Vous envoyez des photos coquines à votre chéri/e ? Dédé peut se branler dessus. Dédé, appelons-le Dédé, c’est lui qui télécharge vos clichés, entre dans votre intimité et y prend du plaisir. Il échange via un forum spécialisé vos « snaps » avec son pote Gilbert contre ceux d’une gamine, quand il ne les poste pas tout simplement sur son Twitter. Bienvenue dans le monde merveilleux, idyllique et putassié d’internet.

Avec plus de 100 millions d’utilisateurs par mois et 700 millions de « snaps » par jour, Evan Spiegel a créé une entreprise florissante, mais aux dessous biens moins reluisants. Utiliser un réseau social pour partager des photos d’ordre intime pourrait faire tiquer, mais pas sur Snapchat. Dix secondes maximum avant l’autodestruction de votre dernier selfie, c’est le petit coté Mission Impossible qui séduit. À un détail près :

Le sentiment de sécurité créé par le temps limité d’affichage des images est un mensonge. Toutes les photos transitent par des relais et des serveurs avant de parvenir à leurs destinataires. Des emplacements où ils sont stockés, et qui peuvent êtres pillés et réutilisés par ceux qui ont la capacité de les pirater.

L’utilisation des données récoltées par Snapchat pourrait aussi être revendue à des agences de pub et de marketing afin de mieux cibler leurs clients potentiels et leurs préférences. Oui, le fric, il en faut pour vivre. Un flicage aux relents de Big Brother 2.0 nauséabond qui remet en doute l’utilisation de cette plate-forme d’échange.

Sans compter que les ingénieurs de Sipher Forensic ont réussi à démontrer que les « snaps » sont toujours présent sur le téléphone, même après leur expiration. Invisible pour l’œil d’un néophyte, certes, mais pour qui sait chercher et convertir les documents, il est possible de les récupérer.

On pourrait se croire protégé par les gérants de Snapchat, mais rien n’est moins sûr. En effet, plus de 13go de données ont été dérobées en octobre dernier. Les applications permettant de sauvegarder les « snaps « à l’instar de Snapsave ont permis à des dizaines de milliers de clichés d’utilisateurs en petite tenue ou nus de fuiter sur la toile.  On estime à environ 200 000 les photos de nudistes se baladant aujourd’hui sur le web.

Evidemment, Snapchat a émis un communiqué déclarant ses serveurs « indemnes », et rejetant la faute sur le site Snapsaved et son application.  Il est toujours aisé de rejeter la faute sur son voisin et de détourner le regard. Snapsaved (aujourd’hui hors-ligne) a pour sa part mis en place un logiciel permettant de vérifier si votre vie privée et des morceaux de votre anatomie se baladent en liberté sur la toile.  

Donc résumons : vos « snaps » ne sont pas éphémères. N’importe quel maniaque doué en informatique peut les récupérer et les échanger avec ses copains telles des cartes Pokémons, quand ils ne servent pas à vous fliquer. Snapchat se contrefout que vous perdiez des morceaux de votre vie, en acceptant de signer les conditions d’utilisation de l’application, vous lui accordez l’immunité la plus totale.

Snapchater oui, mais à vos risques et périls.