Nick Pizzolatto signe un réel bijou télévisuel avec les 8 épisodes de la série True Detective
Pour donner du chien à un scénar’ déjà bien ficelé, il colle sur sa série d’anthologie des têtes d’affiches qui la rendent digne d’un blockbuster Hollywoodien. Dallas Stealers Club a.k.a. Matthew McConaughey; aux côtés duquel déambule Woody Harrelson (Zombieland; Out of the furnace) et la fantastique Michelle Monaghan de Kiss kiss bang bang

L’équipe nous emmène dans le bayou. On se rappelle avec nostalgie Les Experts à Miami dont les enquêtes scintillaient d’une aura marécageuse entrecoupée par le son du canon à pompe du voisin d’à-côté. Le tout est délicatement relevé à la sauce texane, servie avec amour et sueur par McConaughey.

Le format court que nous offre Pizzolatto nous fait vivre le vrai et le faux d’une enquête interne. Les premiers épisodes alternent flash-backs et interrogatoires, nous proposant un binôme défraîchi qui se confronte à leur passé. 

True detective OB 2

Promenons-nous dans l’bayou, pendant que le psycho n’y est pas…

Harrelson se défait de ses rôles efféminés et interprète Martin Hart avec brio. On doit bien avouer qu’il nous reste quand même quelques séquelles de Sexe entre amis qui nous empêchent de le visualiser comme le macho débordant de testostérone qu’il campe dans la série. Personnage « good guy » du lot, on comprend dès les premiers épisodes qu’il s’efface face à son compagnon d’aventures. Bon chrétien volage comme on en fait plus, il est du genre beau-papa en or.

Son binôme Rust Cohle, interprété par McConaughey, est à son antithèse. Athée, ou plutôt anti, Cohle développe au cours de ses échanges avec Hart sa vision marginale du monde, du sens profond de la vie sur terre et de la possible existence du Paradis. Il a perdu sa fille quelques années plus tôt et apparaît marqué, insatisfait, noyé dans son travail. Travail somme toute assez morbide puisque tous deux ont fait carrière aux homicides. Solitaire, il se balade à travers les scènes de crime avec un carnet A4 et fait des petits gribouillis dessus sans parler à personne. Ça lui vaudra d’ailleurs le surnom affectueux de « taxman » auprès de ses collègues – ou agent du fisc pour les non anglophones, le genre qui vous poursuivra jusqu’en enfer pour sucer votre dernier dollar.

Inquiétante, déroutante et énergique, cette série est une réalisation de maître tant par un scénario sans failles que dans le jeu des acteurs. Une enquête sur 15 ans qui signera la perte des deux vrais détectives, prêts à sacrifier leur dernière étincelle de conscience pour coincer l’incarnation humaine de délires Loftcraftiens.

La saison deux serait déjà en route et à l’instar d’American Horror Story l’intrigue et le casting s’annoncent totalement ou partiellement différents.
Pour le moment, on a vu popé les noms de Colin Farrell et Rachel McAdams sur la toile.

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