Alors que Sherlock, Broadchurch ou encore Doctor Who tiennent le haut de l’affiche et se sont octroyées les faveurs des Rosbifs, de nouvelles séries s’invitent sur les écrans de nos voisins britanniques. Servez-vous donc une traditionnelle « cup of tea », oubliez votre accent à couper au couteau et préparez-vous pour un petit tour d’horizon des quelques nouveautés réalisées par nos meilleurs ennemis. Ces séries bien trop méconnues qui méritent pourtant toute notre attention…

You, Me and the Apocalypse

Les séries font encore et toujours la part belle aux scénarios apocalyptiques. Cela prouve bien que la fin du monde et l’extinction totale ou partielle de notre espèce fascinent. Après The Last Man on Earth, petite pépite d’humour noire créée par Will Forte, voilà que débarque You, Me and The Apocalypse sur les chaînes Sky 1 en Angleterre et NBC aux États-Unis.

À la fois décalée et bourrée d’humour, cette série américano-britannique confronte les téléspectateurs à l’inévitable dès son générique : la planète Terre va se faire atomiser par un astéroïde. Comment l’humanité peut-elle réagir face à cette nouvelle ? De Washington au Vatican en passant par Slought (Angleterre) et par le Nouveau Mexique, les téléspectateurs suivent les destins croisés d’une dizaine d’inconnus : Jamie Winton (Mathew Baynton), simple banquier dans une petite bourgade britannique, dont la femme Layla a disparu sept ans plus tôt au retour de leur lune de miel ; le père Jude Sutton (Rob Lowe), qui entre deux verres de whisky joue l’avocat du diable au Vatican, ou encore Rhonda McNeil (Jenna Fisher), mère de famille à la vie bien rangée qui se voit accusée du piratage de la NSA et qui se retrouve dans une prison de haute sécurité au Nouveau Mexique. 

En suivant la destinée de ces héros ordinaires pendant les trente-quatre derniers jours de l’humanité, You, Me and the Apocalypse est avant tout une série humaine, proche des préoccupations de notre espèce : l’amour, la famille, le travail, la religion… À la fois tendre, drôle et dramatique, cette coproduction est une réussite de par son scénario particulièrement intéressant mais aussi par son traitement innovant du thème de l’apocalypse à venir.

The Aliens 

The Aliens est la dernière-née des séries de la E4. Mindfuck au possible, elle s’inscrit dans cette lignée des séries britanniques comme Misfits. Chaque épisode brise les codes de la critique sociale (voire raciale) en proposant de traiter ces thèmes d’actualité sur fond de comédie science-fiction : il y a quarante ans de cela, un vaisseau extraterrestre s’est écrasé à la surface de la Terre… ou plutôt près des côtes britanniques (car c’est bien connu, les extraterrestres adorent le Royaume-Uni).

Ces extraterrestres humanoïdes vivent depuis les années 90 séparés du reste des hommes dans un ghetto une ville fortifiée appelée Troy, où les cartels de drogues et les Macs règnent en maîtres. Pour les humains, les poils et les cheveux des aliens sont des substances hautement hallucinogènes lorsqu’on les fume. Ainsi, entre les deux zones, une douane s’est créée. C’est là que travaille Lewis (Michael Socha), un garde-frontière un peu pathétique qui a du mal à s’intégrer. Entre deux fouilles de véhicule, il se la touche gaiement devant son écran en matant les sites pornographiques extraterrestres après sa dure journée de labeur. 

Malgré la présence des extraterrestres, The Aliens intrigue par sa perspicacité et son appréhension de certains problèmes de société. Même si elle se présente comme une comédie, cette série à la fois décalée et innovante confronte le spectateur à une société déchirée. Entre sexe, drogues et extraterrestres, cette comédie dystopique, moderne et cruellement satirique impose aux téléspectateurs la dure réalité des quartiers les plus insalubres. Des lieux où les méfaits et les délits sont monnaie courante bien trop souvent ignorée, voire volontairement oubliée par le reste de population.

London Spy 

Lancée par la BBC Two à l’automne 2015, London Spy a intrigué bon nombre de téléspectateurs. Très différente des séries traditionnelles de par son esthétique et son intrigue, cette série policière dramatique se distingue en étant à la fois fascinante et dérangeante.

Danny (Ben Whishaw) est un jeune homme romantique et hédoniste qui vit à Londres avec ses colocataires. Il travaille dans un entrepôt de stockage (comme ceux d’Amazon) et ne roule pas sur l’or. Pour oublier ses petits tracas, il s’est tourné vers la drogue et les plaisirs charnels. Jusqu’au jour où il croise le chemin du mystérieux et brillant Alex (Edward Holcroft). Une idylle se crée entre les deux jeunes hommes. Alors que Danny se met à nu pour son amant (au sens littéral comme au figuré), Alex disparaît sans laisser de trace. Danny, qui ne suit que ses sentiments, se retrouve alors dans une affaire mêlant théorie du complot, secrets d’État et sadomasochisme.

Aux côtés de Ben Whishaw, Charlotte Rampling, Mark Gatiss et Jim Broadbent transpercent l’écran grâce à la justesse de leur interprétation. Avec un casting à la hauteur d’un scénario complexe et singulier, la BBC a su imposer London Spy dans le paysage audiovisuel britannique avec brio. Tant et si bien qu’une seconde saison a été commandée par la chaîne, malgré le scepticisme du créateur. Affaire à suivre…

Quelques autres séries britanniques qui valent le coup d’œil : Thirteen, My Mad Fat Diary, The Hour (avec Ben Whishaw), The Night Manager (avec Hugh Laurie et Tom Hiddleston), Tripped, The Politician’s Husband (avec David Tennant) ou encore Luther.