En février 2002, le Boston Globe, un quotidien américain, révèle que 87 membres de l’Église catholique auraient commis des actes de pédophilie sur des centaines d’enfants en toute impunité. Ces membres du clergé ont été couverts pendant des années pas l’archevêque de Boston, le cardinal Law. Le long-métrage de Tom McCarthy retrace l’enquête de Spotlight, l’équipe d’investigation du journal qui a mis sous le feu des projecteurs ce scandale. 

« Quand on vient d’une famille pauvre et qu’un prêtre s’intéresse à vous, c’est un énorme privilège. Comment dire non à Dieu ? » Ça n’a l’air de rien mais ce simple témoignage recueilli par les journalistes résume Spotlight. 

Avec sa mise en scène précise et sobre, Tom McCarthy offre un film rétro, digne des journalistes qu’il représente. Ces derniers se tiennent au bord du tournant numérique que vient symboliser un panneau publicitaire AOL accolé à leur rédaction. 

Pourtant, ce n’est pas une ode glorifiant le travail des journalistes. Ces derniers ont aussi leurs fautes : celles d’avoir été aveugles, d’avoir ignoré les victimes pointant du doigt les prêtres et la liste envoyée par l’un des avocats du clergé où était inscrit le nom des pédophiles.

Les vrais héros sont plus discrets. Ils sont ces marginaux qui se battent sans faiblir pendant des années. Une ancienne victime ignorée des médias, un homme marié et père d’un enfant qui témoigne des violences subies, un avocat trop occupé à défendre ses clients pour prendre garde aux contraintes et besoins des journalistes. 

Avec six nominations aux Oscars, Spotlight est bien parti pour concurrencer The Revenant d’Alejandro Gonzalez Inarritu, déjà en lice dans douze catégories. Reste à savoir ce qu’en pensera la gazette du Vatican.