Aujourd’hui on va vous parler d’une série. Pas d’une série géniale à la Games Of Thrones, pas d’une série qui nous fait pleurer des larmes de sang à la Cœur Océan (oui cette série existe. Non je n’ai aucune dignité)  mais d’une bonne série tout de même.

Aujourd’hui, c’est Suits.

On pourrait résumer Suits à l’histoire d’un grand cabinet d’avocats qui aiment faire des coups de putes. Mais ce serait pisser dans la soupe des prodiges qui ont réussi à créer un univers qui pète la classe.

Pour vous faire goûter au délire, lassez-moi vous dépeindre à grand coup de karcher le scénario.  Mike Ross est un jeune surdoué doté d’une mémoire eidétique et d’une belle gueule. Malheureusement notre petit génie  a abandonné ses études après s’être fait choper pour tricherie. Depuis monsieur s’occupe en passant les concours d’avocats à la place des candidats et en fumant de la weed.

Sauf qu’un jour, en manque d’argent, son meilleur ami l’envoie sur un plan foireux où il doit livrer une grosse quantité de beuh.    Après un joyeux tête à tête avec les stups, Mike s’enfuie et se retrouve par hasard à l’entretien d’embauche d’assistant pour une pointure du barreau new-yorkais, Harvey Specter. Seulement Person Hardman le cabinet dont il fait partie n’engage que des avocats issus de l’université d’Harvard. Mais Harvey s’en cogne, ce connard arrogant à  un égo de la taille du Kansas et veut un assistant qui démonte. Et Mike est parfait dans ce rôle. Ils décident donc de frauder tout les deux et entament leur premier procès.

On pénètre alors dans l’univers de Pearson Hardman et de ses différents personnages.  Louis Litt sociopathe talentueux et esclavagiste notoire à la bouille mémorable. Rachel Zane, l’assistante juridique, bombasse que se tapera Mike. C’est écrit sur son front. Jessica Pearson, fondatrice du cabinet et manipulatrice en chef à l’origine de l’expression  » coup de pute » et enfin Donna. La secrétaire d’Harvey qu’un seul mot résume : Magistrale.

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Tu le sens mon costume à 3000$ ? Enculé de pauvre.

Les personnages sont creusés et ça fait plaisir. Les archétypes classiques sont évités de justesse, chacun à ses propres enjeux et ambitions. Les acteurs ont du cachet. Tous ? Non. Rachel n’est qu’un faire valoir. C’est la relation compliquée pour ajouter une ligne de scénario amoureux avec Mike.

Le casting est bien foutu malgré les deux belles gueules classiques sur le devant de la scène. Avec une mention spéciale pour Gina Torres qui interprète une Jessica Pearson impeccable. En même tant, quand on a dans son palmarès Matrix, Alias et Firefly, on a de quoi se la péter. Au passage si vous n’avez jamais entendu parler de Firefly, penchez-vous sur ce cas, une merveille. Louis Litt joué par  Rick Hofman détone lui aussi à sa manière dans l’univers propret des avocats, avec sa gueule de rongeur fourbasse.

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Je vais te la mettre. Profondément.

La série dispose de nombreux avantages. Elle réussi à rendre intéressant le monde des avocats, les rouages de la loi et des procédures juridiques et ce n’est pas un petit challenge. Ici le pari est réussi. Les scénaristes utilisent avec pertinence les points de détails de la loi pour créer des tensions et du suspens. Pas question de les zapper, il en va de la crédibilité de la série. Et malgré le coté obscure de ces procédures pour un néophyte, le spectateur n’est jamais largué à poil dans cet univers inconnu. Les personnages prennent le temps d’expliquer les procédures sans pour autant sombrer dans le cours magistral, et ce tout en gardant un rythme vif dans la mise en scène. Le scénario prend vraiment, l’humour vache qui règne et les coups de couteau gentillet dans le dos font sourire, et certaines scènes un poil surréalistes nous font nous demander si les scénaristes ne tournent par à la coke. Comme lorsque Mike prend le thé avec des poupées pour appâter une cliente. True story bro’.

