Nous y sommes. Le jour tant attendu (et redouté) par nombre de fans est enfin arrivé : The Hobbit, The Battle of the Five Armies est sorti. Pendant que certains brandissent déjà Le Silmarillion (comme pour conjurer un mauvais sort) espérant ainsi que Peter Jackson se jette à nouveau corps et âme dans une nouvelle adaptation des livres de JRR Tolkien, d’autres s’enfoncent dans les fauteuils des salles noires et se gavent de pop-corn pour voir ce film qui conclut une épopée de plus de 13 ans.

Les attentes des fans pour ce film sont énormes. Les deux premiers volets ont été plutôt bien reçus malgré quelques critiques des puristes, visant essentiellement la création et l’insertion de personnages inexistants dans l’œuvre d’origine (Tauriel, Legolas, Galadriel…). Bon, Peter Jackson a trouvé à Legolas une utilité, clairement, il n’est pas là que pour faire de la figuration, il fait même partie intégrante de l’intrigue, mais malgré tout, sa présence sent le fan service à plein nez.
Malgré certaines libertés que s’est accordées Peter Jackson, An Unexpected Journey et The Desolation of Smaug ont réussi à trouver leur public et voire même à fidéliser un public plus jeune qui n’avait pas vu la première trilogie. Ce qui faisait de The Battle of The Five Armies l’un de films les plus attendus cette année. Face aux espoirs des fans, le réalisateur n’avait pas le droit à l’erreur… Et cette promesse n’est tenue qu’à moitié.

Dans la scène finale du second volet, Smaug, le dragon que Bilbo et les Nains ont réveillé (et un peu beaucoup énervé), s’envolait vers Lac-ville : « I’m fire, I’m death ! » ça annonce la couleur. Et générique. Bam : cliffhanger ! Forcément, à ce moment-là, on se doute que ça sent le roussi pour les Humains de Lac-ville. Quand un dragon de la taille de deux Boeings se dirige droit sur toi t’en mènes pas large. The Battle Of The Five Armies ne laisse place à aucun suspens car le film s’inscrit dans la continuité : l’attaque de Lac-ville par Smaug est imminente et les Hommes (toujours aussi lâches) tentent de fuir et de sauver leurs peaux (et leurs richesses). Seul Bard et son fils Bain s’opposent héroïquement face au dragon.
Pendant ce temps-là, dans la Montage Solitaire, Thorin se tourne les pouces, entouré par les richesses que gardait le dragon. Mais il sombre petit à petit dans la folie et dans la paranoïa. Obnubilé par la recherche de l’Arkenstone, ensevelie quelque part dans le trésor des nains, il devient de plus en plus distant et autoritaire face à ses compagnons de voyage. Et Bilbo se trouve coincé (comme un con) entre ce roi despote qu’il pensait être son ami et les autres nains qui se plient aux volontés de Thorin mais qui n’en pensent pas moins.
C’est alors que l’armée elfe et leur chef Thranduil arrivent à Dale pour s’approprier le trésor nain, il parait alors inévitable que royaume d’Erebor sera  le théâtre d’un conflit. Après tout pourquoi pas, ces bourrins de nains ont fait le sale boulot en dégageant Smaug, maintenant, il suffit juste aux elfes prendre d’assaut Erebor gardée par Thorin et ses copains, autrement dit 13 gugusses hauts comme trois pommes. Ça ressemble plus ou moins à une promenade de santé pour une armée elfe. D’autant plus que, les Hommes veulent aussi récupérer leur dû que leur avait promis Thorin. Du coup une coalition Elfes/Hommes se forme. Enfin, les armées orques, guidées par le Nécromancien, se préparent elles aussi pour la guerre car il faut bien que les forces de Sauron s’en mêlent un peu, sinon c’est beaucoup moins drôle… et puis buter des nains c’est la grande passion des orques.

Plusieurs fronts, une seule bataille. Autant dire que sur le papier, ça envoie du pâté.

