Le brésilien Afonso Poyart signe avec Prémonitions la réalisation de son premier blockbuster (film gros budget avec grosses têtes d’affiche) après que la New Line Cinema lui ait refilé le gamin de Se7en dont personne ne voulait depuis 1990. Le thriller américain a fait sa rentrée comme tout le monde le 9 septembre dernier et on a testé pour vous.

Joe Merriweather (Jeffrey Dean Morgan : Watchmen , Grey’s Anatomy) et Katherine Cowles (Abbie Cornish : Sucker Punch, RoboCop) forment dans Prémonitions le duo attachant du FBI qui, de toute évidence, va enquêter sur une série de meurtres. La scène d’ouverture nous laisse pantois : une victime qui a l’air encore bien vivante et aucun indice sur la scène du crime. Comment vont-ils bien pouvoir réussir à attraper le meurtrier dont ils ne savent rien à part qu’il tue des gens ? Réponse : ils vont déranger le télépathe/médium/médecin (Anthony Hopkins : Le silence des agneaux, Hitchcock) qui avait pris sa retraite pour couler des jours pépères au fond de la campagne.

Le casting tient la route et à bout de bras le déroulement d’une enquête haletante et paranormale, somme toute un peu moins flippante que l’idée d’un inconnu qui vous arrache à la vie parce que vous avez mangé trop de chocolat. Petite avancée sur notre temps, la belle blonde ne sert pas de repas au grand méchant mais talonne le chef enquêteur, homme d’âge moyen aux cheveux poivre et sel dont le sourire ravageur avait pris nos cœurs et celui de Lizzie dans Grey’s Anatomy.

Alors qu’on prendra tout juste goût au délire paranormal, un élément perturbateur larmoyant casse la dynamique du film et fait maladroitement le lien avec une problématique connue des amateurs de gore qui ont dévoré Saw, exploitée avec un tantinet plus de légèreté.

Visiblement, l’équipe du film aura plus misé sur l’esthétique et l’ambiance que sur le scénario, mais ça nous va très bien. Les visions décousues et percutantes du croulant doté du troisième œil sont majestueusement rendues à l’écran. La bande son (originale) est presque toujours la bienvenue. On entre au final assez aisément dans la noirceur du dernier thriller en date. On appréciera tout particulièrement la battle mentale entre papi Hopkins et le grand méchant Colin Farrell (Alexandre le Grand, True Detective).

On termine ce film sans nécessairement regarder par-dessus son épaule mais on en conservera tout de même un délicat picotement dans la nuque et quelques questions existentielles.