Open Bar Mag a eu l’incommensurable privilège de rencontrer le plus déluré des sociologues, Steeve Bourdieu, et son créateur Jérémy Doucet. Techniques de drague sans gêne, philosophie hipster, répliques sanglantes, le personnage haut en couleur (= décalé de la vie réelle) se livre dans le blog de Steeve le Sociologue. Ce dernier a reçu le prix du meilleur blog aux Golden Blog Awards 2014. Rencontre.

steeve bourdieu sociologue blog

Open Bar : Steeve va au MacDo avec Bieber. Il se fait coiffer par Michael Vendetta. Il cherche à « poncer » Megan Fox. Il remballe Hanouna qui cherche à lui refourguer des roses pendant un rendez-vous amoureux. Déjà une superstar, ce Steeve ! Mais il sort d’où ?

Jérémy : Steeve est un jeune freluquet qui vivait auparavant dans l’ombre de son oncle Pierre Bourdieu. Bien décidé à percer dans la sociologie mondiale, il monta alors son blog de Sociologie pour prouver qu’il était largement au-dessus du game. À force d’audace et de pugnacité – un mot que j’adore – il finit par gagner le prix du meilleur blog mondial de France en Octobre 2014 (ndlr : Golden Blog Awards). C’était le début d’une belle aventure. Depuis Steeve vit de ses rentes inexistantes en Poitou-Charentes.

Ça c’est pour le storytelling. En vrai je m’appelle Jérémy, j’ai fait HEC (Promo 2013), je maîtrise le logiciel Powerpoint et je travaille actuellement chez Twitter. Ma fonction y est de tweeter. Je vis à Paris et j’ai un golden retriever qui s’appelle Stotch.

Steeve et Jérémy, c’est schizophrène comme relation ou c’est deux casquettes bien distinctes ?

Les propos de Steeve n’engagent que Steeve.

steeve sociologue cadeau


Quelle attitude adopter lorsqu’on reçoit un cadeau de merde à Noël et que votre bienfaiteur vous demande, ému, si ça vous fait plaisir ?

Quelle attitude adopter justement pour faire une bonne analyse sociologique façon Steeve Bourdieu ?

C’est drôle cette question car je me la pose pas mal en ce moment. Quelle attitude adopter pour continuer à avoir des idées ? C’est compliqué d’avoir des idées. En fait ce qui est surtout compliqué, c’est d’avoir un truc intéressant à raconter. Un bon article, pour le hipster que je suis, implique qu’il soit sensiblement différent de ce qu’on va pouvoir lire ailleurs. Ça peut venir du format, du thème, du point de vue, du ton, de la plume. Bref, faut se creuser un peu la tête. Faut noter toutes tes idées, même les plus minables.

Les analyses sociologiques de Steeve, c’est de l’empirique ?

Forcément, j’ai vécu l’expérience traumatisante du dernier petit four d’un buffet gratos et celle d’être victime d’une conversation de merde en soirée. Il y a toujours du vécu car c’est facile de puiser dans ses propres angoisses. Après, tout n’est pas tiré de ma vie, beaucoup de situations sur lesquelles j’écris sont en réalité arrivées à des amis et j’en étais témoin ! Je construis une histoire à partir d’un fait qui peut parler à tout le monde. Puis j’exagère, je caricature, je pousse les curseurs pour que cela soit drôle et digne d’attention.

Mais de plus en plus, je deviens une sorte de marketer du contenu. Par effet d’expérience, tu comprends ce qui marche bien sur les réseaux sociaux et donc tu te cales sur ce créneau. Je suis une sorte de prostituée 2.0.

steeve sociologue carton rouge

Carton Rouge n°7: Ce petit Enfoiré qui dit « Ah mais t’as pas trop bronzé en fait! » quand tu rentres de vacances.

Steeve y va fort sur les cartons rouges, une sorte de catharsis pour le plus hipster des sociologues ?

Ça fait plaiz de distiller un carton rouge pourpre pour réprimander les comportements qui foutent le malaise en société. C’est libérateur. Après il ne faut y voir aucune violence ni aucune forme de prétention de ma part : parfois ce sont des actes que j’ai moi-même commis que je souhaite punir sans autre forme de procès. N’oublions pas qu’on est tous le potentiel expulsé de quelqu’un d’autre. Le tout c’est de ne pas être « l’individu à qui on adresse un carton rouge » de tout le monde, comme par exemple François Bayrou qui cumule quand même…

L’article 9 des 15 commandements de Steeve mentionne le devoir de « faire l’apologie de la générosité des populations locales en l’opposant à l’égoïsme de nos sociétés occidentales ». Derrière ses analyses philosophiques, un brin de philanthropisme ?

Je tiens à te féliciter, tu as sorti une référence à mon 2ème plus vieil article, le backpacker si je ne m’abuse ? Tu noteras que le style a évolué. C’était le bon vieux temps. Une époque où je ne savais pas trop ce que j’allais raconter. Du philantropisme, il y en a sur lesociologue.com. C’est avant tout un amour de mon prochain (et surtout de ma prochaine) qui justifie mon envie d’écrire.

Le rêve de Steeve c’est de se faire un max de frites et de se payer un Yacht. Pour le moment ça ponce beaucoup de patates ou c’est pour la gloire ?

Blogger Sociologue ne rapporte pas un copec’ malheureusement. J’aurais dû choisir blogueuse mode.

Mais son blog a été élu le meilleur de l’année 2014 aux Golden Blog Awards !

J’aurais aimé remporter les Golden Globe Awards, malheureusement je me suis contenté des Golden Blog Awards. L’émotion était là, l’érection également. Puis après plus rien, la disette.

livre jérémy doucet steeve draguer

À toi maintenant Steeve, peux-tu te livrer à une p’tite autocritique de ton livre L’art de la drague 2.0 ?

Franchement c’est un livre brillant qui réconciliera les petits et les plus grands avec le ponçage digital. Pour parler comme les djeuns, « c’est de la bombe, frère. Achète-le ». Pour info, chaque livre acheté m’enrichit de la somme astronomique de 17 centimes d’euros. La transparence est totale.

En conclusion, une p’tite punchline « séduction & philosophie » pour nos lecteurs Steeve ?

Je terminerai par une injonction philosophique : « n’arrête jamais de poncer » (proverbe tibétain).

Antonin Cyrille

Laisser un commentaire

Or

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.