Certains amis sont de sacrés enfants de catins. Le genre de sales races qui vous envoient de soi-disant « jolies musiques » pour mieux vous défoncer les tympans à coup de barre à mine. Ami lecteur pose tes fesses, on va parler chants alpins, fascistes girls et xénophobie.  

Qui pouvait deviner que grand-père Jean-Marie faisait encore mouiller des culottes ? Les Brigandes sont de celles qui tremblent d’extase devant les discours de papi raciste. À coup de douces mélopées, cette sympathique bande de pucelles effarouchées brandit fièrement ses valeurs racistes, homophobes, antisémites, négationnistes, et anti-bretonnes.

Si ce n’était cette dernière qualité j’aurais laissé pisser, vous pardonnant, chères demoiselles, votre obscurantisme bas du front et vos fantasmes de IVème Reich. D’autres vous ont déjà bien déboîtées, pas la peine de me fouler. Mais vous avez déconné. Que vous vous torchiez avec les fondements de la République, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre, mais égratigner la Bretagne ça me fout en rogne. Vous avez eu le courage de ne pas signer cette petite mélopée. On vous foutra quand même le feu sur des dolmens en chantant du Gilles Servat, ça titillera votre côté Jeanne d’Arc : mi-victime, mi-kébab.

Sympathique internaute, tu nous connais, nous sommes des professionnels et avons mené un travail de recherche conséquent. Soit dix minutes sur YouTube pour trouver un entretien exclusif d’une web-radio d’extrême droite accueillant la chef Brigande. Avec en animateur leur propre guitariste, c’est plus pratique que d’avoir un contradicteur. Extrait : « Un groupe musical comme le nôtre est là pour donner du plaisir de manière intelligente ». Autant de plaisir que des chatouilles au chalumeau donc.

Je me suis tapé une heure d’interview d’une des tarées pour choper les morceaux les plus croustillants. Partagez cet article s’il vous plaît, ma vie est nulle.

On y apprend, entre autre, que « le travail de régisseur, c’est pas trop un boulot de femme ». Ah, bon. Passons. Que les morceaux « sont des frappes chirurgicales » et que les « protest songs, surtout de droite c’est de l’héroïsme. L’action des Brigandes, c’est de l’héroïsme moderne ». Au même titre que Captain Nazi et Super Himmler probablement. N’ayons pas peur des mots, nous avons affaire à des Résistantes, des Justes. Écoutons les sages paroles de leur leadeuse : « Relancer la guerre de Vendée, c’est quelque chose qui me parle pas mal ». Commence championne, on te suit.

Il est à noter que les donzelles ont deux fiertés : des origines gauloises revendiquées haut et fort, et une croyance chrétienne bien fanatique. Donc deux idoles : des barbus bourrins qui vénèrent des dieux païens et un gros fragile qui se laisse crucifier pour l’amour de son papounet. Ça la fout mal niveau crédibilité. Ces fâcheuses mais fascinantes fascistes veulent le retour d’une époque qu’elles n’ont pas connue. Ce qui est profondément con.

Passons rapidement sur le bingo dingo du conspirationnisme : « le système », « les francs-maçons », « le monde dirigé par l’axe anglo-saxon », la « pensée unique », les éloges aux régimes autoritaires… et penchons-nous plutôt sur la musique, si on peut nommer ainsi cette daube acoustique.

Force est d’avouer que y a des rimes riches dans celle-ci. Ce qui revient à déterrer Rimbaud et sodomiser son cadavre à l’aide d’un drapeau tricolore, mais accordons-leur cette simple qualité. L’esprit général est assez simple : « OH MON DIEU ILS SONT DIFFÉRENTS, flinguez-moi ces pelles à merdes ». Ce qui, avouons-le, n’est pas très tolérant.

Ok. Bon, deux choses : le fond vert n’est pas destiné à représenter des délires psychotropés. La drogue doit être interdite aux pucelles, c’est un sport de professionnels. La gratte qui crache des fleurs de lys le prouve bien. En revanche l’envie de coloniser à coup de gégène, c’est obligatoire ? Comment, y a pire ? Faites chauffer le cinémascope.

Là, c’est comme papa dans maman : ça touche le fond. Démerdez-vous j’me casse.

 « Jeanne » m’a fait revenir. C’est clairement un hommage à la divine Jeanne Moreau. Dommage, le clip rappelle vaguement une pub pour le Klu Klux Klan.

On se marre, mais elles sont inquiétantes ces gamines. En cette période qui fait triquer les extrêmes, des groupes comme les Brigandes se battent sur le front culturel pour revendiquer des idéaux et des clichés qui foutraient la nausée à Estrosi. C’est pas qu’une poignée de pucelles va changer les mentalités, mais elles font partie de la fachosphère proche d’Égalité et Réconciliation d’Alain Soral et d’autres joyeux lurons qui se font un plaisir de diffuser cette propagande musicale. Avec une vingtaine de clips à leur actif, elles tentent d’établir un mouvement artistique basé sur la haine des autres et le rejet de ce qui fait la beauté de la France : sa diversité.

Je vous aurais bien conseillé, si vous croisiez une Brigande, de lui marcher dessus et du gauche ça porte bonheur, mais ce serait se fourvoyer. C’est par la critique de leur pensée qu’il faut lutter contre ce genre de fléau, pas par la censure de leurs discours discriminatoires. Bon, c’est pas moi entre deux shooters qui vais vous donner une leçon de morale, mais pensez-y.

Et que ce soit bien clair : le prochain fieffé salaud qui a la gentillesse de m’envoyer des musiques du même registre, je le crève. À bon entendeur…

P.S. Si vous avez d’autres perles du web à nous faire connaître, envoyez-les-nous quand même !

3 Réponses

  1. Bran

    Encore des mongoles qui prônent la guerre et qui n’ont rien compris au Christ … Bref ça fait peur