seul morceau de techno. Très proche de la house, c’est un morceau plus festif.

The Aztec Mystic a.k.a DJ Rolando – Jaguar, [Underground Resistance], 1999

L’hymne des raves. Le compositeur DJ Rolando fait partie du collectif Undergound Resistance, artistes masqués et intransigeants, rejetant la célébrité et composant des morceaux souvent sombres et agressifs.

Jeff Mills – The Bells, [Purpose Maker], 1997

S’il fallait n’en retenir qu’un, ce serait celui-ci. LE morceau qui définit la techno. Tout le monde se rappelle forcément de la première fois qu’il l’a entendu, au milieu de morceaux se ressemblant tous, LE morceau qui rend tout le monde fou.

Aux 88 – Direct Drive, [Direct Beat], 1995

Proches des sonorités électro, le duo Aux 88 est représentatif de la scène de Détroit des années 90.

Robert Hood – Museum, [Axis], 1994

Robert Hood est le parrain d’un style de techno plus épuré, moins violent et qui sera très en vogue dans le courant des années 2000 : la minimale.

Scan 7 – Black Moon Rising, [Underground Resistance], 1993

Pour en finir, un morceau un peu moins connu que les précédents, composé par les membres d’un collectif très lié à Underground Resistance, mélodique et qui s’écoute toujours avec plaisir plus de 20 ans après sa sortie.

Info bonus : pourquoi les artistes de la scène techno usent-ils autant de différents pseudonymes ? Il peut s’agir pour eux d’un moyen d’explorer plusieurs styles différents, en donnant un nom différent à chacun de leurs projets. Par exemple, lorsque Robert Hood souhaite composer des morceaux house, il se rebaptise Floorplan. Les collaborations entre plusieurs artistes donnent aussi souvent lieu à l’apparition d’un nouveau nom. C’est le cas pour Cybotron qui voit collaborer Juan Atkins et Richard Davis. C’est aussi un moyen de perdre l’auditeur, de mettre en avant la musique plutôt que le nom de celui qui l’a composée, pour éviter la starification des artistes et revenir à l’essentiel : la musique.