On cherche tous à se caser avec l’âme sœur, celle qui nous fera vibrer par chacun de ses regards, de ses soupirs. Celle qui nous éclairera de ses sourires, pour qui l’on ferait l’impossible. Et c’est une sacrée belle connerie. Loin de moi l’idée d’être aigri, mais être heureux ne veut pas dire se laisser castrer par une mégère ou priver de sa liberté par un salaud. Car c’est cela un couple : un esclavage pur et simple.

Messieurs les libertins, mesdames les anticonformistes, voici une apologie en votre honneur.

Pourquoi vous ne devez PAS vous mettre en couple.

Mais, me direz-vous, n’est-ce pas quelque chose de magique d’être avec l’être aimé ? Le soleil ne chante-t-il pas plus fort ? Les oiseaux ne brillent-ils pas plus ? Sortez de votre conte de fée, le prince charmant est un salaud et Blanche-Neige couche avec des nabots. Sérieusement, une relation entre une jeune fille et sept prolétaires dans une cabane au fond des bois. C’est dire s’ils sont communistes (et donc démoniaques) les bougres. Mais ça ferait un bon porno. S’il n’existe pas déjà. Blanche-Fesse et les sept mains doit être en projet quelque part.

Mais cessons de divaguer. Se mettre en couple, c’est mal. C’est se priver de sa dignité, de sa liberté, de son libre-arbitre pour quelqu’un d’autre… Le couple est une dictature moderne, et approuvée par tous. Libertins exceptés. Sous prétexte d’avoir trouvé le grand amour, un homme devrait-il cesser de contempler les beautés se pavanant au rayon lingerie des galeries Lafayette ? Les femmes devraient-elles arrêter de mater de magnifiques éphèbes sur les plages de la Baule pendant que leurs maris jouent à la pétanque ? S’il vous plaît. Ne nous laissons pas berner par ce qui semble être approuvé par la société. Nous ne sommes pas des moutons. Pas tous. Nous connaissons bien le cercle infernal : rencontre, grand amour, mariage, divorce. En quoi se mettre en couple nous permettrait donc de trouver le bonheur si la date d’expiration est déjà fixée ? Prenons notre liberté en main et sortons du carcan imposé par nos semblables ! Imposons-nous en célibataires volontaires et fiers de l’être, libres de leurs choix et de leurs envies ! Car oui, votre copain/copine vous privera de tout. Plus de sorties dans les boîtes de strip-tease entre potes, ce soir, c’est thé dansant avec belle-maman (qui représente à elle seule une bonne raison de ne pas avoir de relation de plus de six heures). Et pour vous mesdames, fini de se faire payer des verres en boîte, la jalousie de votre boyfriend vous empêchera d’accepter, promettant scènes et embrouilles à chaque sortie. S’il vous laisse sortir de la cave le bougre.

Si par malheur, alcoolisme ou dépression, vous commettez l’irréparable, soyez prévenus de ce qui vous attend : la lassitude mes bons amis, la lassitude. Au début, tout sera parfait. Vous marcherez sur un nuage, après tout vous avez séduit celui ou celle que vous vouliez. Vous aurez la win, la pêche, la patate ! Vous ferez l’amour quatre fois par jour, vous l’embrasserez au réveil, vous dormirez contre lui, il/elle saura vous faire rire de tout, et quand vous verrez son sourire… Haaaaaa… C’est trop mignon. Mais c’est des bullshits. Ne faites pas l’innocent, vous savez déjà que ce moment passera. Bientôt madame aura la migraine, monsieur aura une haleine de chacal le matin, elle vous réveillera la nuit en criant dans son sommeil et ses blagues lourdes vous saouleront. C’est fini le temps des rires et des chants, mange la réalité dans ta gueule. Plus aucune surprise, plus d’originalité. Tout ça c’est fini. On rentre du boulot, on fait semblant de s’intéresser à l’autre tout en textotant avec le grand brun/bonnet C du taf. On devient un salaud à cause de sa relation. On se met à fouiller les sms, on guette les messages sur les murs Facebook, on est suspicieux, méfiant, jaloux. La Gestapo sous acide. Alors on intoxique son couple jusqu’à l’explosion, on rompt, on blesse l’autre et on s’en veut. Être en couple nous rend vulnérables et fragiles. On devient une grosse tata émotive. Et ça, c’est pas bien. Alors ne nous mettons plus en couple ou on finira tous par bosser chez France Télécom.

Alors que le célibat… Non vraiment, ça c’est le pied. Vous êtes libres mes amis ! Libres de sortir quand vous voulez avec de jolies copines sans crise de nerfs obligatoire de retour à la maison. Libres de draguer qui on veut et n’importe comment. Libres de traîner jusqu’à pas d’heure et en caleçon dans le salon. Libres de manger gras et sale sans entendre parler de ce nouveau « super-régime à base de tofu bio importé du Gabon ». Non mais sérieusement, du tofu ? Guantánamo est un camp de vacances sous ecsta en comparaison. Libres d’inviter qui vous voulez, de faire la fête jusqu’à ce que nos charmants fonctionnaires viennent vous rappeler la législation concernant la production massive et violente de sons pseudo-musicaux.

Plus besoin d’acheter de chocolats, de fleurs, de bijoux hors de prix pour le prolo que vous êtes. Être célibataire fait du bien à votre compte en banque. Et puis cette idée de fêter l’esclavage tous les quinze jours… « Ho chérie, c’est nos 1 mois/an, la Saint-Valentin, mon anniversaire ». « Et alors ? », répondrez-vous en connards aguerris avant de vous faire molester l’entre-jambe.

Fini de payer des restaurants pour la satisfaire : quand on est célibataire, une bouteille de vodka est laaaaaargement suffisante. Le prix du GHB est en baisse d’ailleurs, sautez sur l’occasion !

Finis les repas de famille avec belle-maman qui vous fait du pied et beau-papa qui pose un flingue sur la table. Fini de devoir fricoter avec ses potes « qui sont trop sympas ». Sympas ouais. Comme sa meilleure amie qui veut votre peau ou son « meilleur pote depuis l’enfance » qui veut la tirer à couilles rabattues dès que vous tournez le dos ? Des petits anges oui. Des petits anges camés qui rackettent Saint Pierre à coup d’auréole pour choper leurs doses.

Une étude statistique démontre qu’on perd en moyenne deux amis lorsqu’on se met en couple. Effectivement, cette harpie accaparera tout votre temps et vous interdira les soirées bières/foot avec vos amis d’enfance. Ou monsieur refusera de vous laisser filer à votre soirée Tupperware entre filles. Si c’est votre truc. Pensez à consulter quand même, sait-on jamais. Mais la vraie question est : est-ce que vous êtes prêt à abandonner votre liberté pour ce qui aurait dû n’être qu’un coup d’un soir ? La bonne réponse est non, petit polisson.

Vous m’aurez compris, être en couple, c’est mauvais pour vous, pour votre santé mentale et pour vos proches. Alors rendons service à l’humanité et larguons-les tous (à chanter sur l’air de Pokémon, ça fera passer la pilule). Ou sacrifiez votre dignité, à vous de voir.

Bien sûr, vous pouvez aussi tenter d’être heureux dans votre relation. Certains y arrivent, et c’est ce que nous verrons dans le prochain article.