Point de détail, la musique déboîte. Le travail de montage est réussi à ce niveau là et est en total cohérence avec les scènes qu’elles accompagnent. On se retrouve avec des musiques telles que ça ou encore ça. Oh, et le générique est foireux. Dommage.

On perçoit  des personnages qui évoluent au fil des saisons. Harvey, un connard égocentrique et indépendant, se prend d’affection pour Mike et se met en danger pour lui. Très vite, ce n’est plus par défi, mais par un réel lien d’affection qui se met en place. Derrières l’homme antipathique et fourbe qu’est Louis, on distingue ses propres problèmes de solitude, ses enjeux sentimentaux et professionnels. Mike aussi doit évoluer du jeune con sous weed qui se tape la copine de son pote à un statut d’adulte responsable et conscient du danger qu’il fait courir à ses proches. Même Rachel sur qui j’ai craché plus haut voit ses enjeux évoluer et son personnage se creuser au moment où elle décide de passer de son statut de juriste à celui d’avocat au risque de sacrifier son avenir dans le cabinet. On ressent une réelle dynamique entre les personnages. Chacun entretien des relations particulières avec les autres, que ce soit par jalousie, mépris, attirance ou respect.

Suits ne tombe pas dans un écueil récurrent des séries américaines contemporaines. La série arrive à renouveler son propos en changeant les enjeux de chaque saison. Dans la première, on est confronté à l’insertion de Mike et de sa fraude qu’il cachera tel un roumain sans-papier. Sans compter l’antagonisme fournie par son ex-meilleur ami, toujours près à le refaire sombrer dans ses combines de manouche. La deuxième saison change la donne en se centrant sur la reprise en main du cabinet par l’un des fondateurs, et le conflit ouvert que cela créer en son sein. La dernière saison en date poursuit la précédente avec la fusion de Pearson-Hardman et de leur homologue anglais, tout en proposant un nouveau point de vu très pertinent sur Mike : celui-ci n’a aucun avenir dans le monde des avocats. il sera toujours obligé de rester en retrait malgré ses victoires, et de laisser quelqu’un d’autre endosser ses succès.

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Une série américaine sans pouffes ? Vous êtes mignons.

Un bon cocktail donc ? Pas tout à fait.

Quelques défauts pointent leur nez de temps en temps. Rien de comparable avec Cyrano néanmoins.

Evidemment que tout n’est pas parfait dans le monde de nos joyeux drilles. Le scénario est parfois tordu. Personne ne vérifie le passé de la nouvelle recrue du maître de l’embrouille ? Sérieux ? On assiste à quelques épisodes poussifs qui répètent le même scénario : une affaire, Mike et Harvey échangent des blagues, l’affaire se barre en couille mais grâce à une conversation éclairante sans aucun rapport/un deus ex machina/ un hasard fortuit (rayez  les clichés en trop) l’affaire se résout. Ou encore Mike qui commence une relation avec l’ancienne copine de son ami. Et mademoiselle qui n’apparaît pas pendant les trois épisodes suivants. On repassera donc pour la cohérence.

Le monde dans lequel évoluent les personnages est à l’effigie d’une pub Colgate. Tout le monde est riche et heureux. Les sphères de la politique et du pouvoir qui pourraient être intéressantes à creuser ne sont qu’effleurées, et c’est bien dommage.

Suits, ce n’est certes pas une série qui marquera les annales d’une façon magistrale, c’est une série sans grande prétentions mais avec de bonnes intentions. Elle fait mouche par son humour et la profondeur qu’elle réussi à introduire dans ses personnages. On vous la conseille sans réserve si vous voulez passer un bon moment sans trop de prise de tête. C’est sympa, dynamique et prenant. Donc téléchargez jetez-y un  coup d’œil. On vous promet que ce ne sera pas une perte de temps.