Vous êtes-vous déjà intéressés à la population nocturne des boîtes de nuit ? Non ? Vous vous en cognez, avouez-le… Et bien nous, on est souvent trop saoul pour s’y attarder, et c’est bien normal. Parmi ceux qui rôdent la nuit, pas mal sont drôles, beaucoup sont étranges, et d’autres sont carrément flippants. Alors on a composé un petit récapitulatif des différentes catégories d’espèces traînant dans des boîtes saturées de sons et de fumées, où chacun vient partager sa sueur en tentant désespérément de choper.

Le groupe de mecs saouls :

Facile à repérer, toujours accoudé au bar à mater la foule, attendant d’avoir emmagasiné suffisamment de courage liquide pour s’élancer sur la piste de danse et la jouer collé-serré avec tout ce qui ressemble à une femelle. Des mecs bien quoi. Parmi ces charmants individus qui nous rappellent que non, plus de 5000 ans d’évolution, ça ne suffit pas pour s’éloigner du statut d’animal en rut, on retrouve toutes sortes de personnages. Souvent, ce sont nos potes, ce qui nous interroge sur nos problèmes personnels d’alcool pour traîner avec eux. Puis viennent les « canards« . Mais si ! Tous ces dragueurs à la manche qui pensent que payer un verre à une nana quelconque suffit à lui faire tomber la culotte. Non, ça ne suffit pas. Un petit cacheton dans le verre en revanche, ça change la donne. Parfois on croise même quelques poivrots qui ont réussi par miracle à rentrer. Oui, tous les bars ont fermé mais c’est pas une raison pour arrêter de picoler.

Les employés de bureaux :

Se déplaçant en meute, ce sont des cas à part. Eux-mêmes se sentent étrangers à la faune qui les entoure. Enfin, c’est relatif à leur niveau d’alcoolémie. Dans trois verres, c’est ton meilleur pote. Costard cravate de rigueur, ils sont sortis s’enjailler après une semaine de bureau aussi passionnante qu’un programme du modem. Espérant retrouver leurs folles nuits de jeunesse. D’une nature placide et discrète, ils resteront sagement assis dans leur coin, à descendre leur bouteille de champagne avant de s’élancer, cravate sur la tête pour danser avec vos jolies copines. Envoyez celles-ci les draguer pour choper quelques verres. Pour une fois qu’elles servent à quelque chose. Mais non, ce n’est pas de la prostitution. Presque pas.

Ils sont plutôt sympa et très drôles une fois saouls, (ou relou si vous disposez d’un vagin), relançant des danses has been depuis 10 ans avec une certaine nostalgie. Ils sont touchants au fond. On a envie de leur faire des câlins et de les prendre dans le foin.

Le fumoir :

À proprement parler, le coin fumeur n’est pas vraiment un être à part entière, et pourtant il regroupe une population plus intéressante que la moyenne : les fumeurs. S’entasser à quarante dans un 10 m² avec comme unique idée de s’encrasser un maximum les poumons est un acte héroïque. C’est aussi le seul endroit où les basses ne vous explosent pas suffisamment les oreilles pour tenter d’engager une conversation intelligible avec vos amis. Ou ce grand barbu aux yeux bleu océan. Si  vous n’êtes pas complètement pété bien sûr. Engager la conversation à deux grammes est quand même quelque chose de sacrément drôle, et surtout surréaliste. Oui, vous pouvez convaincre quelqu’un que votre pénis exauce les vœux. Ne me demandez pas comment. C’est drôle, c’est gratuit et bon enfant. Et selon le degré de stupidité du sexe opposé, vous vous ferez peut-être réveiller par son frère motard le lendemain.

Le mec qui adore les cages :

Ne nous mentons pas, on adore ça. Se trémousser derrière des barreaux est le summum des plaisirs en boîte après la pipe dans les toilettes. Bien sûr, on y perd sa dignité, mais celle-ci a foutu le camp depuis longtemps. Alors profitons-en, un petit booty shack de shagass est toujours un spectacle rafraîchissant.

Le staff :

Autochtones plus ou moins amicaux, il faut faire attention avec ceux-là. Sous prétexte qu’on trouve que le videur s’habille comme une tantouze, on se retrouve jeté au milieu des poubelles. Susceptibles les gorilles. Alors diplomatie. On reste poli, on ne traite pas le barman d’enculé quand il sert les demoiselles en premier, on est malin et on demande à ses copines de commander. Si vous ne savez pas ça, c’est que vous êtes une tanche.

Les dealeurs :

Stationnant souvent près des toilettes, cette espèce se reconnaît à leurs coups d’œils paranos vers les videurs et les barmans. Ces mecs-là sont rarement sereins. En même temps, s’ils voulaient l’être, ils seraient devenus bergers. C’est bien berger. Personne ne vient faire chier tes moutons. Alors que quand tu te trimbales avec un sachet de 60 taz, t’as moins envie de la ramener. Allez savoir pourquoi. Véritable petit médecin, il a ramené toute sa boîte à pharmacie. Pratique si vous avez du diabète.

Les camés :

Les pupilles plus dilatées qu’un rectum sous poppers, ces salauds font la queue aux toilettes pour s’envoyer tout ce qu’ils ont. Relou quand tu as envie de pisser. Ho, et ne ramassez pas leurs smarties tombé par terre. C’est pas des smarties. En fait si, gobez cette petite saloperie, c’est gratuit donc meilleur. L’auteur décline toute responsabilité. Surtout si vous vous réveillez à côté d’une créature de sexe indéterminée. Ou à poil au milieu des champs. À vous de voir.

Les jeunes filles en fleur :

Mini-jupe ras-la-moule et soutiens-gorges gonflés au coton, ne vous méprenez pas sur ces petites faces d’ange. Vous leur payez un verre, vous filez en tôle. Vous serez prévenu. Qu’importe ce qui pousse des gamines à sortir un jeudi soir, c’est mal. Pas besoin d’être un saint pour savoir qu’elles ont collège le lendemain et absolument rien à foutre là. Pourtant, certains s’obstinent à leur tenir le crachoir, et elles savent en profiter pour se faire payer des mojitos à 15 euros. Le sens des affaires semble inné chez ces petites pestes. Tant mieux pour elles, dommage pour votre portefeuille, petit pigeon.

Le mec qui se fout à poil :

Très serein avec son corps, ouvert sur sa sexualité, et traversant une rupture difficile comblée par un trop-plein de boissons aux effets hilarants. Vous quittez votre pote Hichem deux minutes et hop ! Le voilà en caleçon sur le dance floor. Puis sans caleçon. C’est le signe qu’il est l’heure de rentrer. Sans lui.

Les poivrots à la sortie :

De charmants personnages vous attendent à la sortie de la boîte. Oui, ce sont les mêmes qui ont trop bu, se sont fait virer manu militari, et exprimeront leurs rancœurs et profondes blessures psychologiques en vous rappelant les mœurs légères de votre douce maman. Voir en tentant d’occire votre humble personne à coup de chocs phallangiques. Si vous êtes taillé comme une crevette anorexique, courrez. C’est lâche mais ils sont incapables d’aligner dix  pas sans s’effondrer contre l’asphalte, alors bon. Vos copines subiront aussi leurs avances dans un esprit purement phallique. Je me demande si une quelconque demoiselle y a déjà répondu positivement. Peut-être que oui. Sauf qu’avant elle s’appelait Pedro. Mais ceci ne nous concerne pas.

C’est cette foule disparate qui fait le charme de nos nuits. Ou nous en dégoûte. L’originalité et la bonne humeur alcoolique n’est pas au goût de tous.

On en a oublié ? À vous de nous le dire.