Mais, malgré tous les moyens mis en place pour satisfaire les attentes des spectateurs, ce film n’est pas une réussite totale. Premièrement, on sent que Peter Jackson était à court d’élément du livre à mettre dans son film. La bataille, dans l’œuvre originale, tient en quelques pages. Le fait d’avoir réalisé une trilogie à partir d’un livre d’environ 300 pages est d’ailleurs l’un des points qui avaient alerté nombre de puristes. Alors qu’il était tout à fait légitime de faire trois films correspondant aux trois livres de Lord of the Rings, faire du Hobbit une trilogie ressemble plus à une volonté mercantile des studios plutôt qu’à une bonne idée d’adaptation.
Si bien que Peter Jackson a dû combler les blancs en créant et en insérant des personnages inexistants dans le livre. Et c’est là qu’on fait coucou à Tauriel, personnage féminin inutile et sans profondeur qui même avec son côté un peu badass, donne à n’importe quel fan l’envie de se couper les veines avec son ticket de cinéma. Evidemment, rétablir un peu de parité dans un livre où a testostérone règne en maître est une bonne chose, mais pourquoi avoir créé un triangle amoureux entre Tauriel, Legolas et Kili ? En voulant bien faire, Peter Jackson est tombé dans le cliché : la jeune elfe sylvestre est éprise du (seul) nain sexy de la compagnie et toutes ses actions ne sont guidées que par cet amour. Et pendant ce temps-là, Legolas tient la chandelle. Certainement la plus grosse erreur du réalisateur.
En outre, alors que les scènes de bataille de The Return Of The King sont encore dans la tête et le cœur de tous ceux qui l’ont vu, celles de The Battle Of The Five Armies laissent un peu à désirer. Oui, c’est spectaculaire, mais ça l’est moins. Peut-être est-ce à cause de l’effet de surprise qui n’est plus, mais la bataille semble moins impressionnante. Enfin, la conclusion du film semble être un peu bâclée avec un besoin irrépressible de faire le lien avec l’autre trilogie, de boucler la boucle. Tout va très vite et on se sent un peu floué par une résolution bancale.

Cependant, malgré quelques passages critiquables et d’autres qui font tiquer l’œil de n’importe quel spectateur un peu avisé, The Battle Of The Five Armies est un bon divertissement familial. Les paysages néo-zélandais sont de toute beauté et Peter Jackson rend à nouveau hommage à l’immense auteur qu’est Tolkien. Richard Armitage (Thorin) s’illustre en interprétant remarquablement bien la folie grandissante de son personnage et Martin Freeman (Bilbo) prouve à nouveau qu’il était fait pour jouer un hobbit.
Ce troisième volet aurait très bien pu s’appeler « The End Of An Era » car il conclut 17 années de travail pour le réalisateur. A l’image du voyage (initiatique ?) de Bilbo, celui de Peter Jackson s’achève aussi, au grand dam des fans qui auront troqué le pop-corn pour des mouchoirs à la fin de la séance.

Une réponse

  1. @boyfriendhook

    Ayé, j’ai enfin pu lire ta critique ^^

    Je suis bien d’accord avec la plupart des choses que tu dis, on sent bien que le fait que le livre soit aussi court a été difficile à combler. C’est pas forcément une mauvaise chose, parce qu’une bataille expédiée en dix minutes dans un film ça passe pas vraiment. Mais bon… Y’a vraiment des moments où ça a été un peu abusé, surtout les scènes de Legolas qui sont parties en mode jeu vidéo (j’ai l’impression d’avoir vu Mario sauter sur des petits carrés?!)

    Fondamentalement je suis pas contre le personnage de Tauriel mais plutôt contre la façon dont son personnage a été mené. Dans une trilogie constituée à genre 80% de mecs, c’était bien sympa d’avoir un personnage féminin (badass) à l’affiche. Par contre son histoire d’amour à la noix de pécan… *heavy sigh*
    Surtout quand on pense que du coup, Kili est mort en tentant de lui porter secours alors qu’à la base, lui et Fili devaient mourir en protégeant Thorin. Ca remplace une mort héroïque par un énorme cliché, malheureusement.

    Anyway, outre certaines scènes de la bataille et le triangle amoureux, j’ai rien à redire à ce film. Bonne critique mon enfant ! 😉